Pages

mardi 10 mai 2011

Une langue venue d'ailleurs

J'avais lu une citation sur le blogue de Caro[line] avec attention, mais étais loin de me douter que le livre me parviendrait bientôt par la poste, accompagné d'une charmante missive, dans laquelle Caro mentionnait notamment: « Je pense que ce livre peut te plaire. Il y a Mozart et plein de réflexions intéressantes sur notre langue! » Vous me connaissez, quand il est question de Mozart, je ne résiste jamais longtemps. (Je ferai d'ailleurs dès demain soir trois conférences pré-concert sur l'amitié entre Mozart et Haydn pour l'Orchestre baroque Arion.) Et puis, cette question de l'apprentissage d'une langue à des lieues d'une langue maternelle ne pouvait que me toucher (surtout que je tente de mater une troisième langue depuis quelques mois).

Akira Mizubayashi a choisi le français de façon quasi viscérale, « parce que c'était lui, parce que c'était elle » serait-on tenté de dire pour paraphraser Montaigne. On suit son parcours, des premières leçons transmises sur les ondes radiophoniques qu'il écoute en parallèle avec Les nozze di Figaro de Mozart (les deux étant pour lui intimement liés).
« J'ai le sentiment d'avoir profité, en tierce personne, du face-à-face de mon père et de mon frère [qui a étudié longuement le violon] pour m'éveiller à la musique. Et c'est peut-être cette musique-là, que je ne pratique pourtant sur aucun instrument, qui m'a acheminé vers cette autre musique qu'est la langue française. Quand je parle cette langue étrangère qui est devenue mienne, je porte au plus profond de mes yeux l'image ineffaçable de mon père; j'entends au plus profond de mes oreilles toutes les nuances de la voix de de la voix de mon père. Le français est ma langue paternelle. » 
On l'accompagne ensuite en France, alors qu'il étudie à Montpellier (il rencontrera celle qui allait devenir sa femme) et à Paris. Il partage avec nous sa fascination pour Jean-Jacques Rousseau et l'exubérance avec laquelle il transmet notre langue, devenue également sienne, aux étudiants japonais. 
« Habiter le français comme le dit si bien Cioran, en faire un lieu de vie, mon espace vital, ma demeure permanente, mon paysage intime, mon milieu environnemental essentiel, c'était là précisément l'objectif prioritaire et non négociable. »
 J'ai aimé être témoin de ce périple, aussi bien travail sur la langue que sur soi, ouverture à l'autre qu'acceptation de soi.
« La musique m'accompagnera toujours, me disais-je, tant que je ne sortirai pas de cette langue, tant que je ne cesserai pas de respirer dans cette langue et par cette langue. C'était là une certitude. Le français était un instrument de musique - et il l'est toujours - que j'essayais de faire chanter et résonner au gré de mes émotions quotidiennes. »
 Merci tout plein Caro pour le partage!

5 commentaires:

  1. Mozart ET l'apprentissage du français, et dans un seul (bon) livre? c'est sûr qu'il me le faut ;-)

    RépondreSupprimer
  2. Ah oui, c'est clair que ce livre ne peut que t'intéresser, en effet.

    RépondreSupprimer
  3. tiens, mon comm a disparu dans la tempête blogger ;-)
    je disais quelque chose à propos de ces deux thématiques réunies, qui sont faites pour moi: Mozart et l'apprentissage du français langue étrangère...

    RépondreSupprimer
  4. Bizarre!
    En plus, j'y avais répondu en disant que, oui, effectivement, c'était le livre parfait pour toi!
    Je ne comprends pas ces bredouillages Blogger! À surveiller... Grrr!

    RépondreSupprimer
  5. En plus, blogger avait « oublié » ma plus récente mise en page! N'importe quoi...

    RépondreSupprimer