mardi 5 mars 2013

Pieds nus dans l'aube

La mise en page du numéro 5 de la revue de textes courts Lu si est déjà bien avancée, me souffle à l'oreille la rédactrice en chef. C'est pourquoi je me permets de glisser ici en partage le texte que j'ai commis pour le numéro précédent, paru en novembre, articulé autour du thème « orange ». (Cliquez sur l'image pour pouvoir lire ou faites-moi signe si vous préférez le lire sous un autre format ou que vous êtes curieux de découvrir le reste du numéro...)


dimanche 3 mars 2013

L'enfant des glaces

Dans le cadre du Festival MNM, la compagnie Chants libres reprenait (trois représentations seulement) l'électropéra L'enfant des glaces, huitième production de la compagnie, présentée la première fois en 2000 lors d'une résidence de Pauline Vaillancourt au Musée d'art contemporain. Je n'avais malheureusement pas assisté alors à la production et ne la connaissais qu'à travers des extraits vidéo (ainsi que celui donné lors d'Arias, spectacle-anniversaire présenté en 2011). Aurait-on l'impression d'être devant un objet daté? Le langage serait-il dépassé?

Quelques instants ont suffi pour réaliser que l'électropéra reste d'une troublante actualité, tant au niveau sonore que plastique. Si, pour Wagner, l'opéra devait se définir comme Gesamtkunstwerk (œuvre d'art totale) pour s'inscrire en tant que représentation de l'unité de la vie, nous avons affaire ici sans contredit à un sommet. Le travail sur les volumes, qu'ils soient visuels ou sonores, reste magistral. La conception et mise en scène de Pauline Vaillancourt, appuyée par la chorégraphie de Johanne Madore, qui se révèle souvent plus proche de l'installation ou de la danse elle-même (dont le mouvement serait décortiqué au ralenti), n'a pas pris une ride. Le travail sur les éclairages de François Rouspinian peut encore servir d'inspiration à nombre de techniciens sans imagination qui manient le médium avec paresse. Certains « arrêts sur image » restent d'une troublante beauté, par exemple cette pose, nimbée parfaitement de lumière, qui m'a rappelé La jeune fille à la perle de Wermeer. La juxtaposition proposée par Zack Settel entre musique électronique (même acousmatique) et chant « traditionnel » fonctionne parfaitement, ainsi que le découpage même des motifs, selon qu'ils soient attribués au scientifique (Jean Maheux, qui avait incarné le rôle lors de la première) ou l'enfant (Ghislaine Deschambault, au timbre magnifique, qui habite entièrement le personnage).

Paradoxalement peut-être, le seul élément qui m'a paru un peu daté s'est avéré le côté érotique et sexuel du lien entre le scientifique, dont la virilité se trouve magnifié par la découverte de cet être sacrifié il y a des siècles, parfaitement conservé, et cette femme-enfant aux formes affirmées, portant un seul bas résille et une mini-jupe, devenant égérie mais aussi femme-objet jusqu'à un certain point. L’hyper-sexualisation véhiculée par les médias depuis une dizaine d'années et l'explosion du sexe-spectacle qu'a permis l'Internet sont trop présents à l'esprit peut-être pour qu'une énième déclinaison du genre puisse susciter encore autre chose qu'une certaine lassitude. Cette danse de la réconciliation, entre deux univers, deux époques, deux sexes, deux perceptions d'une même réalité, entre folie et raison, m'a semblé ici moins pertinente présentée de cette façon. N'empêche que, même 48 heures après la représentation, la production continue de hanter l'esprit et d'alimenter la réflexion. Cela démontre hors de tout doute sa pertinence.


