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vendredi 30 janvier 2009

Une fillette

« La peur de disparaître est une fillette, pense-t-elle. Une fillette nue, pâle, seule et bleue de froid au milieu d'une foule d'étrangers indifférents dont la langue lui écorche les oreilles. Elle cherche désespérément un visage connu. Elle résiste tant qu'elle peut, puis elle s'éteint comme une chandelle que l'on souffle. La foule se resserre. Nul ne pourrait dire à quel endroit elle se tenait l'instant d'avant. Il y a une fillette transie au cœur de tout un chacun, et c'est la peur de disparaître qui la pousse dans la rue, à l'église, au cinéma, au centre commercial, sur son balcon, devant son chevalet ou chez le gourou du coin. »
Danielle Trussart, Le train pour Samarcande, p. 101-102

jeudi 29 janvier 2009

Cinquante ans

Cette vidéo, d'une simplicité désarmante mais d'une efficacité redoutable, réalisé par un jeune de vingt ans, a remporté le deuxième prix du Concours AARP (l'association américain des retraités) U@50. Saurons-nous changer le monde?


mercredi 28 janvier 2009

Rions un peu...

Dans une animalerie, un homme regarde deux oiseaux: l'un, aux couleurs chatoyantes, siffle merveilleusement tandis que le second, le plumage terne, se tient dans un coin de la cage. « Combien pour ce bel oiseau chanteur? », s'enquiert le visiteur. « Cent cinquante dollars la paire », répond le marchand. « Mais seul le chanteur m'intéresse, s'indigne le client. Vous ne pouvez pas me le vendre seul? » L'autre secoue la tête: « Impossible, monsieur. L'autre, c'est le compositeur. »

44 présidents

Une vidéo bien réalisée qui m'a permis de constater que je ne connaissais pas très bien mon histoire des États-Unis...

lundi 26 janvier 2009

Prix Opus


Les artisans de la musique de concert, tant interprètes, compositeurs, musicologues, producteurs, diffuseurs que facteurs d’instruments, se sont réunis hier lors du Gala des prix Opus. Animé par le toujours désopilant Martin Bernier, un habitué du gala depuis plusieurs années, et l’impeccable Françoise Davoine, le gala mettait à l’honneur musique et musiciens québécois. Au total, 26 prix ont été remis afin de souligner l’excellence et la créativité des divers intervenants du milieu au cours de la dernière saison.

Sans surprise aucune, l’Orchestre symphonique de Québec s’est mérité deux Prix Opus (« Concert de l’année – Québec » et « Concert de l’année – musiques classique, romantique, postromantique et impressionniste ») pour son interprétation de la Symphonie des Mille de Mahler, présentée dans le cadre des célébrations entourant le 400e anniversaire de la ville de Québec. Trois autres lauréats ont réussi des doublés: la Nef, David Jalbert et Nicolas Gilbert, nommé « Compositeur de l’année » (prix doté d’une bourse de 10 000 $) alors que son œuvre Circuits parallèles recevait le titre de « Création de l’année ». On se rappellera qu'il était également notre Recrue du mois en janvier.

Le prix Hommage a été remis à l’organiste Bernard Lagacé. On a tour à tour évoqué l’excellence de ses récitals, sa vision artistique et son enseignement précurseur, qui a permis à une génération d’interprètes renommés de s’approprier le langage musical baroque. Régis Rousseau, initiateur du Festival Orgue et couleurs et directeur général du Conservatoire de musique de Chicoutimi, a rendu un hommage senti mais tout en simplicité à son maître. Hospitalisé, Bernard Lagacé n’a pu lui-même accepter son prix. Geneviève Soly et Isolde Lagacé ont transmis un court témoignage de la part de leur père, ému par la reconnaissance de ses pairs.

Le Conseil québécois de la musique a également tenu à souligner le travail acharné de Michel Levasseur, directeur artistique du Festival de musique actuelle de Victoriaville qui célébrait son 25e anniversaire en 2008, et de Quartango, interprète de l’année. Le baryton Marc Boucher a quant à lui reçu le prix du « rayonnement à l’étranger » et la harpiste Valérie Milot celui de « découverte de l’année ». On a considéré la Série hommage no 1, dédiée à Claude Vivier et mise sur pied par la SMCQ « événement musical de l’année ».

