La musique et l’écriture ont été de tout temps les deux pôles de la vie créatrice de l'auteure. Ce site se veut donc un hommage à la musique (particulièrement classique) et à la littérature, mais aussi au théâtre et aux autres manifestations artistiques.
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jeudi 2 juin 2016
mardi 31 mai 2016
Let's Not Beat Each Other to Death
Entre mémorial, plaidoyer, réflexion, tant personnelle que collective, Let’s Not Beat Each Other to Death
se révèle un curieux objet que l’on aborde d’abord par les sens, de
façon presque organique. On est d’abord intrigué par la proposition
visuelle, puis musicale, avant de céder à cette proposition théâtrale.
Ma critique sur le site de JEU...
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lundi 30 mai 2016
Judson Church is Ringing in Harlem (Made-to-Measure): L’émotion avant tout
Trajal Harrell misait sur l’extravagance avec son Antigone Sr, présentée au FTA il y a deux ans. Cette fois, l’expérience est autre avec M2M, Made to Measure, une commande du prestigieux MoMA de New York soulignant le 40e anniversaire des premières performances de la Judson Christ.
Avec ses complices Thibault Lac et Ondrej Vidlar (toujours aussi magnétiques), Harrell joue cette fois la carte de l’intimité, la salle de répétition du Monument-National se trouvant dépouillée à son maximum.
Lire ma critique de Jeu...
Avec ses complices Thibault Lac et Ondrej Vidlar (toujours aussi magnétiques), Harrell joue cette fois la carte de l’intimité, la salle de répétition du Monument-National se trouvant dépouillée à son maximum.
Lire ma critique de Jeu...
samedi 28 mai 2016
The Black Piece: la face sombre de la force
Comment travailler sur le noir, réussir à l’intégrer au mouvement? En
apprivoisant d’abord la peur par le son, en s’en moquant franchement
même.
Frottement de souliers, bruissement des vêtements, matriochkas qui s’emboîtent les unes dans les autres; autant d’oscillations à peine perceptibles qui finissent par prendre leur place, relever de l’évidence.
Lisez ma critique sur le site de JEU...
Frottement de souliers, bruissement des vêtements, matriochkas qui s’emboîtent les unes dans les autres; autant d’oscillations à peine perceptibles qui finissent par prendre leur place, relever de l’évidence.
Lisez ma critique sur le site de JEU...
vendredi 18 mars 2016
FIFA musique
Le combat des chefs: dimanche 20 mars, 14 h
Deux monstres sacrés, deux esthétiques fort différentes, presque diamétralement opposées. L'un mise avant tout sur le contact avec le public et la pédagogie (pas moins de 10 millions de spectateurs suivaient avec passion les émissions jeunesse de Bernstein), l'autre la diffusion par voie audio ou cinématographique (jusqu'à la toute fin, Karajan relira ces films musicaux, se taillant le plus souvent la part du lion). L'un avait été affilié au parti Nazi (moins par conviction que par volonté de disposer d'un orchestre), l'autre allait mettre sur pied l'Orchestre symphonique d'Israël. Karajan privilégiait un regard presque sacré sur la musique, Bernstein l'expression. L'un se veut démagogue, l'autre démiurge et pourtant, ils se retrouvent, se complètent plutôt, quand ils se frottent à Mahler.
Du début à la fin, le documentaire mise sur les oppositions entre les deux chefs, Seiji Ozawa (qui a étudié avec Bernstein avant d'être associé à Karajan) servant de pont entre les deux, offrant certaines clés pour comprendre les forces si particulières des deux géants. « J'aime la musique et les gens, conclut Bernstein. Entre les deux, je ne sais pas ce que je préfère. » La grande différence, au fond, est là.
Le paradis perdu - Arvo Pärt: : samedi 19 mars, 19 h 30 et dimanche 20 mars, midi. On propose aussi un film autour d'Adam's Passion dimanche à midi.
Pärt reste l'un des rares compositeurs contemporains à faire l'unanimité ou presque, particulièrement au niveau du public. Langage minimaliste, souvent mystique, en séduisent en effet beaucoup dans cette ère de je-me-moi ou de dépersonnalisation.
