La musique et l’écriture ont été de tout temps les deux pôles de la vie créatrice de l'auteure. Ce site se veut donc un hommage à la musique (particulièrement classique) et à la littérature, mais aussi au théâtre et aux autres manifestations artistiques.
lundi 30 novembre 2009
Proud to be a Gleek
Cette saison, deux grands gagnants, une émission produite ici, Aveux (série qui s'est malheureusement terminée la semaine dernière mais qu'on peut toujours visionner sur Internet) et l'autre, à l'opposé du spectre, Glee. Aveux se jouait dans l'intensité, la profondeur, les non-dits et misait sur une écriture particulièrement maîtrisée du dramaturge Serge Boucher et un jeu exceptionnel d'acteurs qui pouvait tout révéler en un seul regard. Glee est une émission feel good, ciblée pour un public d'adolescents (ou d'adolescents attardés) et de fanas de numéros musicaux. Tous les archétypes associés aux émissions d'ados s'y retrouvent: le joueur de football, les meneuses de claque, le bum au cœur tendre, l'intello vaguement rejeté, l'artiste en devenir. On y intègre aussi un homosexuel à la garde-robe extravagante (peut-être bien le personnage le plus délicieux), un professeur de chant attentif, une conseillère pédagogique vaguement névrosée (qui a peur de se salir les mains), une virago... Alors, pourquoi ai-je craqué après moins d'une heure? Bien sûr, à cause de la musique, qui présente une série relectures de hits. Et puis, parfois, dans ces temps difficiles, on a besoin de retrouver l'ado que nous avons été ou que nous avons rêvé d'être.
Le clip de présentation...
La chanson Don't stop believing, tirée de l'album. (Malheureusement, des questions de droit d'auteur ne permettent pas le partage du clip original.)
samedi 28 novembre 2009
Rendez-vous manqués
Parfois, on sort emballé du visionnement d'un film, de la lecture d'un livre. Parfois, à l'opposé, on déteste la pièce, on exècre une exposition que l'on considère inutile. Entre les deux, il y a cette zone trouble, celle des rendez-vous manqués, quand on a l'impression que tous les éléments étaient pourtant en place pour que l'objet artistique nous rejoigne mais que, pour une raison ou une autre, la connexion ne s'est pas établie, ou sinon, de façon sporadique.
Dans la même semaine, j'ai vécu deux de ces rendez-vous manqués. Peut-être étais-je dans un univers parallèle et cela m'a empêchée de céder aux charmes d'une œuvre, je ne sais pas. La surcharge de travail aurait-elle suffi à me faire basculer de l'exaltation ressentie après avoir vu, entendu et ressenti par toutes les pores de ma peau l'opéra de Gilles Tremblay? Je cherche encore... Hier soir, j'étais au TNM. Au programme: L'imposture d'Evelyne de la Chenelière. Le résumé me laissait présager un moment de communion lumineuse: Ève, une auteure égocentrique, offre à son fils Léo son roman, pour qu'il lui serve de prête-nom, que le texte connaisse une gloire - fût-elle éphémère. J'attendais avec impatience les phrases magnifiques sur le geste d'écrire, une toile tissée de façon subtile entre les personnages, des jeux de pouvoir, de fragilité aussi. Certes, j'ai vibré lors de certains passages (ceux qui traitaient de l'écriture mais aussi certaines images mère-fils) mais ai ressenti un agacement certain pour cette histoire de Justine (soeur de Léo) qui devient esclave plus ou moins consentante d'un gang de rue. Souhaitant peut-être opter pour un traitement postmoderne du propos, l'auteure nous a arrosés de poncifs sur les jeunes Noirs qui ont fait déraper le texte vers un univers parallèle qui n'avait que peu à voir avec la (déjà touffue) trame principale. Je suis donc sortie du théâtre perplexe, emballée par le jeu d'acteur du jeune Francis Ducharme, énervée par la caricature du personnage d'Ève transmise par Violette Chauveau et avec le sentiment que le texte aurait eu avantage à être resserré, élagué. Less is more...
Quelques jours auparavant, j'avais terminé la lecture de L'hiver retrouvé,
En deuxième partie, rupture de ton, de lieu, d'atmosphère. Le jeune homme débarque sur une île où règne en maître l'hiver... et une ogresse, qui a dévoré tous les habitants de son village, dont son ancien amant. Un troublant pas de deux s'initie entre les deux, porté par un dialogue poétique, puissant, envoûtant. La narration de l'histoire passe de l'un à l'autre: d'abord l'apprivoisement, puis la passion, puis la réalisation que cet amour ne peut en être de contes de fées. Ceci donne lieu à des pages vraiment magnifiques, mais dont on cherche le lien avec l'atmosphère plus bon enfant de la première partie. Aurait-il été souhaitable de lire les deux sections comme deux novellas indépendantes, mettant en lumière le même personnage? Peut-être. Aurait-il fallu se concentrer sur l'une ou l'autre des histoires? Je ne sais pas. Une chose est certaine: je ne ressens aucune indifférence face à ce curieux objet littéraire. Mieux: il y a suffisamment de qualités pour que je lise le deuxième opus de l'auteur. Le rendez-vous n'est peut-être pas tout à fait manqué, maintenant que j'y pense...
jeudi 26 novembre 2009
Du baroque à la bouche, bouchées exquises pour musique baroque.
