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mardi 29 janvier 2013

Emmaüs

Je l'admettrai d'emblée: j'ai lu tout Baricco, ses romans, ses essais, même son travail sur L’Iliade (qui m'a moins convaincue). Je suis entrée, il y a des années de cela, dans l'univers de l'auteur italien par Novecento pianiste (sans surprise sans doute), puis Soie (un des rares livres que j'ai relus, dont l'adaptation cinématographique m'a laissé de glace, contrairement à La légende de 1900, jouissif par moments), puis les autres titres, plus ou moins dans leur ordre de traduction. Pourtant, je n'ai pas fondu sur Emmaüs en librairie. Je l'ai ouvert ici et là, au hasard, sans trop savoir qu'en penser. Quelque chose de suranné peut-être, d'un peu trop catho aussi sans doute. Hésitante, j'ai donc décidé de le réserver à la bibliothèque. Je pensais attendre des semaines, il est arrivé presque tout de suite. Peut-être le livre avait-il besoin de me surprendre pour que j'en apprécie la densité...

Dès la première page, d'une redoutable efficacité, je me suis sentie happée par le livre. Même si ces adolescents pieux d'une autre ère (celle de l'auteur ou de ses parents peut-être) auraient pu sembler à des lieues de moi, presque instantanément, j'ai accepté de me glisser dans l'ombre du narrateur, de ses amis Bobby, Le Saint, Luca, j'ai senti la belle Andre tout brûler sur son passage, se consumer de l'intérieur. (L'auteur effleure d'ailleurs avec une grande délicatesse ici le thème de l'anorexie.) Au fil des pages, j'ai accepté d'entrer de plus en plus dans leurs blessures, que je n'en sortirais pas entièrement indemne.
« Nous sommes comme ça, nous utilisons plein de mots dont nous ne connaissons pas la signification et l’un d’eux est le mot douleur. Un autre est le mot mort. »
La magie opérant, j'aurais aimé me joindre à ce groupe de rock chrétien, sentir la main du narrateur sur ma cuisse sous le plaid, avaler un sandwich au bar un soir tard, découvrir l'amour physique avec fulgurance lors d'une fête surprise. J'aurais voulu pouvoir écrire certaines des perles glissées ici et là dans le texte, par exemple, celle-ci qui prolonge, quelques pages après, la première citation:
« Timidement, il s’est mis à fouler une terre désolée où les mots douleur et mort ont une signification précise – dictée par Andre, et écrite dans notre langue avec la graphie de nos parents. »

Ceux qui aiment le Baricco des contes philosophiques seront peut-être déçus. Les autres se laisseront sans doute, comme moi, toucher par cet opus d'une profonde humanité, qui nous renvoie à notre finitude autant qu'à notre besoin de rêver, de croire, de créer.

dimanche 27 janvier 2013

Lieber Wolfgang

Je ne peux passer sous silence l'anniversaire de celui que j'aime depuis l'enfance... Comme j'ai entendu le mouvement lent de sa Grand Partita en songe, je me suis dit que voilà ce qui devait accompagner mes premiers instants aujourd'hui.

Toujours aussi jeune à 257 ans...

samedi 26 janvier 2013

Pervers: réflexion 2.0

Peut-on signer un texte pertinent sur une problématique actuelle, en constante mouvance en raison de sa nature même? Voilà le pari relevé avec brio par la jeune dramaturge irlandaise Stacey Gregg qui propose avec Pervers un portrait férocement contemporain de certains travers troublants de notre société. La protection de la vie privée serait-elle devenue un concept désuet? Peut-on encore vivre sans tout révéler? Comment départager le vrai du faux quand les réseaux sociaux s’en emparent?

Gethin a terminé son baccalauréat en cinéma, mais cherche sa voix. Friand de documentaires-chocs, filmés à l’arraché, il décide de se mettre en scène, demandant à sa jeune sœur de faire circuler une fausse rumeur sur lui, histoire de démontrer que la crainte de l’immoral est souvent disproportionnée. L’information se disperse évidemment comme traînée de poudre, Gethin se retrouvant en quelques clics au centre d’une controverse qui dépassera ses plus folles prédictions. Sa vie privée devient propriété publique, son ordinateur est fouillé, analysé, on l’interroge sur l’origine de photos de lui, nu, sur les liens entretenus avec sa sœur, son oncle, le jeune fils de la voisine. Exit la liberté d’expression, le spectateur plonge avec lui de l’autre côté de cet écran qui ne le protège plus de rien.