Günter Atteln propose un portrait nuancé du compositeur, mais aussi de la production scénique qu'a tiré Robert Wilson d'Adam's Passion du compositeur estonien. Comme souvent, Wilson a fait fort avec ce portrait mettant au premier plan le sacré - et non la religion. En effet, pour lui, le religieux (tout comme le politique) n'a pas sa place sur scène. On y entendra également des extraits de Tabula rasa et Spiegel im Spiegel, ainsi que de son Credo.
Je vous recommande aussi, lors d'une présentation dans un autre cadre, le très inspirant L'art fait du bien 2 - Cirque et théâtre, qui traite de théâtre et de cirque social, ainsi que Soundhunters, une série de portraits de spécialistes en musique concrète. Fascinant.
jeudi 17 mars 2016
Un homme de danse
Si nous privilégions une certaine mémoire de la chanson populaire, on ne peut malheureusement pas en dire autant de la danse, classique on contemporaine. Pourtant, au Québec, nous avons eu des danseurs exceptionnels, devenus dans plusieurs cas mémoires vivantes.
C'est le cas de Vincent Warren. Si vous avez 50 ans et plus, il est fort à parier que vous l'avez vu danser, sur scène en qualité de premier danseur des Ballets canadiens ou à la télévision (à cette époque bénie quand pièces de théâtre, concerts et ballets étaient proposées sur la chaîne d'état toutes les semaines). Certains se rappelleront aussi peut-être de sa performance envoûtante dans le Pas de deux de Norman McLaren.
Le film de Marie Brodeur adopte une narration chronologique, nous offrant des photos des premières leçons de ballet du cadet d'une imposante famille, puis de sa période au Metropolitan Opera, où il croise notamment Stravinski. Cela aurait pu être intéressant, mais sans plus, mais sans compter sur l'indéniable charisme indéniable de Warren, qu'il se produise sur scène ou qu'il se raconte.
Polyvalent, il dansera, tout aussi bien dans les ballets qu'avec des compagnies de danse contemporaine (il était l'un des rares aussi polyvalents), en faisant un chouchou des chorégraphes. À 40 ans, il choisit la retraite en 1979 avec le ballet Adieu Robert Schumann de Brian Macdonald (que le chorégraphe refuse de voir dansé par d'autres), qui mettait également en vedette la grande contralto Maureen Forrester (quelle soirée!). L'histoire pourrait s'arrêter là, mais sans compter sur le dynamisme de Warren qui se plongera dans l'enseignement, mais aussi l'élaboration d'une importante bibliothèque de danse (la plus impressionnante au Canada).
Un être fascinant que l'on voudrait avoir comme voisin, comme ami.
Dimanche 20 mars 17 h, Musée des beaux-arts
C'est le cas de Vincent Warren. Si vous avez 50 ans et plus, il est fort à parier que vous l'avez vu danser, sur scène en qualité de premier danseur des Ballets canadiens ou à la télévision (à cette époque bénie quand pièces de théâtre, concerts et ballets étaient proposées sur la chaîne d'état toutes les semaines). Certains se rappelleront aussi peut-être de sa performance envoûtante dans le Pas de deux de Norman McLaren.
Le film de Marie Brodeur adopte une narration chronologique, nous offrant des photos des premières leçons de ballet du cadet d'une imposante famille, puis de sa période au Metropolitan Opera, où il croise notamment Stravinski. Cela aurait pu être intéressant, mais sans plus, mais sans compter sur l'indéniable charisme indéniable de Warren, qu'il se produise sur scène ou qu'il se raconte.
Polyvalent, il dansera, tout aussi bien dans les ballets qu'avec des compagnies de danse contemporaine (il était l'un des rares aussi polyvalents), en faisant un chouchou des chorégraphes. À 40 ans, il choisit la retraite en 1979 avec le ballet Adieu Robert Schumann de Brian Macdonald (que le chorégraphe refuse de voir dansé par d'autres), qui mettait également en vedette la grande contralto Maureen Forrester (quelle soirée!). L'histoire pourrait s'arrêter là, mais sans compter sur le dynamisme de Warren qui se plongera dans l'enseignement, mais aussi l'élaboration d'une importante bibliothèque de danse (la plus impressionnante au Canada).
