mercredi 12 juin 2013

Minority Report

La science-fiction et moi, cela fait deux. J'ai jadis lu un Bob Morane avant d'abdiquer, n'ai jamais ouvert un livre d'Asimov, ai réussi à m'endormir au cinéma lors d'un épisode de Star Wars auquel on m'avait traînée, n'ai jamais vraiment compris le plaisir de lire des romans d'anticipation. Ce n'est pas faute de manquer d'imagination pourtant...

J'ai dû un peu réviser mes positions en prévision de la dernière rencontre de notre club de lecture (initié par cette chère Kikine), car la thématique était cette fois double: les BD Paul de Rabagliati (série que j'aime beaucoup) et la science-fiction ou fantasy. Hum... Qu'allais-je bien pouvoir lire? En faisant quelques recherches, j'ai appris que Philip K. Dick était considéré un maître du genre (un prix de science-fiction porte d'ailleurs son nom) et me suis dit que ce pourrait être un point de départ intéressant. En regardant la liste (impressionnante) de titres, j'ai réalisé que trois des récits de l'auteur américain avait été portés au cinéma et que l'une de celles-ci était Minority Report, rarissime film de science-fiction que j'ai non seulement vu au cinéma, mais revu avec plaisir sur DVD après. (On lui doit aussi Blade Runner, chef-d’œuvre du genre quand même, et Total Recall.)

Alors le verdict? Le style de Dick reste alerte, mais en même temps un peu daté. On parle quand même d'un texte écrit en 1956 et il faut bien admettre que la technologie a passablement évolué depuis. (Les ordinateurs à cartes poinçonnées font office de dinosaures ici.) On sent quand même encore planer l'ombre du Maccarthysme (ce qui n'est pas sans intérêt et malheureusement pas si daté que cela), tant dans la nouvelle éponyme que dans d'autres du recueil. Cela m'aura-t-il réconcilié avec le genre? Pas totalement, même s'il faut saluer la maîtrise incontestable de Souvenirs à vendre (l'adaptation - Total Recall - m'a semblé en comparaison plutôt fade). Cela m'a par contre confirmé que, pour toutes les fois où le film ne semble pas à la hauteur du livre, ici, Spielberg a réussi à transformer un récit finalement assez banal (hormis le concept même du Précrime, fascinant il faut l'admettre) en un objet cinématographique cohérent, aux multiples rebondissements. (Il faut sans doute saluer ici le travail des scénaristes, Scott Frank et Jon Cohen.)

5 commentaires:

Montréalistement a dit…

tu es donc prête pour Jose Carlos Somoza où art actuel et anticipation sont brillamment mixés. Notamment dans Clara et la pénombre...

Lucie a dit…

Un titre inspirant, je dois l'admettre.

Kikine a dit…

ravie que tu aies apprécié ta lecture :)

Kikine a dit…

... mais je vais me contenter du film :)

Lucie a dit…

Tu as tout à fait raison! ;)