Lire la suite sur le site Internet de la revue Jeu...

jeudi 24 janvier 2013

Embarquement pour Budapest immédiat

Mardi soir, il fallait s'inventer d'excellentes raisons pour oser affronter de nouveau le froid mordant et amorcer un énième trajet vers la Maison symphonique de Montréal, mais ce n'est pas tous les jours qu'un orchestre étranger s'arrête ici. Et si? Un mouvement de la Suite pour orchestre de variété de Chostakovitch a suffi pour convaincre que la soirée deviendrait mémorable. Une fois le dernier accord de la Danse no 1 dissipé, quatrième des extraits proposés par la phalange hongroise, on avait déjà envie de crier « bravo »: un tempo nerveux mais parfaitement calibré, un ensemble renversant, un quatuor de cors qui semble un même instrument magnifié par quatre souffles, des doubles-croches limpides et parfaitement articulées en toutes circonstances, mais surtout un plaisir contagieux à partager ces piécettes, qui ont pris tout à coup une nouvelle profondeur.

La violoniste néerlandaise Liza Ferschtmann (ayant remplacé Janine Jansen à quelques jours du début de la tournée de l'orchestre) a ensuite offert une version d'une grande intériorité de la Sérénade de Bernstein. Si, dans les premiers mouvements, on a eu l'impression qu'elle cherchait ses repères acoustiques, toute réserve a été oubliée lors d'un bouleversant « Agathon » (dialogue mémorable avec le premier violoncelle solo) et d'un éblouissant « Socrates; Alcibiades ». En cadeau, tant aux musiciens de l'orchestre (Montréal se voulant le dernier arrêt de cette tournée) qu'au public, elle a joué sur des variations presque infinitésimales de pianissimo, suspendant le temps - et le souffle de ceux présents -, dans le mouvement lent de la Sonate pour violon seul de Bartók. 

L'après-entracte était consacré à la monumentale Deuxième Symphonie de Rachmaninov, écoutée de façon compulsive lorsque je l'avais découverte lors de ma première année d'université. Fischer a transmis de mémoire une œuvre dont il connaît à l'évidence les moindres rouages, mais surtout, à laquelle il semble vouer un amour réel. Le deuxième mouvement a été tour à tour démoniaque et romantique, le fugato devenant un discours d'une rare intelligibilité. Le thème de la clarinette de l'Adagio qui a suivi a pris une densité presque palpable, comme si le musicien sculptait le son avec délicatesse, les libertés métronomiques prises (justifiées) devenant prolongement d'un souffle naturel. À plus d'une reprise, la musique m'a traversée entièrement et, pour la première fois peut-être lors d'un concert symphonique, j'ai ressenti la nécessité de lâcher prise entièrement (geste difficile quand le métier nous pousse à analyser - suranalyser souvent - ce que l'on entend) et senti que les larmes pourraient monter.

Après un tel concert, je suis sortie dans le froid, sans trop rechigner, encore enveloppée des sonorités entendues, les oreilles assainies, l'âme grande ouverte. Une soirée magique, presque mystique. Lors d'un prochain voyage en sol européen, un détour par Budapest s'imposera peut-être bien de lui-même.

mercredi 23 janvier 2013

mardi 22 janvier 2013

L'intimité des grands hommes

Le Philharmonique de Berlin pourrait se reposer sur ses lauriers et attendre que le public se masse à ses concerts. On lui doit pourtant bon nombre d'initiatives et de campagnes audacieuses visant à rejoindre un plus vaste public. Cette dernière série d'affiches invitant à découvrir autrement Bach, Haydn, Mozart et Beethoven n'y fait pas exception.




samedi 19 janvier 2013

Allers simples

« Et pourtant, la dernière chose que je pourrais regretter serait d’être parti. Parce qu’on revient rarement avec des valises pleines de regrets d’un voyage élargisseur d’horizons. Les rencontres, les souvenirs, les embûches, les accomplissements et les dépassements de soi qu’on y a vécus compensent amplement ce qu’on a pu rater du cycle de notre quotidien sédentaire. »
 
Vous avez aimé jadis Tintin chez les Soviets? Inutile de plonger dans vos souvenirs, car avec l’effondrement de l’URSS en 1991, la donne a complètement changé. Frédérick Lavoie, un journaliste qui n’entretient que bien peu de points communs avec le charmant personnage d’Hergé, nous propose plutôt ici une incursion en post-Soviétie, avec arrêts obligés en Biélorussie (le récit de la quinzaine de jours passés par l’auteur reste l’un des plus enlevants du livre), dans les pays en –stan, le Caucase ou l’Extrême-Orient de la Russie, si proche et si loin de son voisin chinois. Que vous ayez suivi de près l’actualité internationale au cours de la dernière décennie ou soyez incapable de replacer les anciennes républiques, devenues indépendantes, sur une carte importe peu. Frédérick Lavoie ne propose pas tant une analyse sociopolitique (souvent pertinente) qu’un regard autre, qui s’attarde de façon concertée à déboulonner les clichés.