Un être fascinant que l'on voudrait avoir comme voisin, comme ami.
Dimanche 20 mars 17 h, Musée des beaux-arts
mercredi 16 mars 2016
Jeff Koons et Frank Gehry
Gehry et Koons sont deux personnages assurément fascinants. On reconnait d'un seul coup d’œil les formes courbes des édifices du premier (l'architecte a frappé un nouveau grand coup avec le travail qu'il a récemment effectué sur l'édifice de la Fondation Vuitton) et du regard si particulier que le second porte sur le monde de l'enfance (ses chiens en faux ballons de baudruche soufflés ou encore son Popeye). Les deux ont suscité (ou continuent de susciter) les passions. On aime - voire on adore, à en juger par exemple par les files lors de l'expo Koons à Paris - ou on déteste. Gerhy est « le Kim Kardashian de l'architecture » n'hésite pas à affirmer une de ses collègues qui affirme, le sourire en coin, que tout n'est qu'une question de marketing - on pourrait facilement apposer une telle affirmation au travail de Koons!
Si Gehry a ses détracteurs, il séduit un très grand nombre. Impossible de ne pas se sentir presque bouleversé par son travail au Guggenheim de Bilbao (dont les façades deviennent dorées par mauvais temps), de céder aux courbes du Walt Disney Hall ou de sourire devant la maison dansante de Prague. Dans le documentaire présenté au FIFA, on s'attarde plutôt à la construction de l'édifice de l'UFS de Sidney. Un regard fascinant sur les défis liés à la construction de cet édifice qui semble tenir par magie. Soutenu par une équipe d'experts, Gehry continue de créer à 1987 ans.
À 61 ans, Koons prétend disposer d'encore une trentaine d'années au niveau de la création. Le regard qu'il porte sur le monde renvoie de façon presque subversive le spectateur à lui-même, à son enfance aussi bien qu'à sa mortalité, étrange exercice de séduction qui laisse toujours le spectateur avec une curieuse impression de réconfort et de malaise. En cette ère d'égoportraits, il ne faut sans doute pas se surprendre de sa popularité.
Getting Frank Gehry from Kingdom_of_Ludd on Vimeo<
Jeff Koons, Diary of a Seducer: 18 mars midi 30, 19 mars 19 h 30 Getting Fred Gehry: 19 mars 19 h 30
Si Gehry a ses détracteurs, il séduit un très grand nombre. Impossible de ne pas se sentir presque bouleversé par son travail au Guggenheim de Bilbao (dont les façades deviennent dorées par mauvais temps), de céder aux courbes du Walt Disney Hall ou de sourire devant la maison dansante de Prague. Dans le documentaire présenté au FIFA, on s'attarde plutôt à la construction de l'édifice de l'UFS de Sidney. Un regard fascinant sur les défis liés à la construction de cet édifice qui semble tenir par magie. Soutenu par une équipe d'experts, Gehry continue de créer à 1987 ans.
À 61 ans, Koons prétend disposer d'encore une trentaine d'années au niveau de la création. Le regard qu'il porte sur le monde renvoie de façon presque subversive le spectateur à lui-même, à son enfance aussi bien qu'à sa mortalité, étrange exercice de séduction qui laisse toujours le spectateur avec une curieuse impression de réconfort et de malaise. En cette ère d'égoportraits, il ne faut sans doute pas se surprendre de sa popularité.
Getting Frank Gehry from Kingdom_of_Ludd on Vimeo<
Jeff Koons, Diary of a Seducer: 18 mars midi 30, 19 mars 19 h 30 Getting Fred Gehry: 19 mars 19 h 30
mardi 15 mars 2016
Roland Barthes (1915-1980), le théâtre du langage
« Je vis toujours dans la peur de ce que j'écris. » (Roland Barthes)
Certains auteurs ne perdent rien de leur pertinence. C'est certes le cas du grand Roland Barthes, décédé en 1980 des suites d'un accident de voiture. Le film du Français Thierry Thomas nous rappelle les grandes lignes de sa vie (et ses œuvres majeures) aussi bien à travers une narration plus traditionnelle que des vidéos d'époque, dans lesquelles Barthes parle de sémiologie, de littérature, de ses livres phares, mais aussi de l'amour qu'il voue à la peinture et au piano (un coin de son appartement parisien était dédié à chacune de ces disciplines, les pièces à vivre, telles la cuisine et sa chambre, étant relégués à l'étage inférieur, Barthes allant même jusqu'à dupliquer cette façon de faire dans sa maison de campagne). Comme les signes qu'il a si bien su décrypter, chaque zone a sa fonction.
