
La musique et l’écriture ont été de tout temps les deux pôles de la vie créatrice de l'auteure. Ce site se veut donc un hommage à la musique (particulièrement classique) et à la littérature, mais aussi au théâtre et aux autres manifestations artistiques.
mardi 2 octobre 2007
Centenaire de naissance de Frida Kahlo

lundi 1 octobre 2007
Journée internationale de la musique
« Grâce à la musique, on voit plus clair, plus loin qu'avec les yeux.
On dirait que les notes prennent le regard sur leur dos et l'emportent au loin, là
où il a besoin de voir. »
(Éric Orsenna, La révolte des accents)
samedi 29 septembre 2007
Brahms Intermezzo opus 118 no 2
Ma partition de l'intermezzo est l'une des plus annotées que je possède, en deux langues (avec l'italien noté par Brahms, ça fait trois...). Il y a les commentaires de mon professeur de l'époque, Harvey Wedeen (habitant toujours Philadelphie, qui enseignait à la même époque à Marc-André Hamelin), certains jetés d'un geste très large. Tout au haut de la page: « balance » (équilibre) et « tone projects » (le son projette). Il y a aussi les endroits encerclés, peut-être avec un brin d'énervement (« learn » à côté de la fausse note qui refait surface à chaque semaine!). Il y aussi mes annotations, qui permettaient de suivre le fil de la narration de cet intermezzo si particulier: « tendresse », « tristesse », « couleur différente », « intensité », « souvenir », « extase ». De revoir l'écriture de mon professeur m'a plongée quelques instants dans ces années d'apprentissage, où tout est possible. J'ai revu son immense studio, son regard alerte, j'ai entendu sa voix chantante, posée, la délicatesse avec laquelle il posait sa main sur le clavier. Comme quoi, parfois, la musique peut nous plonger dans un tout autre univers...
Cet intermezzo est l'un des plus denses, des plus intimes que Brahms ait composés, un condensé sublime de son écriture. La polyphonie y est particulièrement éblouissante, les phrasés le plus souvent absolument magiques mais il y a surtout une profonde émotion qui surgit à l'interprétation (et à l'écoute). Tous les pianistes que je connais qui jouent (ou ont joué) l'oeuvre y vouent une profonde affection, fait rare qui mérite d'être mentionné. Quand ils en parlent, c'est souvent avec le ton que l'on choisit pour partager un secret, presque avec un vague rougissement, comme s'ils venaient d'être surpris en train d'embrasser passionnément l'être aimé.
Pour moi aussi, il y a une vague sensation de partager un pan d'intimité quand je l'interprète. Même si je me sens moins dénudée que lorsque je joue le Rondo en la mineur de Mozart, il y a quelque chose de si étrangement organique dans l'oeuvre qu'il est très difficile de la transmettre sans s'y laisser engouffrer. J'y entends une histoire d'amour, avec ses deux voix distinctes, parfois franchement unies, parfois presque indépendantes. On l'entend particulièrement clairement selon moi juste avant la section en fa dièse majeur en accords (più lento) et juste après. Les deux voix se chevauchent, sont aussi essentielles à la compréhension du texte, du sous-texte, l'une que l'autre. Quand elles finissent par s'unir, c'en est à la fois déchirant et exaltant. Au passage, Brahms aura teinté l'histoire de mélancolie, les souvenirs du temps passé l'auront envahi, avant qu'il ne décide de plonger vers l'avant, le présent.
En faisant des recherches sur You Tube pour trouver une version qui me convenait le moindrement, j'ai été renversée par les différences des interprétations. On sent bien que chaque pianiste a cherché à s'approprier l'oeuvre, comme si elle était la sienne et uniquement la sienne. Si certains choix de tempi, certaines libertés me séduisent ici et là, aucune interprétation ne m'a entièrement convaincue de A à Z, fort probablement parce que j'ai chevillée au coeur l'oeuvre et que, moi aussi, je me la suis appropriée. Je vous propose ici la version de Lugansky, que je trouve personnellement un tantinet précipitée mais néanmoins pleine de poésie.
mardi 25 septembre 2007
Un autre disparu

mercredi 19 septembre 2007
Maria Callas, la sublime...