Le Band Opus, formé de 11 musiciens, sous la direction de Louis Babin (qui signait les arrangements musicaux), a de nouveau accompagné la remise de prix.

On peut consulter la liste complète des lauréats ici.

dimanche 25 janvier 2009

Rue Frontenac

La menace planait depuis des semaines, elle est devenue réalité. Quebecor Media a mis la clé dans la porte du Journal de Montréal et a décidé de faire appel, à partir d'aujourd'hui, à une vingtaine de cadres et aux agences de presse - dont QMI, créée fin 2008 par Quebecor et qui regroupe le contenu produit par les autres membres de ce géant de l'édition - pour c0ntinuer de publier le quotidien. Le conflit s'annonce long et dévastateur, peut-être encore plus que celui du Journal de Québec. Plutôt que de lancer un gratuit pour mettre des bâtons dans les roues des dirigeants, les employés en grève ont plutôt mis sur pied un site Internet, Rue Frontenac, qui devrait présenter des articles signés par les grévistes. Le motto du site est fort savoureux: « Par la bouche de nos crayons! », clin d'oeil à la phrase mémorable de Frontenac à l'émissaire anglais qui demandait la reddition de la ville de Québec.

De leur côté, les employés de The Gazette sont en ultime séance de négotiations aujourd'hui et le lock-out pourrait être annoncé là aussi d'ici quelques jours... Assisterons-nous à une mutation de la presse montréalaise? C'est à suivre...

vendredi 23 janvier 2009

La culture...

... c'est comme la confiture, moins tu en as, plus tu l'étends? Je suis plutôt du type à adopter le dicton « La culture, c'est ce qui reste quand on a tout oublié. » Certains auteurs se sont penchés avant moi sur la question et ont su y répondre admirablement. Certains diront que je prêche pour ma propre paroisse. Oui, et alors? Après tout, « la culture n'est pas un luxe, c'est une nécessité », comme l'affirme Gao Xingjian .

« La culture est salvatrice, parce qu'elle est irremplaçable pour ouvrir les esprits, les rendre plus tolérants et aussi les distraire. »
Nicolas Laugero

« Seul celui qui s'intéresse à toutes les cultures est cultivé. Il découvrira que toutes les cultures sont complémentaires et qu'elles n'en forment en réalité qu'une seule, la Culture Humaine. »
Anonyme

« La culture est l'âme de la démocratie. »
Lionel Jospin, 1997

« La culture est la force humaine qui découvre, dans le monde, les exigences d'un changement et lui en fait prendre conscience. »
Elio Vittorini

« La culture n'est pas une marchandise. Les peuples veulent échanger leurs biens mais ils veulent garder leur âme. »
Jacques Chirac, 1999

« La véritable culture, celle qui est utile, est toujours une synthèse entre le savoir accumulé et l'inlassable observation de la vie. »
Francesco Alberoni

« La culture, c'est ce qui relie les savoirs et les féconde. »
Edgar Morin

« Un peuple qui ne connaît pas son passé, ses origines et sa culture ressemble à un arbre sans racines. »
Marcus Garvey

« Les hommes sont mille fois plus acharnés à acquérir des richesses que la culture , bien qu'il soit parfaitement certain que le bonheur d'un individu dépend bien plus de ce qu'il est que de ce qu'il a. »
Arthur Schopenhauer

« Instruction : des pierres dans un sac. Culture : une graine dans un pot. »
Maurice Chapelan

jeudi 22 janvier 2009

Yes we can dance!

Dans son dernier message, particulièrement délicieux, l'opérateur britannique T-Mobile surfe sur la tendance des « flashmobs » (ces manifestations éclair qui cherchent à déstabiliser le public et surtout à les faire sourire). Et si un beau matin, vous vous retrouviez dans cette gare, y auriez-vous participé?


mercredi 21 janvier 2009

Les mots pour le dire

Hier, journée où l'Histoire, celle avec un grand h, s'écrit, à 1 000 km d'ici à peine. On s'attendait à un discours coup de cœur, qui susciterait les vivats de la foule aux trois phrases, avec de multiples références à Abraham Lincoln, idole du 44e président des États-Unis. On a plutôt droit à un texte senti, inspiré, qui se laisse apprécier par strates. Passera-t-il à l'histoire et se retrouvera-t-il dans un prochain livre dédié aux discours qui ont marqué leur époque? Peut-être pas... Il faut néanmoins ouvrir les oreilles, le coeur, et accepter d'y croire, ne serait-ce que quelques heures.