La clarté de sa pensée reste d'une troublante pertinence et par moments, on aimerait bien pouvoir disposer d'une machine à voyager dans le temps pour suivre ses cours passionnants donnés au Collège de France. (Certains de ces cours sont disponibles sur Internet pour ceux qui souhaiteraient prolonger l'expérience.)
« On écrit pour un motif de jouissance, mais cela ne veut pas dire qu'on ne rencontre pas les autres. »
Vous pouvez encore vous glisser en salle pour voir ce film le vendredi 18 à 19 h 30 (Grande Bibliothèque).
Certains auteurs ne perdent rien de leur pertinence. C'est certes le cas du grand Roland Barthes, décédé en 1980 des suites d'un accident de voiture. Le film du Français Thierry Thomas nous rappelle les grandes lignes de sa vie (et ses œuvres majeures) aussi bien à travers une narration plus traditionnelle que des vidéos d'époque, dans lesquelles Barthes parle de sémiologie, de littérature, de ses livres phares, mais aussi de l'amour qu'il voue à la peinture et au piano (un coin de son appartement parisien était dédié à chacune de ces disciplines, les pièces à vivre, telles la cuisine et sa chambre, étant relégués à l'étage inférieur, Barthes allant même jusqu'à dupliquer cette façon de faire dans sa maison de campagne). Comme les signes qu'il a si bien su décrypter, chaque zone a sa fonction.
La clarté de sa pensée reste d'une troublante pertinence et par moments, on aimerait bien pouvoir disposer d'une machine à voyager dans le temps pour suivre ses cours passionnants donnés au Collège de France. (Certains de ces cours sont disponibles sur Internet pour ceux qui souhaiteraient prolonger l'expérience.)
« On écrit pour un motif de jouissance, mais cela ne veut pas dire qu'on ne rencontre pas les autres. »
Vous pouvez encore vous glisser en salle pour voir ce film le vendredi 18 à 19 h 30 (Grande Bibliothèque).
samedi 12 mars 2016
Mes choix au FIFA
C'est le temps du Festival international des films sur l'art! Il vous reste encore toute une semaine pour en profiter. Je vous reparlerai de certains des films que je verrai. Parmi ceux-ci:
Théâtre: Nous autres, les autres
L'art fait du bien 2 – cirque et théâtre
Architecture: Getting Frank Gehry
Arts visuels: Jeff Koons: Diary of a Seducer
Littérature: Roland Barthes (1915-1980), le théâtre du langage
Dansa: Un homme de danse
Musique: Le paradis perdu – Arvo Pärt | Robert Wilson
Le combat des chefs – Karajan/Bernstein
Soundhunters, A musical expedition | Soundhunters, Une expédition musicale
Inclassable: Our Gay Wedding: The Musical
Vous pouvez accéder à l'ensemble de la programmation ici...
Théâtre: Nous autres, les autres
L'art fait du bien 2 – cirque et théâtre
Architecture: Getting Frank Gehry
Arts visuels: Jeff Koons: Diary of a Seducer
Littérature: Roland Barthes (1915-1980), le théâtre du langage
Dansa: Un homme de danse
Musique: Le paradis perdu – Arvo Pärt | Robert Wilson
Le combat des chefs – Karajan/Bernstein
Soundhunters, A musical expedition | Soundhunters, Une expédition musicale
Inclassable: Our Gay Wedding: The Musical
Vous pouvez accéder à l'ensemble de la programmation ici...