Dans son quotidien comme dans l’élaboration de ce récit fascinant, Lavoie refuse de suivre les sentiers balisés. N’espérez pas de descriptions dignes de figurer au verso (ou même au recto) de cartes postales officielles. Le journaliste québécois, basé à Moscou depuis l’achèvement de sa maîtrise, laisse libre cours au hasard des rencontres, que ce soit dans un wagon de train, à l’arrière d’un marchroutka ou sur un quai de gare. Ce faisant, il nous permet de découvrir les pays de l’intérieur, à travers les yeux de Sacha, Goulmira, Abdoufato, Djoumagoul ou tant d’autres, qui hésitent à dire tout haut ce que plusieurs pensent tout bas, le regard omniscient des dictateurs (présents ou passés) empêchant toute parade.

L’écriture demeure d’une rare fluidité et, pas une seconde, on ne s’ennuie tout au long de ces 376 pages. Sans jamais tomber dans le démagogique ou le didactique, Lavoie nous en apprend plus qu’à la lecture de nombre d’essais fouillés. Il nous force surtout à nous questionner sur le rôle de la presse, qui peut servir d’outil de propagande, que l’on vive ou non dans une dictature, mais aussi de celui qui consomme la nouvelle, endossant par sa passivité une escalade des traitements-chocs des événements.

Je lirai certainement avec un intérêt égal le récit des prochaines pérégrinations de Lavoie et admets souhaiter qu’une telle plume choisisse un jour de relever le défi de l’écriture de fiction. Après tout, «  il y a tant d’histoires muettes à faire parler ».


jeudi 17 janvier 2013

Béante

Recueil puissant, Béante de Marie-Andrée Gill cristallise l’absence, les déchirements, les regrets, la recherche d’identité, le devoir de mémoire, la difficulté à s’ancrer – à s’encrer – dans une réalité qui nous dépasse parfois. En ce sens, il se veut recueil universel, bien qu’il soit signé d’une plume autochtone : c’est fou en dedans / on est tous de la même couleur.

La poète parle avec autant de raffinement  des blessures amoureuses que de la lignée parfois trouble aux aïeuls : je suis tous mes ancêtres en aléatoire / les esprits / dégoulinent / à travers / les murmures / une trace de sang séché / que l’on grignote encore / pour ne rien laisser derrière. Les images s’esquissent, fortes mais refusant la facilité, tantôt lumineuses, tantôt ténues, comme si elles s’extrayaient d’un feu, consumant la mémoire, grugeant occasionnellement le quotidien : la vie avale lentement / les miracles dans les lignes / de ta main.

Quand elle évoque la relation avec l’être aimé, les mots deviennent griffures, autant de rappels de ce qui a été, de ce qui ne pourra plus être : la même mécanique des corps à la chaîne / chaque parole à détacher / une par une /arracher ton image jusqu’à l’amnésie. Les termes semblent puisés à même un terreau fertile, qui a accueilli les larmes, le sang, des générations précédentes. Comment se définir, se redéfinir, alors que les questionnements se démultiplient, se superposent au chant des tambours, aux livres d’histoire? Vivants, là, pou-poum.

Identitaire mais surtout intimiste, le recueil de Marie-Andrée Gill se révèle d’abord par larges pans, puis à dose homéopathiques. L’écriture ne peut-elle pas guérir de tout? J’ai trouvé à t’écrire une fois pour toutes / même si rien n’est plus et que tout est là.

mercredi 16 janvier 2013

Adieu Yuli

Il nous a quittés, trop tôt, dans la nuit de lundi à mardi, à 73 ans, causant une onde de choc dans le milieu de la musique classique canadien. Violoncelliste, chef d’orchestre, fondateur d’I Musici de Montréal, pédagogue recherché, aimé du public aussi bien que des musiciens avec lesquels il a collaboré, celui que tout le monde n’appelait que Yuli était l’un des artistes les plus intègres qu’il m’ait été donné de rencontrer, l’un des plus humains aussi.

Je l'évoque sur le blogue Analekta.
Le voici dans Kodaly... Inoubliable!

mardi 15 janvier 2013

Comme des sentinelles Recrue du mois

Nous avons (bien évidemment) échappé à la fin du monde, tel que « prédit » par les Mayas. Mais assisterons-nous bientôt à la mort du livre? Certains analystes ont cru pouvoir terrifier les lecteurs en brandissant les chiffres de ventes de 2012. En effet, pour la première fois, les formats électroniques ont coiffé au poteau d’arrivée les versions papier. Cela veut-il dire que le livre disparaîtra, comme les dinosaures d’autrefois? Pas si vite. Avez-vous pris le métro récemment? Oserez-vous affirmer sans frémir que plus personne ne lit? Oui, on retrouve sans doute autant de personnes plongées dans leur liseuse ou « tournant les pages » de leur tablette ou même parcourant un texte sur un téléphone intelligent que dans le bon vieux bouquin. Lisent-elles moins parce que le support s’est transformé? Je ne pense pas. Les premières incursions du livre dans le numérique n’avaient peut-être pas été entièrement convaincantes (confort de lecture moins grand, la maigreur des récoltes côté francophone et nouveautés), mais il serait absurde d’avancer que la donne n’a pas changé. La Bibliothèque nationale a d’ailleurs accepté la tendance et propose maintenant des prêts électroniques, qui « disparaissent » de votre ordinateur après trois semaines, histoire sans doute de protéger les droits d’auteurs. Ainsi, ceux qui habitent loin d’une librairie peuvent sans peine télécharger notre Recrue du mois, Comme des sentinelles de Jean-Philippe Martel.