« Nous savons que notre héritage multiple est une force, pas une faiblesse. Nous sommes un pays de chrétiens et de musulmans, de juifs et d'hindous, et d'athées. Nous avons été formés par chaque langue et civilisation, venues de tous les coins de la Terre. Et parce que nous avons goûté à l'amertume d'une guerre de Sécession et de la ségrégation (raciale), et émergé de ce chapitre plus forts et plus unis, nous ne pouvons pas nous empêcher de croire que les vieilles haines vont un jour disparaître, que les frontières tribales vont se dissoudre, que pendant que le monde devient plus petit, notre humanité commune doit se révéler, et que les États-Unis doivent jouer leur rôle en donnant l'élan d'une nouvelle ère de paix. »


On peut retrouver le discours intégral, en traduction française (merci France-Presse), ici...

lundi 19 janvier 2009

Être interprète...

« Je ne compose pas à proprement parler. Cependant, le travail d'interprète est déjà en lui-même un travail de création, un travail de composition, somme toute. Si vous voulez, le compositeur et l'interprète font partie de la même chaîne de montage, ils y exercent des fonctions différentes mais étroitement liées, le compositeur positionné en amont et l'interprète, en aval. Choisir son métier, c'est aussi choisir son mode de vie. »

(Nicolas Gilbert, Le Récital)

vendredi 16 janvier 2009

Je suis là aussi...

Comme je suis incorrigible et que j'espère toujours que mes journées comportent 28 heures plutôt que 24, j'ai accepté il y a quelque temps de devenir la blogueuse officielle d'Analekta, étiquette de disques qui met en lumière les grands interprètes canadiens.

Analekta a entièrement revampé le look de son site et vous pouvez maintenant y écouter tous les titres du catalogue, des vidéos d’artistes, établir une liste de souhaits, profiter de la radio Analekta 24 heures du 24… il n’y manquait qu’un blogue et c’est maintenant chose faite (et dans les deux langues officielles, yes sir!). Y seront proposés entrevues, actualités musicales, billets traitant de concepts musicaux, liens vers d'autres articles intéressants et découvertes musicales.

Pour accéder au site d'Analekta...
Pour accéder au blogue directement, c'est ici...

jeudi 15 janvier 2009

Nicolas Gilbert: Le récital

Six heures, six personnages, six regards, six tons différents. Une seule histoire, qui se révèle par pans au lecteur, qui tour à tour le laisse perplexe, le séduit, le pousse à émettre des hypothèses, le force à retourner sur ses pas pour réaliser que la solution se trouvait là, sous ses yeux, tout ce temps. Avec ce premier roman, Nicolas Gilbert relève avec succès le pari audacieux de transposer une architecture musicale en un geste littéraire convaincant, à la fois déstabilisant et maîtrisé.

Le regard que Gilbert pose sur le milieu de la musique contemporaine peut sembler décapant, mais jamais dépourvu d’une certaine tendresse. Quiconque a déjà vécu de l’intérieur l’angoisse pré-représentation s’y retrouvera entre chaque ligne. « Oui, c’était clair, et je m’en doutais depuis longtemps : une scène n’était ni plus ni moins qu’un échafaud. À chaque instant, partout dans le monde, des musiciens, des danseurs, des acteurs mouraient sur scène, foudroyés. » (p. 59) L’auteur s’inspire de la galerie de personnages qui gravitent autour de cette sphère inutilement raréfiée, les magnifie, les caricature, pour ultimement révéler la fragilité qui se tapit au cœur de chacun d’eux, de chacun de nous.