samedi 11 juillet 2015
Duels
![]() |
| Photo: Lucie Renaud |
![]() |
| Photo: Lucie Renaud |
Mon top 3 (cliquez sur les liens pour mes critiques):
1 - Le pianiste
2 - Beyond
3 - Machine de Cirque
![]() |
| Photo: Lucie Renaud |
vendredi 10 juillet 2015
Quien soy?: gars de la construction
Un cube en bois géant, qui s'évide, se déconstruit, permet d'ériger de nouvelles structures au fur et à mesure. Une contrainte imposée - comme l'était la chaleur extrême dans Warm, présenté il y a quelques jours -, mais un plaisir évident à la transcender. Au fil du spectacle, ces formes deviendront escaliers, tours fragilisées rappelant le jeu de Jenga qui servent de points d'appui, trame sur laquelle projeter des images de gratte-ciels (moment particulièrement magique), boîtes gigognes, tables sur lesquelles jouer aux dés ou tirer au poignet, inspirations pour une série de figures acrobatiques réussies.
Leçon d'architecture certes, mais surtout de poésie, dans laquelle la complicité entre Edward Aleman et de Wilmer Marquez est toujours évidente. Que leurs corps semblent vrillés l'un à l'autre, que les équilibres défient la gravité, que les deux complices bondissent sur un trampoline dissimulé au cœur d'une des structures, on les sent toujours liés, profondément, par leur enfance passée en Colombie, leur perfectionnement en France, à la fois déracinés et profondément ancrés dans un langage commun, développé depuis plusieurs années. Une façon plus intérieure, volontiers méditative, de concevoir le main à main, qui marque assurément les imaginaires.
Jusqu'au 12 juillet au Théâtre Outremont
Leçon d'architecture certes, mais surtout de poésie, dans laquelle la complicité entre Edward Aleman et de Wilmer Marquez est toujours évidente. Que leurs corps semblent vrillés l'un à l'autre, que les équilibres défient la gravité, que les deux complices bondissent sur un trampoline dissimulé au cœur d'une des structures, on les sent toujours liés, profondément, par leur enfance passée en Colombie, leur perfectionnement en France, à la fois déracinés et profondément ancrés dans un langage commun, développé depuis plusieurs années. Une façon plus intérieure, volontiers méditative, de concevoir le main à main, qui marque assurément les imaginaires.
Jusqu'au 12 juillet au Théâtre Outremont
jeudi 9 juillet 2015
Machine de cirque: l'humanité avant tout
Pour lire le reste de ma critique, passez chez Jeu...
mercredi 8 juillet 2015
Entre deux eaux: soirée entre amis
La Barbotte. Trois artistes de cirque. Trois parcours différents, néanmoins complémentaires. Le Suisse Philippe Dreyfuss et le Péruvien Gonzalo Coloma ont étudié à l’École nationale de cirque. Le Québécois Andy Giroux s’est perfectionné à Moscou et avec Cirkus Piloterna en Suède. Trois amis qui avaient toujours rêvé de monter un spectacle ensemble, mais qui faute de temps – chacun s’étant produit dans une trentaine de pays avec des compagnies prestigieuses –, n’avaient pu jusqu’ici voir le projet se concrétiser.
Pour lire le reste de ma critique, passez chez Jeu...
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mardi 7 juillet 2015
Ruelle: vies parallèles
| Photo: Rolline Lapointe |
Cela donne lieu à de très belles images (la folie du déménagement en début de spectacle), les regards échangés entre la chanteuse Marie-Élaine Thibert (qui se révèle à la hauteur, aussi bien vocalement que dans les numéros d'acrobatie) et son voisin victime d'un accident (alter ego du metteur en scène Jeffrey Hall, qui a vu se dessiner ce spectacle alors qu'il était immobilisé après une chute), les amoureux qui se courtisent sur les cordes à linge, les escaliers que deux artistes enveloppent de draps blancs... Impossible d'oublier le numéro de tissu de Nadine Louis, le drap qui l'enveloppe donnant l'impression d'être une chrysalide (on peut ici y lire une métaphore de l'adolescente prenant son envol) ou ceux de sangles d'Ugo Laffolay, force et poésie s'y juxtaposant adroitement.