Généreux de  nature, l’auteur a décidé d’offrir un cadeau à nos lecteurs et de répondre non pas à 10 questions, mais  bien à presque tout notre questionnaire. Il admet d’ailleurs lire les critiques « comme un fou. Le moindre mot sur moi m’intéresse. Mais personne ne m’apprend rien que je ne sache déjà – c’est désolant. C’est dire si j’attends beaucoup de la Recrue du mois… » Sacrée pression… Je vous annonce déjà que je m’entretiendrai avec lui lors de l’émission Les actualités littéraires en mars. Il pourra alors volontairement porter les deux casquettes : celle de primoromancier et celui de chercheur en littérature québécoise.

Vous pouvez lire la suite de mon éditorial et le numéro courant de La Recrue du mois ici...

lundi 14 janvier 2013

Prince d'orchestre

Certains livres traînent dans notre PAL pendant des semaines, voire des années. Sur le coup, il nous semblait impératif de posséder ce titre et puis un autre, plus récent, plus dense, plus... l'a remplacé. Il y aussi ces livres qui nous hantent pendant des semaines, qui nous font de l’œil sur une des tables de notre librairie indépendante préférée. Un jour, on cesse de résister à l'appel et on profite d'un moment de faiblesse - ou d'une illumination - pour se le procurer. Prince d'orchestre tombe pour moi dans cette seconde catégorie. Depuis septembre, j'ai dû le manipuler une dizaine de fois, mais à chaque fois, je me disais: « Je serai raisonnable. » Lors de la vente -25 % chez Olivieri, je n'ai plus résisté et dès le lendemain, je l'avais en main, car les livres à thème musical ne courent malheureusement pas les rues et que, souvent, je sors frustrée de la lecture de ceux qui mettent en vedette des musiciens, sauf lors des très rares fois où l'auteur possède une sensibilité musicale.

C'est le cas ici pour Metin Arditi, président de l'Orchestre de la Suisse Romande, qui a mis également sur pied une fondation faisant la promotion de l'éducation musicale en Israël et en Palestine. Alexis Kandilis, son personnage de chef d'orchestre grec, au faîte de la gloire, craque un jour suite aux pressions d'un percussionniste un peu trop véhément, et amorce une chute vertigineuse vers les bas-fonds, mais aussi vers une nouvelle connaissance de son don musical. Et si, au fond, le chef d'orchestre ne servait à rien, que les musiciens pouvaient dialoguer entre eux, la musique triompher? Ici, l'orchestre devient personnage, tout comme le public. 
« Le public accueillait les airs de La force du destin avec gratitude. Il en guettait chaque note, comme un enfant guette la fin d'une histoire entendue cent fois, sachant par avance que la chute sera celle de la fois précédente, qu'il en sortira apaisé, rassuré, et qu'alors son bonheur sera complet. » 
Si une connaissance des quelques œuvres citées facilite la compréhension du récit, elle n'est pourtant pas essentielle. Dans ces pages, l'auteur retrouve les thèmes qui hantent l'ensemble de sa production: l'intime, la solitude qui accompagne le plus souvent l'exil, une difficulté à s'inscrire dans une filiation claire. Qu'il évoque les années de pensionnat huppé du narrateur (pendant lesquelles Alexis avait cru nécessaire de mentir sur sa famille pour ne pas être rejeté par ses camarades), ses doutes face à la direction d'orchestre (qui mèneront Alexis à la composition d'une œuvre nouvelle, révolutionnaire en apparence, mais n'est-elle au fond que folie?) ou à sa propre santé mentale, ses frasques aux tables de roulette ou au lit, Arditi le fait avec une finesse rare, qui refuse de tomber dans le dogmatique.

Alexis n'est pas par définition un personnage que l'on aime spontanément, contrairement à ce père qui, jour après jour, fait la lecture des journaux en de multiples langues à son fils plongé dans un coma parce que sa route a croisé celle d'un kamikaze lors d'un attentat-suicide. Pourtant, on veut le suivre - l'accompagner plutôt, comme un orchestre fidèle - dans son périple vers l'enfer, même si on ne peut influer sur son destin et que l'apex du livre, comme dans toute pièce musicale réussit, réussit quand même à nous prendre par surprise, même si le motif en avait été dessiné dès la première page. Une très belle découverte pour moi.

