Affichage des articles dont le libellé est BD. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est BD. Afficher tous les articles

vendredi 26 février 2016

Fusion réussie entre BD, théâtre et histoire dans Louis Riel

J’aime les propositions hybrides, qui font le pont entre les arts. On ne sait pas toujours dans quoi on se lance, mais quand la fusion entre les genres fonctionne, impossible d’y résister! C’est le cas de la bande dessinée théâtrale Louis Riel de Rustwerk Refinery mise en scène par Zach Fraser, inspirée du roman graphique Louis Riel : A Comic-Strip Biography, qui transforme le tout en objet théâtral cohérent, des dessins devenant des marionnettes traitées en un faux 2-D, mais dont les deux côtés sont utilisés, facilitant une impression de mouvement.

Il n’est pas tant question ici d’illusion (même si les interprètes sont vêtus de noir pour éviter toute distraction inutile), mais d’une autre façon de traiter tant les éléments visuels que l’information historique contenue dans la BD originale.

Les éléments plus didactiques sont traités avec finesse, humour (plusieurs scènes sont particulièrement savoureuses), sans que la véracité historique n’en souffre. Il serait tentant de classer cette production dans la catégorie « pédagogique » (et on souhaite une belle carrière au spectacle qui doit absolument tourner dans les écoles secondaires), mais elle va bien au-delà de la simple transmission d’informations, si intéressantes soient-elles. De façon ludique, on en apprend plus sur une page d’histoire que plusieurs ont sans doute occultée (s’ils l’ont même étudiée), mais on peut aussi appréhender l’objet théâtral de façon indépendante, celui-ci possédant de qualités indéniables.

Soulignons en terminant la fluidité avec lesquelles les artisans de la production passent du français à l’anglais (le sujet s’y prêtait tout particulièrement) et la très belle trame musicale de Tristan Capoccione, toujours subtilement traitée.


Présenté à La Chapelle jusqu’au 5 mars

lundi 24 août 2015

Glenn Gould - Une vie à contretemps

Certains artistes continuent de hanter les mémoires bien après leur mort; Glenn Gould est assurément de ceux-là. Que l'on préfère la première ou la deuxième version de ses mythiques Variations Goldberg ou que ses tempi parfois rocambolesques vous laissent perplexes importe peu au final: on ne peut s'empêcher d'être fasciné par ce personnage bien plus grand que nature, ses manies, ses lubies, sa volonté d'établir un lien direct avec l'auditeur (qui aurait pu dans un monde idéal calibrer la moindre intention d'interprétation - on n'y est toujours pas, plus de 30 ans après la mort de Gould).

Sandrine Revel propose un très bel album, tout en demi-teintes, qui nous permet de plonger dans la vie de l'artiste, non pas de façon chronologique, mais en laissant les images et les événements venir à nous par vagues, un peu comme si nous devenions Gould et nous rappelions dans un demi-délire certains moments-clés de note vie.

Au début, on peut être déstabilisé par ce choix, puis on se plie volontiers au rythme, sans nécessairement espérer en apprendre plus sur le pianiste, compositeur et réalisateur canadien (de nombreuses biographies fouillées l'ont fait avant), mais pour le sentir autrement, de façon presque intuitive, épidermique même (les planches où l'on voit ses mains s'activer demeurent les plus envoûtantes), comme si nous étions dans un monde aux contours oniriques, que la musique nous traversait car, à travers ces pages, impossible de ne pas entendre Gould, de ne pas souhaiter revenir à ses enregistrements, particulièrement de Bach, mais aussi son audacieuse Solitude Trilogy, dans laquelle il nous offre un contrepoint d'un tout autre genre.

lundi 27 juillet 2015

Sept d'un coup

Ah, le bonheur des weekends sans rendez-vous, quand le soleil est de la partie... Certains fuient le brouhaha de la ville. J'ai plutôt choisi de voler du temps au temps, bien installée dans mon jardin, malgré les rénovations d'un voisin. Le décompte: trois BD, trois pièces de théâtre et un roman, dernier achat impulsif effectué à ma librairie indépendante préférée il y a deux semaines.