jeudi 28 février 2013

De Stravinski à Thoresen

Photo: Bo Hjang, National Post
J'aime passionnément Le Sacre du printemps de Stravinski. Je l'ai découvert à 8 ou 9 ans dans la version de Béjart et ne m'en suis jamais entièrement remise. Si j'ai d'abord été probablement choquée par le côté tribal de la chorégraphie, j'ai rapidement voulu plonger dans la partition. Quelques années plus tard, Le Sacre deviendrait le premier disque classique acheté avec mes économies. J'en ai écouté de nombreuses versions sur disque (dont celle, foudroyante, du 50e anniversaire de la création, dirigée à Paris par Boulez), l'ai entendu au concert en version quatre-mains, deux pianos, piano seul, dirigé par quatre directeurs musicaux de l'OSM (la version de Frühbeck-Burgos reste mémorable)... Le Sacre du printemps demeure indubitablement mon œuvre symphonique préférée et la chorégraphie qu'en a tiré Pina Bausch me bouleverse rien qu'à y penser. C'est dire combien j'attendais le concert de l'Esprit Orchestra, qui célèbre cette saison ses 30 ans, dimanche soir.

Complètement exaltée par À court de mots, j'ai repris mes esprits (et mon souffle) pendant Orion de Vivier, une page manifestement maîtrisée par l'ensemble torontois. Même massée derrière la porte, les couleurs orchestrales m'ont tout de suite paru d'une limpidité surprenante, comme si chaque volume était minutieusement sculpté. Esprit Orchestra a ensuite interprété une œuvre de 1993 de son directeur musical, Alex Pauk, Portals of Intent, au propos un peu ésotérique sur papier, mais très intelligible à l'écoute. Là aussi, force état d'admettre l'attention portée aux détails par le compositeur (qui maîtrise certainement son orchestration) et le chef. Les pianissimos ne se dissipaient jamais, les attaques restaient précises sans devenir agressives, les pupitres se répondaient avec une belle cohésion, qui facilitait le lâcher-prise de l'auditeur, qui se laissait simplement porter, envoûté sans le réaliser entièrement par l'univers magique de Carlos Castaneda.

Enfin, la pièce de résistance, présentée dans une version réduite pour orchestre de Jonathan McPhee. Malaise dès les premiers instants, le célèbre solo de basson se révélant presque offensant tellement il était imprécis. Quelques flottements chez les bois ont ensuite fait craindre le pire et puis les choses ont semblé se replacer. Pauk adopte un tempo volontairement modéré, qui occulte une partie de la folie bestiale du ballet, mais qui curieusement en a révélé d'autres rouages. Jamais peut-être n'ai-je pu décortiquer avec autant de facilité les superpositions de rythmes, chaque temps se détachant du précédent. Le tempo presque majestueux par moments rendait le propos plus menaçant qu'échevelé. Si le pouls de l'auditeur s'accélérait à peine, l'impression d'implacabilité du sacrifice finissait par agir, de façon presque insidieuse. Je suis sortie de la salle en me disant qu'apparemment (et heureusement), je n'avais pas encore fait le tour du Sacre.

Le lendemain soir, au Bain Mathieu, le NEM (sous la direction de Lorraine Vaillancourt) proposait une expérience toute autre, avec Lop, Lokk, og linjar du Norvégien Lasse Thoresen. Influencé par la musique spectracle française et la « juste intonation » d'Harry Partch, le compositeur puise une grande partie de son inspiration dans la musique traditionnelle de son pays, tant au niveau de l'analyse de ses microintervalles que de ses structures rythmiques. Pourtant, son travail dépasse largement le domaine de l'ethnomusicologie, la musique folklorique servant ici de moteur créatif plutôt que de matériau de base (malgré l'utilisation de citations), comme le deviennent aussi chants d'oiseaux et sonorités entendues dans la nature, qu'elles soient animales (comme ce ranz des vaches, avec meuglements aux cuivres et cordes graves dans le 3e mouvement) ou végétales (Thoresen réussit admirablement à évoquer les frémissement du vent).