« Nous, les musiciens... Nous sommes les prêtres. Nous disons la messe. C'est important de dire la messe bien sûr. Mais il y a une chose plus essentielle encore. Ce sont les paroles de la messe. Les mots saints. Ceux qui nous aident à vivre. C'est l’œuvre des compositeurs. »

vendredi 11 janvier 2013

Spasmes: une image vaut mille mots

 Proposé comme un « déambulatoire, entre arts visuels et arts scéniques », Spasmes se veut un troublant hommage à l’univers de Francis Bacon. Au fil d’un spectacle misant avant tout sur la physicalité et la plastie, quiconque a suffisamment fréquenté l’œuvre du peintre iconoclaste reconnaîtra certaines torsions des corps liées à une toile, une composition graphique ou même certaines transpositions de coups de pinceau.

La metteure en scène Carole Nadeau, qui signe également certains des textes et lit en fin de parcours des passages des magnifiques 158 fragments d’un Bacon explosé de Larry Tremblay, a voulu proposer une expérience sensorielle avant tout. Au fil de « stations », disposées un peu partout dans l’Espace libre, qui mèneront à une crucifixion inversée d’une puissance certaine, le spectateur est tour à tour confronté à un délire vaguement décalé,  à des instants absolument savoureux et à d’autres qui s’étirent inutilement.

Je vous invite à lire le reste de ma critique sur le site de la revue Jeu. Il vous reste deux occasions (ce soir et demain) de vivre une expérience hors de l'ordinaire.

Vous noterez également l'ajout dans la colonne de droite de la section « Lucie va au théâtre » qui vous permettra de suivre mes rencontres théâtrales.

jeudi 10 janvier 2013

Where are we now?

Certains sortent au resto pour leur anniversaire. D'autres sortent de l'ombre qu'ils ont choisie, après 10 ans de silence. C'est le cas de David Bowie qui, le jour de ses 66 ans, a lancé en avant-première une nouvelle chanson et un nouveau clip, signé par le renommé plasticien américain Tony Oursler.

« David avait une idée très précise du clip qui devait prendre tout le monde de court. Il voulait une « lyric video ». Ce genre vidéo est né sur internet. Il emprunte au karaoké le déroulement des paroles sur l'écran et à la littérature, l'évanescence et la scansion de la poésie », a expliqué Tony Oursler au Figaro.

J'ai été exclusivemenet nourrie à la musique classique jusqu'à l'âge de 12 ans (curieuse anomalie, je l'admets), puis ai découvert la pop avec délectation.  (Le jazz viendrait quelques années plus tard.) David Bowie reste l'un de mes amours d'adolescence et la seule icône pop dont l'affiche ait orné mon mur, ce qui est sans doute plus que significatif. En partage, donc, cette vidéo inclassable, qui porte une mélodie qui me hante déjà pourtant, surtout qu'elle fait référence au Berlin d'alors.

L'album, conçu dans le plus grand secret, sortira le 12 mars. Je note la date à l'agenda.

Coup d'oeil philosophique sur les résolutions

Vous avez pris des résolutions la semaine dernière? Pensez-vous être capable de les tenir? Il y a de très fortes chances que, d'ici deux semaines, deux mois, vous flancherez. Pourquoi? Normand Baillargeon propose de mieux comprendre le phénomène en s'appuyant sur le travail de philosophes, d'Aristote à Sartre, de Socrate à Alain. À lire ici...

mercredi 9 janvier 2013

Entretien avec Marius Tremblay

Compositeur, romancier, peintre, poète, Marius Tremblay est de ceux qui refuse les étiquettes. En octobre, j'ai eu le plaisir de l'interviewer, dans le cadre d'une émission spéciale des Actualités littéraires sur CKCU, que je co-animais avec Hans G. Ruprecht.

Marius Tremblay évoque aussi bien son travail de compositeur - notamment son étonnant opéra La diva, la star et le politique - que son premier roman, un polar politique, À l'ombre de la colline, dont je lis d'ailleurs un extrait en ondes.

On peut entendre l'émission, diffusée le 1er janvier, d'une durée exceptionnelle de 42 minutes, en baladodiffusion, ici...


mardi 8 janvier 2013

Artefact

Parfois, j'aime réentendre une pièce aimée un an plus tard, histoire de réaliser la distance parcourue. Comme un leitmotiv émotif, d'une certaine façon. Il y a exactement un an, je découvrais par hasard le documentaire Le cœur d'Auschwitz, qui m'avait profondément troublée. Comment résister alors à la tentation de me plonger, à la même date, dans Artefact, deuxième roman du journaliste et réalisateur Carl Leblanc, écrit non pas pour combler les lacunes du documentaire, mais bien avant que le projet n'ait reçu les divers avals. Habité par cette troublante carte d'anniversaire, impatient sans doute, le journaliste s'était alors fait romancier, histoire sans doute de ne pas perdre contact avec le ressenti.