Côté BD, trois styles tout à fait différents. My Depression d'Elizabeth Swados (auteure encensée sur Broadway) n'est en rien sombre et glauque, malgré ses dessins en noir et blanc. L'auteure revient sur une de ses chutes, avec tendresse, humour, de façon rassembleuse. On sourit souvent et on retient certaines choses pour mieux soutenir un ami la prochaine fois.
Belle découverte que celle de Minimax, charmant personnage de François Donatien, musicienne dans un groupe punk-rock le soir, à la maîtrise le jour, fan de vinyles. On s'attache en quelques secondes à l'échevelée aux grosses lunettes carrées et apprécie le trait de crayon alerte.
Autre palette entièrement pour Love in Vain, qui se veut une biographie en noir et très peu de blanc de la vie du bluesman Robert Johnson. On se perd dans la contemplation des dessins (presque des eaux-fortes), en apprend plus sur la vie du musicien, referme le livre avec l'envie de l'écouter (surtout qu'un songbook a été intégré à la fin, avec traductions mêmes pour les moins fluides dans la langue de Shakespeare). Un très bel album!

Si j'ai négligé depuis quelques semaines les salles de théâtre, cela ne m'a pas coupé l'envie d'en lire: trois voix qui ont fait leur preuve, dans des registres très différents. Je n'aurais jamais pensé à Michel Marc Bouchard comme à un auteur léger. Les papillons de nuit relève assurément du théâtre d'été, avec multiplication des quiproquos et portes qui claquent (ou presque, la mère ayant décidé de cirer le plancher du chalet loué, ce qui force tout le monde à rester dehors, de la fille policière aux frères échappés de prison et à l'entomologiste homosexuel). Cul sec de François Archambault se veut un portrait sans concession d'une certaine jeunesse désabusée, à travers l'histoire de trois amis dans la mi-vingtaine partis pour une moyenne soirée de brosse. Finiront-ils par se réveiller avant qu'il ne soit trop tard? L'alcool coule aussi à flots dans Oublier de Marie Laberge, une de ses pièces les plus montées. Quatre sœurs, la maison familiale: un huis-clos étouffant (l'ombre de la mère atteinte d'Alzheimer plane sur toute la pièce), comme on le voit souvent au théâtre, mais rendu avec beaucoup d'habilité. De quoi regretter Marie Laberge la dramaturge...

Je me suis finalement plongée dans L'amour est une île de Claudie Gallay qui se passe au Festival d'Avignon, cet été fatidique ou les grèves d'intermittents avaient paralysé l'événement. On y suit Odon, propriétaire d'un petit théâtre, qui n'a jamais réussi à oublier Mathilde, devenue vedette de la scène, les comédiens de sa troupe, l'attachante Isabelle qui a vu passer tous les grands chez elle, sans oublier Marie, la sœur de cet auteur mort quelques jours après avoir envoyé son manuscrit, dont on monte enfin une pièce. Là aussi, on étouffe, autant sous la chaleur que sous le poids des secrets, l'écheveau se dénouant habilement jusqu'au punch final.




mercredi 22 juillet 2015

Journal de Julie Delporte

Ma bibliothèque offre depuis quelque temps un espace BD distinct à l'étage des nouveautés, une bien belle idée pour découvrir des romans graphiques notamment. Julie Delporte offre avec ce Journal (disponible en version anglaise chez Koyama Press, en français chez L'agrume) un objet étonnant, d'apparence bricolée (on voit même certaines des marques d'autoadhésif utilisé), dépouillée (quelques mots tout au plus par page), pourtant d'une grande puissance.

La narratrice se sert de ce journal graphique, réalisé au crayon de couleur (ce qui donne une fausse apparence de dessin enfantin, alors que le geste est assurément maîtrisé), pour mettre derrière elle une relation amoureuse. Au fil des pages, elle mentionnera de moins en moins souvent V, les entrées seront plus espacées, signes d'une convalescence assumée si évidemment pas toujours aisée, qui mènera notamment l'auteure de Montréal au Vermont, alors qu'elle complète une résidence d'écriture.