La dextérité de Nicolas Gilbert ne tombe que très rarement dans les excès – l’utilisation du plus-que-parfait du subjonctif par Sophie, la serveuse, par exemple, fût-elle d’une certaine façon la clé de voûte de cet édifice ou l’inclusion de cette étrange nouvelle centrée sur les objets, tributaire de la réflexion sur le hasard prônée par Cage ou Xenakis, deux inspirations du compositeur. L’auteur érige, pétrit le langage comme s’il devenait matériau sonore, nous en rend jusqu’à un certain point captif consentant. « Parler de l’écoute, jouer avec elle, c’est tenter de provoquer chez l’auditeur différents types d’écoute qui interagissent, se confrontent, s’entrechoquent. Pour obtenir une large palette de modes d’écoute, il faut utiliser une large palette stylistique, ne pas avoir peur des extrêmes à tous les niveaux. Par ce genre d’attitude compositionnelle, on prend possession de l’auditeur, on le guide et on lui permet de se découvrir. » (p. 90) Une fois le livre refermé, on continue de s’y projeter, de libérer les liens habilement noués. On réalise que l’on s’est laissé berner, mais avant toute chose, que ce Récital nous a touchés. Bis!

Lire les autres commentaires de lecture ici...

mercredi 14 janvier 2009

Nouveau chroniqueur du New York Times

La compétition est féroce dans le monde de l'imprimé, particulièrement celui des quotidiens. La presse telle que nous la connaissons aujourd'hui sera-t-elle bientôt simple souvenir nostalgique? L'avenir nous le dira. En attendant, plusieurs médias réorientent de façon assez dramatique leur ligne éditoriale. À Détroit, deux quotidiens ont annoncé qu'ils ne publieraient plus que trois fois par semaine. Le très respecté Christian Science Monitor passera quant à lui à une publication par semaine et se concentrera sur le contenu Internet. Plus près de nous, le Globe and Mail de Toronto vient d'annoncer la disparition de son cahier « livres », invitant plutôt les lecteurs à consulter le site Internet du journal pour se laisser séduire par l'un ou l'autre des titres recensés, Internet ayant définitivement supplanté l'imprimé dans ce domaine.

Les médias ont aussi de plus en plus recours aux vedettes pour appâter le lecteur. Le très prestigieux New York Times vient de conclure une entente avec le chanteur Bono qui tiendra une chronique régulière dans le journal. Un premier texte a été publié dans l'édition du week-end du quotidien et porte sur la nouvelle année et... Frank Sinatra et sa chanson My Way. Si le texte est intéressant à lire, il devient tout à fait fascinant quand on écoute Bono le livrer en fichier audio avec un délicieux accent irlandais. On notera au passage son habile manipulation des assonances, consonnances et autres clins d'oeil particulièrement musicaux du texte. On ne se refait pas.

À lire et à écouter ici...

mardi 13 janvier 2009

À écouter, comme si on y était....

Parfois - non, souvent! - on fait des trouvailles étonnantes sur Internet. J'ai découvert il y a quelques jours le site de WGBH, une radio publique (soutenue principalement par les dons des auditeurs, donc) de la région de Boston. La station propose un concept assez unique de concert/rencontre devant public, dans un studio spécialement aménagé, instrument magnifique (un Steinway acquis il y a peu) à la clé.

Lors de l'émission, l'artiste invité offre un concert d'une quarantaine de minutes, généralement, présenté en trois segments, intercalés de discussions avec l'animatrice Cathy Fuller qui, en deux ou trois phrases particulièrement éclairantes, réussit à mettre son invité du jour en toute confiance. On peut réécouter les anciennes émissions en ligne, à la demande, selon le répertoire ou l'interprète qui nous intéresse (ou simplement dans l'ordre présenté). Ce matin, j'écoute la pianiste Ursula Oppens expliquer en toute simplicité la musique d'Elliot Carter, dont on célébrait le 100e anniversaire de naissance en 2008. Éclairant!