Souhaitant offrir une proposition entre théâtre physique et cirque, soutenue par une trame sonore essentielle, Jeffrey Hall a peut-être voulu nous en mettre trop plein la vue. Ainsi, quand il superpose trois groupes de fildeféristes à des mouvements au mât chinois, l’œil ne sait plus où se fixer, perd fatalement un mouvement ou l'autre, parfois spectaculaire. Il faudrait revoir le spectacle plus d'une fois pour en extraire toutes les strates. Si le fil narratif, même si lâchement noué, soutient assez bien le propos au départ (apprivoisement des diverses personnalités, dualité entre intérieur et extérieur des appartements, perceptions erronées que l'on peut entretenir par rapport à l'un ou l'autre), on se perd ensuite entre la projection d'extraits de Rear Window des draps suspendus, celle des photos de participants sur les murs de côté et la montée très rapide, presque explosive, vers la violence brute. (Tel qu'indiqué sur le site du festival, le spectacle est pour un public de 15 ans et plus.) Celle-ci se résout un peu trop facilement en une scène de tai chi collective printanière menée par Bailey Eng sur fond des Béatitudes de Martynov. Le spectacle s'épurera vraisemblablement au fil des représentations, rendant le propos plus intelligible et permettant à la beauté de l'objet de se révéler entièrement.
Jusqu'au 9 juillet à l'Usine C
lundi 6 juillet 2015
Le pianiste: alla bravura
J'attendais avec beaucoup d'impatience cette proposition de la compagnie finlandaise Circo Aereo, coup de cœur au Festival Fringe d’Édimbourg l'année dernière en prime. Comment résister en effet à un personnage de pianiste devenu clown maladroit, surtout quand il est transmis avec autant de brio par le Néo-Zélandais Thomas Monckton!
Le pianiste en queue-de-pie ne réussira à sortir des coulisses qu'à travers un minuscule trou dans le rideau de velours, se cognera dans le lustre à quelques reprises avant d'adopter un autre parcours, tombera en bas du piano car la couverture qui le recouvre - très poussiéreuse - est trop glissante, aura besoin d'aide pour remonter sur scène, ira à la chasse aux la - si - do aigus sur ses partitions, le couvercle ayant été brisé quand Monckton l'aura forcé, finira par dégager celui-ci grâce à une des pédales du piano qui sert de levier. Cela fait rire, beaucoup, jeunes comme moins jeunes. La dame à ma gauche s'exclamait avec autant d'enthousiasme que la petite fille tout juste de l'autre côté de l'allée.
Cela serait sans doute suffisant pour passer un agréable moment, mais c'est dans les détails qui s'accumulent que Le pianiste se révèle véritablement brillant. Thomas Monckton et la metteure en scène Sanna Silvennoinen possèdent tous les deux un vocabulaire circassien développé, qui va bien au-delà de la grimace et des mouvements excessifs du corps. Des éléments d'acrobatie, de jonglerie, d'équilibre, de contorsion, de trapèze, de nanodanse, de corde lisse et de mystification sont intégrés au fil des tableaux à la trame narrative - le pianiste finira-t-il enfin par pouvoir jouer un extrait de la Ballade no 1 de Chopin? On trouvera aussi des références au cinéma muet et au western (on ne verra plus jamais les lutrins ornés de la même manière!) et on prend plaisir à voir détournés tous les codes associés en général au concert classique: les rideaux de velours, le lustre de cristal, les souliers vernis, les bas de couleur, le queue de pie (plus flamboyant que d'habitude), la posture rigide du pianiste qui entre en scène, l'égo parfois surdimensionné de ce dernier (savoureux combat avec l'éclairagiste qui refuse de collaborer), la musique de Chopin, les maniérismes...
Tout cela s'enchaîne avec grand naturel (avec quelques retours en arrière qui agissent comme autant de ponctuation), porté par la maestria et le charisme indéniable de Thomas Monckton qui, dès les toutes premières secondes, séduit le public qui devient complice plutôt que simple témoin. Une nouvelle preuve du pouvoir universel de la musique!
À voir au Centaur d'ici au 9 juillet!