Le narrateur journaliste qui enquête sur un possible criminel de guerre nazi, installé à Montréal depuis des années, reste un alter ego de l'auteur. Souhaitant étayer son papier, François se rend au Musée de l'Holocauste, lieu où il découvre la carte de souhaits en forme de cœur, mais aussi (il ne le réalise pas sur le coup), une de celles l'ayant signé. Qui sont ces femmes qui ont couru un risque fou pour offrir un cadeau d'anniversaire qui n'a rien de banal à cette Klara? Qu'ont-elles connu, avant l'abomination? Pourront-elles un jour accumuler suffisamment de souvenirs heureux (enfants, petits-enfants, amours), autant de meubles massifs qui servent à barricader la porte de l'horreur? Pourquoi ne pas leur inventer un parcours plausible, à défaut de réel? Après tout, « pour comprendre Auschwitz, il fallait de l'imagination ».

De Tel-Aviv au Auschwitz d'aujourd'hui, en passant par les États-Unis, François enquête, à la recherche d'une vérité qui dépasse les limites de la justice. L'essentiel du propos ici réside pourtant dans la petite musique, celle du quotidien, que Carl Leblanc instille dans ces « faux » souvenirs, devoir de mémoire émotive plutôt que témoignage à valeur historique. Après tout, qu'est l'Histoire, sinon une succession de petites histoires, racontées d'un point de vue biaisé à la base? « François, lui, passa sa fin de soirée dans un bar de Tel-Aviv à jongler avec cette idée que l'Histoire est un roman. »

S'il n'y avait eu que le roman, si ma mémoire n'avait pas encore été, un an plus tard, si envahie par les émotions ressenties lors du visionnement, mes attentes auraient été forcément différentes. Si une image vaut mille mots, un mot peut-il valoir mille images? Je me suis posée la question tout au long de ma lecture. Jusqu'à quel point la « réalité » a-t-elle contaminé ma perception de cette fiction qui aurait pu - qui aurait dû - vivre par elle-même? J'aurais voulu entrer entièrement dans cette histoire inventée, cette faction (la fiction n'est-elle pas une accumulation de faits, transposés, transformés, transcendés?), mais périodiquement, je me sentais freinée, la petite histoire ne réussissant pas entièrement à se dégager de la grande. Est-ce en partie dû au choix d'utiliser des phrases très courtes, se rapprochant de l'écriture journalistique, couteaux plutôt que pinceaux? Aurais-je eu moins l'impression d'une manipulation de l'information si le narrateur n'avait pas été lui aussi journaliste? Peut-être au fond aurait-il fallu d'abord lire le livre, puis après seulement, laisser au documentaire le soin d'articuler le propos autrement...


dimanche 6 janvier 2013

Pour les amoureux de la langue française

Saviez-vous que...

1. Le plus long palindrome de la langue française est « ressasser ». On peut donc le dire dans les deux sens.
2. « Squelette » est le seul mot masculin qui se finit en « ette ».
3. « Institutionnalisation » est le plus long lipogramme en « e ». C'est-à-dire qu'il ne comporte aucun « e ».
4. L'anagramme de « guérison » est « soigneur »
5. « Où » est le seul mot contenant un « u » avec un accent grave. Il a aussi une touche de clavier à lui tout seul!
6. Le mot « simple » ne rime avec aucun autre mot. Tout comme « triomphe », « quatorze », « quinze », « pauvre », « meurtre , « monstre », « belge », « goinfre » ou « larve ».
7. « Endolori » est l'anagramme de son antonyme « indolore », ce qui est paradoxal.
8. « Délice », « amour » et « orgue » ont la particularité d'être de genre masculin et deviennent féminin à la forme plurielle. Toutefois, peu sont ceux qui acceptent l'amour au pluriel. C'est ainsi!
9. « Oiseaux » est, avec 7 lettres, le plus long mot dont on ne prononce aucune des lettres : [o], [i], [s], [e], [a], [u], [x] « Oiseau » est aussi le plus petit mot de langue française contenant toutes les voyelles (hormis le y). Eh oui !

jeudi 3 janvier 2013

Liste de lectures 2012

Une année 2012 très fertile, semble-t-il, avec 114 titres. Par rapport à 2011, je remarque que j'ai lu plus d'essais, de poésie et quelques livres pour enfants.

Alors, voici donc, une liste que j'espère la plus complète possible. Les titres surlignés sont commentés sur le blogue. Et maintenant, on remet les compteurs à zéro.