À découvrir ici, sans hésitation (entrevues en anglais, évidemment, mais la musique reste un langage universel).

vendredi 9 janvier 2009

Seul le silence

Seul le silence m'a été offert en cadeau d'anniversaire et, jusque là, je n'avais rien lu dans les médias imprimés ou sur les blogues à son sujet (puisque ce titre est le premier à être traduit). Ne levant certes pas le nez sur un petit polar de temps en temps, je me disais que je pourrais m'offrir une lecture « légère » pendant le temps des fêtes. Dès les premières pages, j'ai compris que ce ne serait pas le cas, que le livre serait beaucoup plus qu'un simple thriller qui tente de dénouer les fils qui lient une dizaine de meurtres de petites filles particulièrement sordides. Déjà, j'avais noté des passages, saisie par la maîtrise avec laquelle l'auteur suscitait des images fortes. « Je me tus. Les mots avaient jailli comme un torrent. Lorsque je m'en aperçus, ils étaient déjà loin et la poussière qu'ils avaient soulevée dans leur sillage me brûla la gorge et me fit tousser. » (p. 34)

Le roman est sombre mais le noir s'y décline ici en une sorte de camaïeu. R. J. Ellory dépeint avec autant d'attention les paysages, les lieux que les conflits intérieurs du personnage principal, Joseph Vaughan, victime de ses souvenirs, de ses démons, de la fatalité, d'un système de justice particulièrement aveugle. La mort le suit, il le sait et tente de s'en libérer, à travers un déménagement newyorkais, l'écriture de ses livres, les amitiés et les amours qu'il noue.

Ellory signe ici non seulement un roman policier mais bien une oeuvre littéraire, véritable récit d'apprentissage d'un enfant qui se mue sous nos yeux progressivement en homme rompu par le destin mais aussi en écrivain - ce qui permet éventuellement un astucieux jeu de miroirs, le roman s'écrivant presque littéralement sous nos yeux. « Ce ne fut que plus tard que je compris que les deux étaient liées: l'expérience, façonnée par l'imagination, devenant de la fiction, et la vie, vue à travers le prisme de l'imagination, devenait une chose que l'on pouvait mieux tolérer et comprendre. » (p. 165) Même si les règles du genre nous poussent à vouloir identifier le coupable, j'ai été beaucoup plus fascinée par la peinture d'époque et le parcours du personnage principal. Un auteur au parcours plus qu'éclectique auquel je retournerai sans nul doute.

On peut lire son blogue ici...

mercredi 7 janvier 2009

Nicolas Gilbert: une rencontre

J'ai eu le grand plaisir de rencontrer Nicolas Gilbert il y a quelques jours. Jeune compositeur particulièrement en demande, tant ici qu'à l'étranger, il est aussi romancier et notre Recrue du mois de janvier. Je vous reparlerai de mes impressions de lecture la semaine prochaine (le 15) mais je vous propose de le connaître un peu mieux à travers cette entrevue, à lire ici...

Si vous préférez découvrir le compositeur, je ne saurais trop vous recommander d'aller fureter du côté du Centre de musique canadienne qui, depuis quelques semaines à peine, offre une série d'enregistrements archivés, puisés le plus souvent des les coffres de notre radio d'état. Pour y accéder, il faut s'inscrire mais le tout est gratuit et, en quelques secondes, vous pourrez accéder à des heures de musique et d'entrevue. La page de Nicolas Gilbert du CMC est ici...

mardi 6 janvier 2009

Boum, c'est reparti!


Retour au boulot hier, même si je ne l'ai pas tout à fait oublié pendant le (court) congé. En effet, j'avais à l'agenda deux entrevues (l'une avec Nicolas Gilbert l'auteur, que vous pourrez lire demain et l'autre avec le pianiste Marc-André Hamelin) mais aussi, je devais me préparer pour relever hier matin, première heure (8 h 07 précisément), un nouveau défi. (Oui, je sais, c'est chronique chez moi, je suis incapable d'y résister!) J'ai en effet accepté de remplacer, en plein milieu d'année, le professeur du cours Médias et journalisme au Collège Sainte-Anne de Lachine. Quatre périodes par cycle de sept jours, une classe de 33 étudiants en Secondaire V, un programme à monter de A à Z (ou si vous préférez, de G à Z), un univers que je connais assez bien mais de façon surspécialisée que je dois présenter à des néophytes, des lectures multiples à faire: tout ceci a sérieusement empiété sur mon temps de lecture « pour le plaisir ». Mais, non, rien, rien de rien, je ne regrette rien (ou peut-être quelques heures de sommeil perdues, tout au plus).