On a lu des centaines de déclinaisons d'histoires de rupture, bien sûr. Pourtant, celle-là, par sa forme même, sort des sentiers battus, nous permet d'apprivoiser autrement le propos, de comprendre aussi combien une expérience malheureuse peut servir de levier à un projet créateur cohérent, le personnel ici devenant universel, le je de l'auteure se démultipliant en un essentiel nous.

samedi 27 décembre 2014

Colis 22

Ils sont coursiers à vélo et gravitent autour de la base, sont surnommés Pluton, Mercure, Neptune... Il leur arrive des histoires rocambolesques: accident hypothéquant le vélo, conversations plus ou moins ésotériques avec le réparateur, mais surtout leur univers frappe de plein fouet celui d'une étrange secte, dont le maître a les pensées fort troublées, il faut l'admettre.

Colis 22 se joue sur deux plans et c'est peut-être pour cela que ce nouvel album de Marsi séduit autant. D'une part, il y a la ville de Québec qui se dévoile, ses rues, son Château, ses boutiques, ses viaducs, un peu comme le fait dans un autre registre Jacques Poulin. De l'autre, il y a le mystère qui entoure la livraison du mystérieux Colis 22, dont le contenu et le destinataire restent certes des plus intrigants.

Le dessin est méticuleux et démontre l'attention presque maniaque prêtée aux détails. Les amateurs d'Hitchcock apprécieront sans nul doute les quelques clins d’œil, ceux qui préfèrent les tableaux de société ne seront pas en reste. Si le suspense joue un rôle essentiel, on se rend compte qu'au fond, ce qui séduit le plus dans cette bande dessinée est plutôt sa galerie de personnages en apparence atypiques, assurément sympathiques.
Une agréable façon de voler quelques instants à la frénésie des fêtes...

mercredi 17 septembre 2014

Albert Théière

Certains personnages nous laissent indifférents, d’autres nous séduisent en quelques secondes; Albert Théière, le héros de la première bande dessinée éponyme de Matthieu Goyer, est assurément de ceux-là. Albert a mené jusqu’ici une vie en apparence sans remous, adoptant une routine métro-boulot-dodo semblable à celles de milliers d’autres, mais un jour, lors d’un rendez-vous chez l’optométriste, il doit accepter l’évidence. « Comment vous dire? Il semblerait que votre nez soit posé à l’envers. » Douloureusement touché par cette annonce, Albert se convainc que son appendice nasal inusité – qui l’empêche de porter des lunettes qui amélioreraient sans aucun doute sa vision du monde qui l’entoure – est sans nul doute responsable de la médiocrité de sa vie et de sa terrible timidité envers la gente féminine. Albert se cloître donc chez lui pendant trois semaines, en compagnie de son chat Boulette et de multiples boîtes de soupe (mais sans ouvre-boîte!), le temps de pouvoir se faire pousser une moustache digne de son idole Hercule Poirot, qui attirerait assurément autrement l’attention sur lui.

Volontiers minimaliste, ce premier album de Matthieu Goyer laisse toute la place au lecteur, qui se glisse aisément dans les cases en noir et blanc, avec une forte impression d’épier les moindres gestes de cet attachant antihéros, dont la route croisera notamment celle d’un jeune homme à la chevelure pour le moins inusitée et qui l’aidera à comprendre qu’il n’est pas le seul à disposer d’un physique atypique.

Nous avons tous eu maille à partir avec le regard que les autres posent sur nous – ou que nous croyons posé sur nous – et c’est sans doute pourquoi ce conte charmant saura plaire aussi bien aux jeunes qu’aux moins jeunes. Si les premiers aimeront suivre Albert pas à pas dans son périple, leurs aînés se délecteront des multiples clins d’œil disposés çà et là par l’auteur et refermeront le livre le sourire aux lèvres, avec une envie folle de le relire ou de l’offrir.



Albert Théière, de Matthieu Goyer from Les éditions de Ta Mère on Vimeo.

vendredi 23 mai 2014

C'est pas facile d'être une fille

Mécanique générale nous offre ce printemps deux albums qui combleront l’amateur de bande dessinée. Si Cumulus de Guillaume Perreault se lit comme une fable, C’est pas facile d’être une fille, Bach (Estelle Bachelard) sait quant à lui trouver le ton juste pour tracer un portrait aussi peu complaisant que possible de la jeune femme d’aujourd’hui.
Si la couverture rose nous laisse croire à un énième détournement de la chicklit, on se rend compte en quelques planches qu’il n’en est rien. L’auteure possède un très beau coup de crayon, mais surtout un sens très aiguisé de l’observation.