Le pianiste en queue-de-pie ne réussira à sortir des coulisses qu'à travers un minuscule trou dans le rideau de velours, se cognera dans le lustre à quelques reprises avant d'adopter un autre parcours, tombera en bas du piano car la couverture qui le recouvre - très poussiéreuse - est trop glissante, aura besoin d'aide pour remonter sur scène, ira à la chasse aux la - si - do aigus sur ses partitions, le couvercle ayant été brisé quand Monckton l'aura forcé, finira par dégager celui-ci grâce à une des pédales du piano qui sert de levier. Cela fait rire, beaucoup, jeunes comme moins jeunes. La dame à ma gauche s'exclamait avec autant d'enthousiasme que la petite fille tout juste de l'autre côté de l'allée.
Cela serait sans doute suffisant pour passer un agréable moment, mais c'est dans les détails qui s'accumulent que Le pianiste se révèle véritablement brillant. Thomas Monckton et la metteure en scène Sanna Silvennoinen possèdent tous les deux un vocabulaire circassien développé, qui va bien au-delà de la grimace et des mouvements excessifs du corps. Des éléments d'acrobatie, de jonglerie, d'équilibre, de contorsion, de trapèze, de nanodanse, de corde lisse et de mystification sont intégrés au fil des tableaux à la trame narrative - le pianiste finira-t-il enfin par pouvoir jouer un extrait de la Ballade no 1 de Chopin? On trouvera aussi des références au cinéma muet et au western (on ne verra plus jamais les lutrins ornés de la même manière!) et on prend plaisir à voir détournés tous les codes associés en général au concert classique: les rideaux de velours, le lustre de cristal, les souliers vernis, les bas de couleur, le queue de pie (plus flamboyant que d'habitude), la posture rigide du pianiste qui entre en scène, l'égo parfois surdimensionné de ce dernier (savoureux combat avec l'éclairagiste qui refuse de collaborer), la musique de Chopin, les maniérismes...
Tout cela s'enchaîne avec grand naturel (avec quelques retours en arrière qui agissent comme autant de ponctuation), porté par la maestria et le charisme indéniable de Thomas Monckton qui, dès les toutes premières secondes, séduit le public qui devient complice plutôt que simple témoin. Une nouvelle preuve du pouvoir universel de la musique!
À voir au Centaur d'ici au 9 juillet!
vendredi 3 juillet 2015
Beyond: y croire
| Photo:Agence QMI |
Beyond n'est toutefois pas une démonstration de force - même si celle des interprètes reste indéniable. On nous invite plutôt à plonger dans un entre-deux, entre réalité et rêve, à retrouver cette part d'enfant enfouie (souvent trop profondément) en nous, l'émerveillement que l'on peut ressentir quand on ouvre un coffre de jouets et que nous avons l'impression que nos peluches sont dotées d'une vie bien à eux.
Que l'on tente de se réveiller d'un cauchemar traumatisant (numéro de chutes calibrées qui se transforme en moment de grande beauté quand l'artiste exécute des figures avec une simple feuille de papier), que l'on soit dans la franche rigolade (délire animal des protagonistes ou jonglerie doublée de contorsion avec balles et raquette de tennis) ou dans la magie pure (sangles aériennes doublées de contorsion ou encore numéro de ruban alors que, dans les premiers instants, l'artiste donne l'impression de grimper à une voile) importe peu ici: le rêve sert assurément de fil conducteur. Détaché de la réalité, on se laisse fasciner par ce qui se passe sur scène, en oublie même de respirer ou d'applaudir, histoire de ne pas briser la concentration de l'interprète parfois (comme dans ce numéro d'équilibre les yeux bandés, les cannes étant disposées à des hauteurs différentes), le plus souvent par peur de briser le sortilège.
| Photo: Agence QMI |
Portés par une musique souvent rétro, qui accentue le côté décalé, voire surannée, de la proposition, les numéros se déploient, non pas par paliers - chaque prouesse déclassant la précédente -, mais avec une grande fluidité. Même quand ils accomplissent des choses en apparence impossibles (du moins, pour le commun des mortels), les interprètes le font avec une telle aisance que nous pouvons nous identifier à eux. Ne souhaitons-nous pas tous laisser notre animal intérieur s'exprimer, porter des têtes d'animaux plutôt que notre masque policé ou nous défaire d'un costume bien trop encombrant comme ce nounours tentant de grimper au sommet du mât chinois? Un instant, fugace, nous aurons l'impression de ne faire qu'un avec eux, de pouvoir faire fi de l'absurdité du quotidien, de
prendre avec eux notre envol.
prendre avec eux notre envol.