Je m'en voudrais toutefois de passer sous silence un délicieux petit bouquin, Les Arts plumitifs, du dessinateur Tesson, cadeau offert par une amie française (qui n'a pas résisté elle non plus au charme des dessins et au savoureux des vignettes et s'en est donc également procuré un exemplaire). Un pur régal!

On peut feuilleter les pages de ce livre sur le site de l'auteur. À découvrir ici...

dimanche 4 janvier 2009

Horloge mondiale

Saisissant, tout simplement... Non, cela n'a rien à voir avec les différents fuseaux horaires mais bien avec l'état de la planète, seconde par seconde... Allez jeter un coup d'œil, vous resterez saisi. Certains chiffres sont proprement affolants. À vivre ici...

vendredi 2 janvier 2009

Liste lectures 2008

Tournant d'année oblige, voici le temps venu de l'archivage. Vous trouverez ici les titres lus en 2008 (77, excluant ouvrages musicologiques, mais je pourrais avoir omis un ou deux recueils de poésie), en ordre alphabétique d'auteur et leur cote (de 1 à 5 étoiles, le maximum atteint cette année étant ****1/2). En cliquant sur les titres surlignés, vous pouvez accéder à mes commentaires de lecture à leur sujet. On repart à neuf!

Stéphane Achille, Balade en train assis sur les genoux d'un dictateur ***
Gilles Archambault, Les rives prochaines ***
Alessandro Baricco, Cette histoire-là ****
Alessandro Baricco, Constellations ***
Jean-François Beauchemin, Ceci est mon corps ***
D.Y. Béchard, Vandal love ****
Katia Belkhodja, La peau des doigts ***
Tonino Benacquista, Malavita encore ***1/2
Florence Ben Sadoun, La fausse veuve *** 1/2
Philippe Besson, Son frère ***
Jean-Philippe Blondel, This is not a love song ***1/2
Nicole Blouin, La route du sabre ***
Anne Bonhomme, La suppléante ***
Hugo Boris, Le baiser sur la nuque ***1/2
Pascal Bruckner, Mon petit mari ***1/2
Nicolas Cauchy, La véritable histoire de mon père ****
B. Chovelon et C. Abbadie, La chartreuse de Valldemosa ***
Guillaume Corbeil, L'art de la fugue ****
Johanne Alice Côté, Mouvement d'indienne ***
Philippe Delerm (photos Martine Delerm), Traces ***
François Désalliers, Un monde de papier **1/2
Delphine de Vigan, No et moi ***1/2
David Dorais et Marie-Ève Mathieu, Plus loin **1/2
Annie Dulong, Autour d'eux ***1/2
Jean Eschenoz, Ravel ***
Sébastien Filiatrault, Le chef-d'oeuvre ***

Aurélie Filippetti, Un homme dans la poche ***
David Foenkinos, Qui se souvient de David Foenkinos ***1/2
Dominique Fortier, Du bon usage des étoiles ***
Sébastien Fritsch, Le sixième crime *** 1/2
Claudie Gallay, Seule Venise ***1/2
Éric Genetet, Le fiancé de la lune **1/2
Nicolas Gilbert, Le récital *** 1/2
Nadia Gosselin, Dans la gueule du loup ***
Barbara Gowdy, Les romantiques *** 1/2
Julie Gravel-Richard, Enthéos *** 1/2
Mélanie Gélinas, Compter jusqu'à cent ***1/2
Rawi Hage, Parfum de poussière ***
Peter Hoeg, La petite fille silencieuse ****1/2
Thierry Jonquet, Mygale ***
Emmanuel Kattan, Nous seuls ***1/2
Naïm Kattan, Écrire le réel ***1/2
Joseph Kessel, Le lion ***
Nicole Krauss, L'histoire de l'amour ****
Lang Lang avec David Ritz, Le piano absolu ***
J.M.G. Le Clézio, Diego et Frida ***
Harper Lee, To Kill a Mocking Bird *** 1/2
Annie L'Italien, Petit guide de l'orgueilleuse (légèrement) repentante ***
Tomas Eloy Martinez, Le chanteur de tango *** 1/2
Catherine Mavrikakis, Deuils cannibales et mélancoliques ***
Catherine Mavrikakis, Le ciel de Bay City ****
Catherine Mavrikakis, Omaha Beach ***1/2
Patrick Modiano, Dans le café de la jeunesse perdue ***1/2
Alfred de Musset, Lettres à George Sand *** 1/2
Emmanuelle Pagano, Les adolescents troglodytes ****
Véronique Papineau, Petites histoires avec un chat dedans (sauf une) ***
Daniel Pennac, Chagrin d'école ***1/2
Sergio Pitol, Nocturne de Boukhara ***
Jacques Poulin, Jimmy ***
Jacques Poulin, Le cœur de la baleine bleue ***1/2
Sandra Rompré-Deschênes, La maison mémoire ***
J.D. Salinger, L'attrape-coeurs ***
Éric Simard, Cher Émile ***
Neil Smith, Big Bang (Big Crunch) *** 1/2
Valérie Tong Cuong, Providence ***
Lise Tremblay, La soeur de Judith ***
Tassia Trifiatis, Judas ***
André Tubeuf, La quatorzième valse ***1/2
Claude Vaillancourt, L'eunuque à la voix d'or ***
Claude Vaillancourt, Réversibilité ***
José Angel Valente, Trois leçons de ténèbres ***
Fred Vargas, Pars vite et reviens tard ***
Chloé Varin, Par hasard... rue Saint-Denis **1/2
Jules Verne, M. Ré-dièse et Mlle Mi-bémol ***
Boris Vian, L'écume des jours ****
Thomas Wharton, Logogryphe *** 1/2