Collectif, Printemps spécial ***1/2
Collectif de femmes innues, S'agripper aux fleurs ***1/2
Pour Leonard Cohen (Moebius 133, collectif) ***
Réinventer le 11 septembre (Moebius 130, collectif) ***1/2
Chants libres: 20 ans de création ***
Marie-Christine Arbour, Utop ***
Gilles Archambault, Qui de nous deux? ****
Louise Auger, Le dernier hiver ***1/2
Nina Berberova, Borodine ***
Mélina Bernier, Amour debout ***
Calixthe Beyala, C'est le soleil qui m'a brûlée ***
Christian Bobin, L'assassin était blanc comme neige ***1/2
Mario Boivin, L'interrogatoire Pilate **1/2
Charles Bolduc, Les truites à mains nues ***
Yves Bonnefoy, Rome 1630 ***1/2
Elena Botchorichvili, Seulement attendre et regarder **1/2
Simon Boulerice, Danser a capella ***1/2
Simon Boulerice, Javotte ***1/2
Michèle Bourassa, Une femme comme il faut ***
André Carrier, Rue Saint-Olivier ***
Nicolas Chalifour, Variétés Delphi ***1/2
Claude Clément, Le luthier de Venise ***1/2
J.M. Coetze, Disgrâce ****
Véronique Côté et Steve Gagnon, Chaque automne j'ai envie de mourir ***
Emmanuelle Cornu, Jésus, Cassandre et les demoiselles ***
Kéthévane Davrichewy, Les séparées ***
Normand de Bellefeuille, Mon nom ***1/2
Marie Décary et Élisabeth Eudes-Pascal, Ana ***
Daniele del Giudice, Marchands de temps ***
Guy Delisle, Chroniques de Jérusalem ***1/2
Martine Delvaux, C'est quand le bonheur? ***
Martine Delvaux, Les cascadeurs de l'amour n'ont pas droit au doublage ****
Denise Desautels, Pendant la mort ***1/2
Régine Detambel, Opéra sérieux ***1/2
Delphine de Vigan, Rien ne s'oppose à la nuit ****
Delphine de Vigan, Un soir de décembre ***1/2
Agnès Domergue et Sandrine Kao, Les notes des Monsieur Croche ***1/2
Louise Dupré, Une écharde sous ton doigt ***
Marguerite Duras, La maladie de la mort ***1/2
Marguerite Duras, Lire ***1/2
Gaston-Paul Effa, Je la voulais lointaine ***1/2
Annie Ernaux, Journal du dehors ***
Annie Ernaux, L'occupation ***
Léon-Paul Fargue, Ravel ****
David Foenkinos, Le potentiel érotique de ma femme ***
Élise Fontenaille, L'homme qui haïssait les femmes **1/2
Lise Gaboury-Diallo, Les enfants de Tantale ***
Alexis Galmot et Till Charlier, La boulangerie de la rue des dimanches ***1/2
Laurent Gaudé, Dans la nuit Mozambique ***
Vickie Gendreau, Testament ***
Sylvie Germain, Hors champ ***1/2
Sylvie Germain, Le monde sans vous ***
André Gide, Notes sur Chopin ***
Bernard Gilbert, Le rossignol, Renard et autres fables ***1/2
François Gilbert, Coma ***1/2
Valentine Goby, La note sensible ***1/2
Edward Gorey, Le couple détestable ***
Nadia Gosselin, L'amour n'est rien ***
Julie Gravel-Richard, Soleil en tête ***
Daniel Grenier, Malgré tout, on rit à Saint-Henri ***1/2
Luigi Guarnieri, Une étrange histoire d'amour ***1/2
Faïza Guène, Kiffe kiffe demain ***
Brigitte Haentjens, Une femme comblée ***
Helen Haff, 84, Charing Cross Road ***
Peter Handke, Après-midi d'un écrivain ***
Anne Hébert, Le torrent ****
Ernest Hemingway, L'étrange contrée ***
Vartan Hézaran, Là-bas dans la plaine ***
Nancy Huston, L'espèce fabulatrice ***1/2
Janeczka, La saison de mes rêves ***
Michel Jean, Elle et nous ***1/2
Raphaël Jerusalmy, Sauver Mozart ***
Gilles Jobidon, Combustio ****
Gaëlle Josse, Les heures silencieuses ***
Gaëlle Josse, Nos vies désaccordées ****
Claire Keegan, Les trois lumières ***
Yasmina Khadra, L'équation africaine ***
Jocelyn Lanouette, Les doigts croisés ***
André Leblanc et Barroux, Le piano rouge ***
Hélène Lépine, Un léger désir de rouge ***1/2
Georges Leroux, Wanderer, Essai sur le Voyage d'hiver de Schubert ***1/2
Michèle Lesbre, Sur le sable ***
Eveline Mailhot, L'amour au cinéma ***
Émile Martel, Pour orchestre et poète seul ***
Ricardo Menendez Salmon, La philosophie en hiver ***
Carl Norac et Delphine Jacquot, Monsieur Chopin ou le voyage de la note bleue ***1/2
Audur Ava Olafsdottir, Rosa candida ***1/2
Pierre Ouellet, Le premier venu ***1/2
Madeleine Ouellette-Michalska, Autofiction et dévoilement du soi ***1/2
Dominique Paravel, Nouvelles vénitiennes ***
Pierre Raphaël Pelletier, Entre l'étreinte de la rue et la fièvre des cafés ***1/2
Stéphanie Pelletier, Quand les guêpes se taisent ****
Clermont Pépin, Picoletta (souvenirs) ***
Jean-Bertrand Pontalis, Elles ***1/2
Jacques Poulin, L'homme de la Saskatchewan ****
Pascal Quignard, Les solidarités mystérieuses ****
Pierre-Jean Remy, Berlioz ***1/2
Martin Robitaille, En chemin je t'ai perdu ***
Danielle Roger, Éclats de verre en vase clos ****
Jean Rolin, Le ravissement de Britney Spears ***
Karine Rosso, Histoires sans Dieu ***
Jean Royer, Poèmes de l'écoute ***
Felwine Sarr, Méditations africaines ***1/2
Marcelle Sauvageot, Laissez-moi ***
Michel Schneider, La tombée du jour (Schumann) ****Michel Serres, Musique ***
Mathieu Simonet, La maternité ***
Alexandre Soublière, Charlotte before Christ ***
Olivia Tapiero, Espaces ****
Élise Turcotte, Guyana ****
Alissa Walser, Au commencement la nuit était musique ***1/2
Louise Warren, Anthologie du présent ***1/2
Louise Warren, Apparitions ****
Christian Wasselin, Berlioz, Les deux ailes de l'âme **1/2
Valérie Zenatti, Une bouteille dans la mer de Gaza ***1/2