Jusqu'au 5 juillet à la TOHU.
samedi 27 juin 2015
Barbu: dans le sens du poil
On ne parle pas ici d'un spectacle au fil narratif subtil - on est à des lieues par exemple d'Opus de Circa! -, mais d'une expérience différente, encore plus convaincante la deuxième fois, hybride entre soirée arrosée entre amis (même si la salle était plutôt tranquille hier) et voyage dans le temps, alors que l’on se pressait à la Foire Sohmer pour voir Louis Cyr, être mystifié par un magicien (même à un mètre de la scène, je n'ai toujours pas vu le truc derrière le numéro de la femme dans la boîte, « découpée » en morceaux) ou faire un tour de montagnes russes (certains tableaux restent spectaculaires). On est là pour s'éclater, oublier la morosité ambiante, l'été qui peine à s'affirmer, rire
sans la moindre culpabilité et aussi retrouver un peu de nos racines à travers la musique néo-trad d’André Gagné et David Simard (interprétée avec leur complice Josiane Laporte) toujours aussi pertinente un an après. L'ensemble se superpose aux vidéos de Frédéric Barrette, orientées sur la nature environnant St-Alphonse-de-Rodriguez dans une première partie plutôt atmosphérique, puis sur le corps humain, ce qui suscitera nombre de fous rires de l’auditoire, particulièrement quand les larrons se déhanchent en maillots de bain, ruban multicolore à la main, ou que Loukas le mentaliste lit dans les pensées pas très pures d'un volontaire dans la salle. Si dans la deuxième partie, ces vidéos deviennent complément de la trame narrative, dans la première, on les ignore la plupart du temps, préférant nous concentrer sur ce qui se passe sur scène.
vendredi 5 juin 2015
Orphée Karaoké: la pièce dont vous serez les héros
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| Photo: Maxime Paré-Fortin |
« I need a hero », chantait Bonnie Tyler il y a quelques décennies (hit qui aurait très bien se retrouver dans la liste de titres d'ailleurs). Où le trouver? Parmi les spectateurs qui auront transmis leurs prières (cinq choix tirés dans un répertoire allant de Je t'aime moi non plus de Gainsbourg à une chanson des Beastie Boys, en passant par la Lambada et Father and Son de Cat Stevens) grâce à leur téléphone intelligent (ou à celui de la copine qui les accompagne, comme cela a été mon cas). Pendant que ceux-ci votent, Orphée le barde (Jean-François Malo) se promène au milieu des porteurs de chapeaux d'anniversaire de carton, visiblement perplexes quant à la suite des événements, mais le sourire aux lèvres.
![]() |
| Photo: Maxime Paré-Fortin |
Je m'en voudrais de révéler les détours narratifs pris ici par Félix-Antoine Boutin qui dispose assurément d'une voix dramaturgique affirmée, le plaisir du jeu pour les spectateurs étant à la base même de la proposition. Oui, certains segments pourraient être légèrement resserrés, certaines redites éliminées, mais cela sera sans doute ajusté lors des prochaines représentations, car je ne pense pas me transformer en oracle en affirmant que, tel le phénix, ce spectacle renaîtra de ses cendres (du moins, on le souhaite).
mercredi 3 juin 2015
Keep in Touch / Gloria: entrer en contact
Si Keep in Touch et Gloria semblent liés par la présence de la musique, difficile de trouver programmes plus disparates ou de les faire entrer en résonance.
Pour lire ma critique, passez chez JEU...
Une chose est certaine: je surveillerai avec attention le parcours de Mykalle Bielinski.
OFFTA 2015 | Gloria from OFFTA on Vimeo.
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Une chose est certaine: je surveillerai avec attention le parcours de Mykalle Bielinski.
OFFTA 2015 | Gloria from OFFTA on Vimeo.
lundi 1 juin 2015
OFFTA: La vérité en magie / Capitalist Duets
Pour lire ma critique, passez chez JEU...
Vous pouvez voir ce doublé ce soir au Studio Hydro-Québec du Monument-National à 22 h ce soir.
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