Certains se souviendront peut-être de la défunte chronique La Cena musicale que je tenais jadis pour La Scena Musicale, qui avait plusieurs adeptes et proposait des recettes inspirées d’œuvres musicales, de compositeurs ou d’interprètes, que ce soit poires Belle Hélène, pasta Tetrazzini ou tornedos Rossini. Chaque année, on insiste pour que je fasse mon semifreddo (une recette initiée par Verdi) à la crème de marron, une création concoctée après avoir testé trois ou quatre déclinaisons de la recette.
J'étais donc particulièrement intéressée par le nouveau disque / livret de recettes des Boréades, qui n’en sont pas à leur premier métissage et qui nous offre ici, juste à temps pour le temps des fêtes (quel hasard!) une association gourmande entre musique baroque (ou apprêtée à la sauce baroque, comme c'était le cas avec ses albums Beatles Baroque, aux charmes desquels j'avais volontiers cédé jadis, crime de lèse-majesté pour tout puriste qui se respecte!) et gastronomie, des bouchées apéritives aux desserts à partager.
Les recettes, qui mettent en valeur les produits Première Moisson – chez qui le disque/livret de recettes est disponible à un prix modique – sont simples mais attrayantes. On y trouvera ainsi un Petit Croc Baroque tout simple (des canapés fromage de chèvre, dattes, bacon) jumelé à Norwegian Wood des Beatles, d’exquises tartines aux deux canards (recette que j'ai hâte de tester) associées à un mouvement d’un concerto de Michel Corrette ou des biscuits de pain perdu accompagnant Don Quichotte chez la duchesse de Boismortier. Un cadeau d’hôtesse idéal mais vous voudrez peut-être bien en garder une copie juste pour vous!
mardi 24 novembre 2009
Les petites filles dans leurs papiers de soie
Morgan Le Thiec manie la chute avec une dextérité étonnante, nous laissant tantôt errer quelques minutes, seuls dans une brume d'émotions (La Naine rouge, En ce jour infranchissable, ou L'Héritier par exemple), précipitant la déchirure à d'autres (Coquelicot ou Memorial Drive). Aurait-elle le souffle pour produire un roman? Il faudra voir. Mais quand vient le temps d'extraire l'émotion, elle est remarquable. À savourer à petites doses, en laissant les destins des personnages se mêler à notre quotidien quelques instants encore.
lundi 23 novembre 2009
Cyberchef
Les autres titres tirés du même DVD sont tout aussi savoureux. Ici...
dimanche 22 novembre 2009
Le monde d'un critique musical
C'est par ici...
vendredi 20 novembre 2009
Ravissement pour les yeux et les oreilles

Première hier soir de l'opéra L'eau qui danse, la pomme qui chante et l'oiseau qui dit la vérité de Gilles Tremblay. Les yeux happés aussi bien par l'univers féerique magnifiquement rendu par un dispositif scénique à la fois audacieux et sobre que les éclairages somptueux et les superbes costumes, j'ai cédé en quelques secondes à peine au charme de cet immense ouvrage du duo Tremblay-Morency. Le livret de Pierre Morency, où l'image prime et les sonorités de chaque terme ont été savamment peaufinées, continue de me hanter. (Saluons d'ailleurs l'idée astucieuse de nous le remettre, histoire de prolonger le plaisir, les derniers applaudissement éteints.) La musique de Gilles Tremblay, chatoyante, ondoyante, percutante, s'y collait en aplats particulièrement réussis, qui soutenait tantôt le côté féerique et mystérieux des quêtes de nos héros et, à d'autres, commentaient astucieusement les états d'esprit des personnages.
Une distribution solide, habilement encadrée par Robert Bellefeuille, a transmis l'œuvre avec brio. Je retiendrai particulièrement la performance de Claudine Ledoux qui, en pomme qui chante des onomatopées a réussi à transmettre frissons et chair de poule, la présence scénique remarquable de Jean Maheux, dans le rôle d'Yby, semi-parlé, semi-chanté, le velouté de la voix du ténor Sylvain Paré dans le rôle de Chérot, la gestuelle d'oiseaux du contreténor Scott Belluz et de la mezzo Stéphanie Pothier. La chef Lorraine Vaillancourt a défendu la partition avec une rigueur éblouissante et les musiciens du NEM ont démontré une maîtrise exceptionnelle de ces pages aux multiples strates sonores. Chapeau aux créateurs!
Il vous reste deux occasions de vivre la magie de l'oeuvre, ce soir et demain soir au Monument National. Si je n'avais pas déjà un impondérable demain soir, j'y retournerais, c'est tout dire...
Infos ici...
photo: Matthieu Dupuis