Estelle nous ressemble indéniablement, que l’on veuille l’admettre ou non. Qu’elle ne sache pas quelles paires de chaussures apporter en vacances, qu’elle passe des heures à se préparer avant une sortie (Charles, son copain, est bien sûr alors endormi depuis belle lurette), qu’elle envie l’élégance des Parisiennes lors d’un voyage au point de négliger la découverte de la ville pour écumer les boutiques ou qu’elle fasse signer sa mijoteuse par Ricardo au Salon du livre, on rit un peu d’elle, mais surtout beaucoup de nous.

Si on peut d’abord être tentée de qualifier Estelle de « superficielle » (elle fait par exemple une montagne d’une simple coupe de cheveux), ses réflexions nous démontrent qu’elle est aussi capable d’un recul salutaire, ce qui permettra à ces messieurs qui oseront feuilleter l’album de ne pas se sentir largués, mieux de se sentir soutenus dans cette difficile recherche de la complicité avec cette étrange chose qu’est devenue la femme moderne.

vendredi 9 mai 2014

Le nombril du monstre: accouchement naturel

Le Festival du jamais lu donne souvent l’impression de faire partie d’une réunion familiale tant l’atmosphère s’y veut conviviale. C’était particulièrement évident hier soir, lors de la lecture de la bande dessinée théâtrale autobiographique Le nombril du monstre, qui ose aborder un sujet boudé par nombre d’auteurs: la volonté assumée de paternité.
Des essais multiples des deux tourtereaux pour concevoir au désopilant épilogue dans laquelle Simone, neuf ans, souhaite convaincre son père de lui permettre d’assister à la représentation (on aurait d’ailleurs aimé savoir si elle avait vraiment gagné là-dessus), on passe par une large palette d’émotions, du fou rire aux larmes (la naissance elle-même, narrée uniquement en images qui se colorent au fur et à mesure sur fond de musique de Sigur Rós reste un moment puissant, comme les funérailles du grand-père Roger), avec le naturel de la vie qui bat, qui se bat.
Comme tous les futurs parents, Félix (Beaulieu-Duchesneau lui-même) a des doutes. Incapable de se confier à ses proches ou à sa famille, il le fait à son calepin d’esquisses (les planches sont projetées sur l’écran) et à la statue de Félix Leclerc, en l’honneur de qui il a été prénommé.
Le Jamais lu se termine ce soir (déjà!) par une Fête sauvage. J'y serai... Et vous?

dimanche 3 novembre 2013

Ludwig

Une BD symphonique autour de l'un des compositeurs les plus mythiques... que voilà une offrande originale et combien magistralement réalisée. En janvier dernier, je m'entretenais avec Christian Quesnel, l'auteur et illustrateur, lors d'un vernissage mettant notamment en lumière quelques-unes des planches qui constitueraient l'album publié ces jours-ci par Art Gloobal et Neige-galerie. J'avais été frappée par la fougue avec laquelle il me parlait de cet amour qu'il portait - qu'il semble avoir porté de tout temps ou presque - à Beethoven, de la façon dont son récit s'articulerait de façon musicale, que les images répondraient à la partition, que celle-ci deviendrait au fond souffle narrateur.

Sur le coup, l'explication m'avait laissée perplexe. Comment un lecteur pourrait-il comprendre instinctivement le rythme que l'auteur avait souhaité insuffler à son album? Quand saurait-on qu'il fallait  tourner la page? Comment pouvait-on garder un lecteur captif d'une musique? La réponse est de fait beaucoup plus simple que je n'aurais pu l'imaginer: tout simplement grâce à des minutages inscrits en bas de page, qui nous servent d'indicateurs!

