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samedi 11 octobre 2008

Le fiancé de la lune


Une nouvelle fois, je me suis laissée tenter par une invitation de Chez-les-filles qui proposait cette fois-ci le premier roman d'Eric Genetet, Le fiancé de la lune. J'avais été séduite par cette phrase du quatrième de couverture: "Une histoire d'amour sur fond de jazz, évidente et déchirante comme un standard." J'aime bien le jazz et les vraies histoires d'amour (même celles qui ne se terminent pas parfaitement)... Et puis j'étais curieuse de découvrir un ouvrage publié par une maison d'édition que je ne connaissais pas, les Éditions Héloïse d'Ormesson.

Arno a 40 ans et voyage léger: pas de maison, des amoureuses épisodiques, un travail qui le mène aux quatre coins du monde (il est "singe" donc travaille en hauteur). Sa vie, il l'aime sans attache. Il rencontre Giannina, une chanteuse jazz, fin vingtaine, et il se dit que, oui, ça y est, c'est elle, enfin. Il vit alors une histoire d'amour en technicolor (ce n'est certes pas un hasard que le quatrième de couverture soit rose!). " Je souhaitais que chaque minute m'approche en douceur de la destination, une mission délicate dans les profondeurs de mes émotions. Je commençais à desserrer les cordes qui m'attachaient aux vieilles certitudes de ma vie d'ours polaire, je ne voulais pas rater une seule minute du spectacle. " (p. 37) Après avoir déclamé sur tous les tons leur amour, ils font un enfant et là, coup de théâtre, du jamais vu, la routine s'installe et la magie s'éteint. " J'avais noté sur mon carnet: La neige c'est comme l'amour, c'est féérique le premier soir et après on patauge. " (p. 91) Jusqu'ici, rien de bien original, me direz-vous. En effet. C'est alors que l'auteur fait basculer la comédie romantique dans la tragédie. Giannina est gravement malade, Arno devra retrouver ses repères autrement. " La mort est un vieux tableau accroché au mur, chez des esprits terrifiants. Un tableau qui sature la mémoire des rêves. " (p. 99)

Ce court roman m'a laissé sur ma faim. Malgré certains partis-pris modernes assez séduisants (les échanges de SMS par exemple), un style si pas transcendant du moins solide, le traitement de cette historiette tombe à plat. J'ai eu l'impression de lire une nouvelle qu'on a étirée, diluée. J'aurais aimé que la narration se coule justement sur un standard de jazz, qu'on sente que, derrière ces vies de happy few (Giannina devient une vedette presque instantanément), on sent battre un coeur. Certaines des dernières pages tentent d'instiller une certaine tendresse entre père et fils mais pour moi, il était trop tard, je n'écoutais plus cet air trop peu original.
Caro[line] qui n'a pas beaucoup plus aimé que moi en parle ici et a fait la recension de certaines critiques de blogueuses parues à ce jour.

3 commentaires:

  1. Dommage avec un si beau titre ! Et une belle couverture en plus. Aborder la question de l'amour avec originalité devient de plus en plus un exercice périlleux.

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  2. En effet...
    En plus, après avoir fait quelques recherches sur l'auteur, il semble qu'il ait déjà publié un autre « premier » roman (en fait, je pense qu'il a été classé plutôt « récit » mais bref) il y a quelques années. Si, en plus, on ne peut plus faire confiance aux infos venant des éditeurs...

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  3. Comme Venise, j'adore le titre...mais bon, je ne suis vraiment pas certaine que ce soit pour moi. En fait, je l'aurais lu pour exactement les mêmes raisons que toi!

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