mercredi 2 janvier 2013

2012 en lectures

La liste complète de mes titres lus en 2012 sera archivée dans le prochain billet (avec liens), mais avant de passer au côté statistiques, un petit retour sur cette année 2012, qui n'aura pas été (surprise dans la foule!) celle de la fin du monde.

Doublés

Peu d'auteurs ont été lus plus qu'une fois, mais quand on aime, on ne compte pas, n'est-ce pas? Aucun excès de ma part, seulement des doublés ici: Simon Boulerice (délicieux Danser a capella et jouissif Javotte), Martine Delvaux (magnifique Les cascadeurs de l'amour n'ont pas droit au doublage, sympathique C'est quand le bonheur?), Delphine de Vigan (coups de cœur pour Rien ne s'oppose à la nuit, au programme de mon club de lecture, et Un soir de décembre), Marguerite Duras (deux classiques, Lire et La maladie de la mort), Annie Ernaux (Journal du dehors et L'occupation - je reviendrai à cette auteure), Sylvie Germain (Hors champ et Le monde sans vous), Gaëlle Josse (contrairement à la majorité des blogueuses, j'ai préféré Nos vies désaccordées aux Heures silencieuses) et Louise Warren (Anthologie du présent et Apparitions). Des voix de femmes, sauf celle de Simon Boulerice, qui possède néanmoins une sensibilité particulière pour décrire les univers féminins.

Littérature québécoise

Cela reste un plaisir total de lire québécois et je dois dire que si j'ai à peine bronché quand j'ai vu l'avalanche des prépapiers sur la rentrée littéraire française, j'ai suivi avec avidité tous ceux liés à la rentrée québécoise.

Pêle-mêle, soulignons Combustio de Gilles Jobidon, Qui de nous deux de Gilles Archambault, Variétés Delphi de Nicolas Chalifour, Les cascadeurs de l'amour n'ont pas droit au doublage de Martine Delvaux et Apparitions de Louise Warren (cités plus haut déjà), Guyana d'Élise Turcotte, ainsi qu'un très beau Jacques Poulin, L'homme de la Saskatchewan et, côté poésie, Éclats de verre en vase clos de Danielle Roger.

La Recrue du mois

Une année faste ici. Aucune réelle mauvaise pioche de toute l'année, mais de réels emballements pour Coma de François Gilbert, Quand les guêpes se taisent de Stéphanie Pelletier (que j'ai offert à deux reprises depuis sa sortie) et Un léger désir de rouge d'Hélène Lépine.


Actualités littéraires sur CKCU

Depuis septembre, j'ai la joie d'animer, une fois par mois, une émission de radio qui met la nouvelle littérature québécoise en valeur sur les ondes de CKCU Ottawa. Paradoxal peut-être que l'invitation soit venue d'une station universitaire ontarienne... mais, avec la magie de la baladodiffusion, le monde entier y a accès. Après tout, n'habitons-nous pas dans un grand village?

mardi 1 janvier 2013

Toucher

Que vous souhaiter en ce premier jour de la nouvelle année? Paix, santé, sérénité?
Et si j'osais vous souhaiter de vous laisser toucher, de toucher les autres, tout au long de cette année?

Nina Simone l'avait déjà magnifiquement compris, il y a plusieurs années déjà...
« Have we lost the touch that means so much
Have we lost the human touch... »