Moebius 117: Musique! ***1/2
Montréal vu par ses poètes ***1/2

jeudi 1 janvier 2009

Bonne année 2009!

Nouvelle année qui s'annonce, que je vous souhaite inspirée et inspirante. Surtout, laissez-vous toucher par la beauté du monde, même quand il crache à notre visage sa laideur. Les poètes l'ont bien compris, ont su transcender les interdits, extraire de la fange des fleurs.

Je vous propose donc, en ouverture d'année, deux extraits tirés de Plus rares sont les roses du poète Mahmoud Darwich, décédé en 2008, la voix de la Palestine, « celui qui a forgé les chants de l'exil, qui a dit le temps suspendu et dessiné les rêves, les regrets, les désirs d'une identité irréductible. » Paix aux hommes de bonne volonté.

Le dernier train s’est arrêté

Le dernier train s’est arrêté au dernier quai. Et personne
Pour sauver les roses. Nulle colombe pour se poser sur une femme en chair de parole.
Le temps s’est achevé. Le poème ne peut guère plus que ce que l’écume a pu.
Ne crois pas nos trains, ô amour, n’attends personne dans la cohue.
Le dernier train s’est arrêté au dernier quai, et personne
Ne peut retourner aux narcisses retranchés dans les miroirs de la pénombre
Où laisserai-je ma dernière description de ce qui m’est advenu comme corps ?
Est fini ce qui est fini. Où est ce qui est fini ? Où viderai-je ce qui m’est advenu comme pays ?
Ne crois pas nos trains, ô amour, les dernières colombes se sont envolées, envolées
Le dernier train s’est arrêté au dernier quai … et personne.

Quand les martyrs vont dormir

Quand les martyrs vont dormir, je me réveille et je monte la garde pour éloigner d’eux les amateurs d’éloges funèbres.
Je leur souhaite " bonne patrie ", de nuages et d’arbres, de mirages et d’eau.
Je les félicite d’avoir échappé à l’accident de l’impossible, à la plus-value de la boucherie.
Je vole du temps afin qu’ils me volent au temps. Sommes-nous tous des martyrs ?
Et je murmure : ô mes amis, laissez un seul mur pour les cordes à linge, une nuit pour les chansons.
Je suspendrai vos noms où bon vous semble, mais dormez un peu, dormez sur l’échelle de la vigne acide.
Que je protège vos rêves des poignards de vos gardiens et du revirement du Livre contre les prophètes.
Soyez l’hymne de celui qui n’a pas d’hymne lorsque vous irez dormir ce soir.
Je vous souhaite " bonne patrie " montée sur un coursier au galop
Et je murmure : ô mes amis, vous ne serez pas comme nous : corde d’une obscure potence !