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dimanche 15 avril 2012

Mi-avril

« Je suis née à Montréal, mais comme mes deux parents sont immigrants, c’est réellement à travers la littérature québécoise que j’ai pu partager une mémoire collective avec le Québec. Si je me sens québécoise aujourd’hui, c’est entre autres parce que j’ai lu Ringuet, Michel Tremblay, Marie-Claire Blais ou Victor-Lévy Beaulieu. Encore aujourd’hui, c’est à travers la lecture des romans de Lise Tremblay ou de Nelly Arcan que je sens que je comprends ma société. » 
Voilà la réponse vibrante de notre Recrue du mois Karine Rosso à la toujours pertinente question : « Quelle place la littérature québécoise occupe-t-elle dans votre vie de lectrice? » Avec Histoires sans Dieu, un premier recueil de nouvelles atypique, qui propose des relectures de certains passages de la Bible, elle a su faire une rare unanimité auprès de nos collaborateurs. Que notre souvenir des textes sacrés desquels elle s’est inspirée soit précis ou indistinct importe peu ici ; le plaisir reste entier. Après tout, en se plongeant dans un livre, ne recherche-t-on pas  simplement à oublier notre quotidien ou sinon à le percevoir autrement?  
« Ce qui m’intéresse, c’est de raconter des histoires et non de faire un exercice de style, précise-t-elle ailleurs. Je crois qu’il existe un réel danger de glisser vers une gymnastique langagière prétentieuse ou même d'ériger un mur entre soi et le lecteur quand on est plus préoccupé par la forme que par le fond. Le style est évidemment très important pour moi, mais il doit servir le propos.  »
Nous vous proposons aussi six autres titres, autant de regards différents sur le monde qui nous entoure. Impasse tente de redéfinir les frontières entre le visible et l’invisible alors que Partir de rien joue de façon concertée la carte du flou. Vers le bleu évoque quant à lui aussi bien le « bleu du ciel, le bleu de certains objets qui lui sont chers, le bleu du bonheur  » comme l’explique notre collaboratrice Christine Champagne, délicate juxtaposition aux poèmes de Rouges de Jean-François Leblanc. Comme nous le rappelle l’auteur : « La poésie est un cœur qui existe à l’épicentre du monde. » En dix temps, Intimités et autres objets fragiles  « sonde les méandres de notre relation au monde, à tout ce qui nous attache et nous laisse » pour reprendre les mots de Claudio Pinto. Il ne faudrait pas oublier l’atypique Wigrum, tant visuellement que dans son propos, « terrain de jeu, lieu de tous les possibles » comme le résume Caroline Paquette. La nouvelle littérature québécoise n’aura peut-être jamais paru  aussi multiple… et c’est tant mieux!

Découvrez le numéro courant de La Recrue.

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