mardi 18 septembre 2007
Norman McLaren
s d'un atelier trois films, Pas de deux (une étude saisissante de décomposition du mouvement), Begone Dull Care (Caprice en couleurs, une animation abstraite des plus réussies sur une musique du Oscar Peterson Trio) et Voisins, particulièrement percutant, même 50 ans après sa conception (le genre de film qu'on n'oublie pas). Même si le langage était forcément fort éloigné de leur imagerie habituelle, tous ont remarquablement réagi. Voici quelques notes rédigées pour le programme OSM « Hommage à Norman McLaren » qui sera présenté les 2 et 3 octobre prochains. Quatre films de McLaren seront alors présentés sur écran géant, alors que l'OSM jouera la trame sonore « live ».Expérimentateur extraordinaire, Norman McLaren (1914-1987) reste un géant incontestable du cinéma d’animation canadien. Il fréquente d’abord l’École des beaux-arts de Glasgow en décoration. Très rapidement, il adhère à la Glasgow Film Society et découvre les chefs-d’œuvre d’Eisenstein, Poudovkine et Fishinger. Impatient de s’approprier le medium, il commence par peindre directement sur la pellicule dont il a auparavant gratté l’émulsion de façon à la rendre transparente. Dès 1935, deux de ses films remportent des prix au Scottish Amateur Film Festival. Impressionné par le talent du jeune cinéaste, John Grierson lui offre un emploi au General Post Office Film Unit de Londres. En 1936, McLaren couvre la guerre civile espagnole, expérience qui aura un profond impact sur les choix de carrière qu’il effectuera et la façon dont il traitera certains sujets cinématographiques (Hell Unlimited, par exemple). Quand il ressent les premières secousses de la Deuxième guerre mondiale, il émigre à New York. Deux ans plus tard, en 1941, Grierson, devenu premier commissaire du gouvernement à la cinématographie, l’invite à se joindre à l’Office national du film du Canada, organisme auquel son nom restera profondément associé.
Au cours de sa carrière, il signera 59 films qui misent avant tout sur la transmission de l’émotion plutôt que l’étalage de la technologie, malgré leur côté expérimental. Dans certains films, plutôt que d’utiliser la technique traditionnelle du dessin animé, il peint directement sur la pellicule ou la gratte (Love on the Wing ou Blinkity Blank, palme d’or à Cannes). Il superpose des personnages sur un décor (Love on the Wing) ou mélange animation et scènes d’action (Hell Unlimited). Il perfectionne également la technique de la pixilation. Dans Voisins, un chef-d’œuvre du genre, les acteurs sont filmés image par image, puis animés, créant une impression de continuité saisissante dans le mouvement. Fable cinématographique pacifiste qui lui a valu un Oscar, Voisins raconte l’histoire de deux hommes qui en viennent à tout détruire avant de s’entretuer pour la possession d’une fleur surgie sur la ligne mitoyenne de leurs terrains. (La version originale, jugée trop violente, a d’ailleurs été tronquée, pour que le film puisse être mis en compétition.) McLaren dira plus tard que si tous ses films devaient être brûlés sauf un, il choisirait de sauver Voisins.
Dans d’autres films, il dessine directement sur la piste sonore optique du film. Grâce à un astucieux système de repérage, il établit des correspondances entre les traits et des notes de musique, ce qui lui permet de réaliser des ondes sonores des plus complexes (À la pointe de la plume). Les implications de la méthode ont d’ailleurs suscité un intérêt considérable chez les compositeurs de musique électroacoustique, dont Maurice Blackburn (qui participera notamment à la création de Lignes verticales et Lignes horizontales).
La musique joue un rôle essentiel dans la grande majorité des films de McLaren, qu’il utilise des chansons folkloriques (Le Merle), des sonorités venues d’ailleurs (on peut entendre Ravi Shankar et Chatur Lal dans Il était une chaise et des flûtes de Pan sont entendues dans Pas de deux), des œuvres classiques (Glenn Gould interprète Bach dans Sphères) ou du jazz (Eldon Rathburn est mis en lumière dans Short and Suite et le Trio d’Oscar Peterson dans Begone Dull Care).
Les œuvres de McLaren reposent toutes sur un sens admirable du rythme, tant au niveau de la trame sonore que du flot narratif. Pour lui, le cinéma d’animation n’est pas tant le prolongement d’un art statique mais plutôt une expression artistique très proche de la danse, ce qui le pousse à utiliser et décomposer le mouvement dans presque tous ses films. Le cinéma le plus pur communique des pensées et des émotions par le mouvement. « Un film pour moi, c’est un peu comme une danse, a-t-il expliqué en entrevue. La chose la plus importante dans un film, c’est le mouvement. Peu importe ce que vous faites bouger, que ce soit des gens, des objets, des dessins, peu importe comment vous le faites, c’est toujours une sorte de danse. C’est comme ça que je vois le cinéma. »
Ici un dessin saisissant de McLaren, Sonata. Bonne découverte!
vendredi 14 septembre 2007
La recrue du mois
Nouveau blogue collectif qui sera lancé dès demain (je prends de l'avance puisque je serai en camp d'intégration avec mes jeunes du cours de culture générale tout le week-end), La Recrue du mois se dédie aux premiers romans d’auteurs d’ici. Chaque 15 du mois, vous y découvrirez un nouvel ouvrage (roman, récit ou recueil de nouvelles). Chaque rédactrice (dont moi) aura lu le livre du mois et vous fera part de ses commentaires. Dans la mesure du possible, nous essaierons également de vous présenter une entrevue avec l’auteur, éplucherons les journaux et autres carnets littéraires pour vous faire part de d’autres points de vue. Ce lieu se veut un lieu d’ouverture, de partage et, bien sûr, restera toujours ouvert à vos commentaires, vos coups de cœur. Mes commentaires se retrouveront également sur ce site. Alors, allez jeter un coup d'oeil. La recrue du mois s'appelle... (ben quoi? vous voudrez le découvrir!)