Bien sûr, le lecteur a le loisir de feuilleter la bande dessinée à son rythme, de se perdre dans une analyse concertée de chaque page, peut même lire l'album sans son support musical. Il peut aussi se faire son propre parcours, en laissant la musique lui inspirer sa prochaine tourne de page, lors de l'entrée du piano, lors du traitement orchestral en demi-teintes. L'extrait choisi, le premier mouvement du Concerto no 5 de Beethoven, « Empereur », interprété par l'Orchestre symphonique de Gatineau et la pianiste Marie-Charline Foccroulle, sous la direction d'Yves Léveillé, se prête admirablement au propos, avec sa multiplicité de textures, sa force dynamique, ses instants de poésie suspendue (propice à des dessins plus atmosphériques), la façon dont le tout relève plus de la symphonie avec piano (comme les concertos de Brahms) que du combat entre soliste et masse orchestrale.

L'esthétique du dessin de Quesnel se veut volontairement steampunk et son Beethoven n'est nullement un être désincarné, que l'on ne peut extraire de son époque, qui perdrait pied dans le 21e siècle.  Après tout, la musique du maître de Bonn reste aussi pertinente aujourd'hui que lors de sa création. Révolutionnaire alors, elle n'en est pas pour autant devenue banale aujourd'hui. Rares sont les compositeurs qui ont su ériger un édifice entier sur un simple accord comme sait le faire Beethoven. En même temps, ceux qui connaissent la vie du Grand Sourd retrouveront certains moments-clé: le dialogue Goethe-Beethoven lors du passage du roi (Goethe se courbant, mais Beethoven, trop fier, refusant de plier l'échine), l'enfance plus ou moins heureuse du compositeur, la présence de l'Immortelle bien-aimée (les musicologues et exégètes continuent de proposer l'une ou l'autre théorie pour éclaircir le mystère)... On y croise même Mozart en rock star (clin d’œil à Rock me Amadeus), le propos s'articulant plutôt de façon intemporelle qu'anachronique.

Le livre demeure un objet d'une grande beauté, entre la BD et le livre d'art, à la couverture rigide, que l'on voudrait peut-être laisser traîner sur la table en café, mais auquel on voudra revenir encore et encore, que l'on souhaitera mettre entre toutes les mains. Les textes, minimaux, histoire de laisser parler les œuvres d'art de Quesnel (difficile ici d'y référer seulement en termes de « planches ») sont également proposés en annexe en anglais et en allemand, ce qui permettra au livre de voyager plus facilement.


En attendant, ceux qui habitent Ottawa ou Gatineau pourront vivre l'expérience de Ludwig en concert samedi soir le 9 novembre à la Maison de la culture de Gatineau, lors d'un concert multimédia qui comprend l'interprétation du Cinquième Concerto (dans son intégralité) par Marie-Charline Foccroule et projection d'une série de 120 œuvres inédites intitulées La lettre à l’immortelle Bien-aimée, ainsi que la création d'une symphonie du compositeur Sébastien Tremblay, évocation de ce qu'aurait pu être la Dixième Symphonie de Beethoven. Plus de renseignements ici...

Une entrevue de Christian Quesnel à l'émission Catherine et Laurent peut être écoutée ici...


vendredi 8 mars 2013

Le point B

Je m'en voudrais de ne pas revenir sur Le point B, ce charmant album de BD de Zviane, qui avait remporté en 2006 le prix au Premier concours québécois de bande dessinée. Émile est compositeur, aux études à l'Université de Montréal. Il se questionne sur son esthétique, sur l'avenir de la profession, sur la pertinence de s'exprimer en musique « contemporaine » à une époque où plus personne ne semble y comprend quoi que ce soit. Dans un atelier de composition, il rencontre Blanche, pianiste, son interprète, qui deviendra sa muse, sa complice.

Le trait de crayon de Zviane (qui fait depuis une très belle carrière) se révélait déjà très habile, mais j'ai surtout été charmée par la façon dont elle articule cette histoire d'amour possible (qui ressemble sans doute un peu à celle qu'elle vit depuis avec son amoureux compositeur) de façon musicale, en mouvements qui peuvent vivre de façon indépendante, néanmoins liés, auxquels elle greffe prologue et épilogue et courtes partitions (pour piano seul, pour piano quatre-mains) à la fin de chaque chapitre.

En partage, deux planches qui évoquent à merveille les eaux troubles dans lesquelles doivent patauger les jeunes compositeurs (et sans doute leurs aînés également) qui ne doivent surtout pas céder à l'appel de l'accord consonant, franchement rétrograde. Mieux vaut en rire...