La partition se révèle souvent organique, le bâton de pluie servant par exemple de ponctuation dans le 1er mouvement, et semble évoquer une mémoire collective millénaire. Ainsi, le côté incantatoire du 4e mouvement, magnifiquement servi par le velouté de la voix de la mezzo-soprano Berit Opheim, semblait, de façon assez troublante, inciter l'auditeur à plonger dans des souvenirs d'une autre époque. Construit en arche autour du 3e mouvement, les trilles de la chanteuse y rappelant les roucoulades des oiseaux et les percussions les appels de bec des pic-bois, l’œuvre n'hésite pas à transmettre en musique le côté exubérant de la fête populaire dans les 2e et 5e mouvements, pieds, mains et embouchures des cuivres devenant percussion, une lutte entre contrebasson et trompette ajoutant un élément des plus ludiques au propos. On sort du concert intrigué, avec la conviction d'avoir entendu une page nécessaire, parfaitement articulée, et l'envie de découvrir d'autres œuvres du compositeur, visiblement ravi de l'interprétation donnée par le NEM.

mardi 26 février 2013

Une soirée électrisante

Cela faisait longtemps que je n'avais été témoin d'une telle effervescence avant un événement. Une demi-heure avant le début de la projection du ciné-concert À court de mots, les négociations allaient bon train entre les amateurs à la recherche de billets et ceux dont l'ami avait eu un empêchement. J'ai même été témoin d'une transaction qui a dû être annulée, le dit invité arrivant in extremis, à la grande déception de celle qui croyait pouvoir se glisser en salle. Pas une place de libre, une fébrilité de tapis rouge. Les Oscars? Pour quoi faire? C'était à l'auditorium de la Bibliothèque nationale qu'il fallait être!

La magie a opéré dès les premiers instants de la projection. Nous avons pu découvrir six films aux esthétiques distinctes, portés par six pages interprétées par l'Ensemble Arkea, impeccable en tous points. L'amant revenant, avec sa couleur rétro juste assez caustique, s'est avéré un bel hommage aux films de genre, tant du côté de la réalisation de Serge Gouin que de la musique de François-Xavier Dupas. Nos saisons jouait la carte de la contemplation, pourtant nullement linéaire. La très efficace montée d'émotion a été bien servie par un montage serré de Patrick Peris et une partition qui se collait à cette accélération de la pulsation de Guillaume St-Laurent, qui laissait pourtant toute la latitude nécessaire au spectateur pour ordonner le fil narratif des événements. La bonne humeur était au rendez-vous avec 21, collaboration particulièrement réussie entre Yann Ben Alluch et Maxime Goulet, le rythme et les punchs y jouant assurément un rôle essentiel. Ce rire d'enfant dans la salle, incapable de se retenir, en contrepoint, ajoutait une touche particulièrement savoureuse à cette boucle temporelle.

Les défenses étaient tombées, histoire de recevoir en plein plexus Imparfaite, un court métrage bouleversant d'Émilie Gauthier, qui s'attarde au très difficile sujet de la maternité non entièrement assumée. Peut-on se forcer à aimer un enfant? Seule une femme peut-être pouvait oser aborder de front un tel sujet. La musique de Ghislain Lecroulant m'a semblé plutôt agir ici comme ponctuation, mais peut-être était-ce dû à l'ampleur du questionnement suscité. Porté par une partition radieuse de Samuel Laflamme, Le voyage d'Alexandre B. Lampron devenait contresujet optimiste au film précédent, cette histoire de deux enfants rêvant d'explorer les beautés du système solaire réconciliant le spectateur avec la vie. La soirée s'est terminée sur Ostinato de Jean-François Lavallière, sur une musique de Georges Dimitrov, formidable mise en abime, la musique s’immisçant dans la trame même du fil narratif, film et réalité se superposant à la toute fin quand le personnage principal surgit dans la salle de projection/concert et s'empare du podium de la chef Dina Gilbert, menant la séance de projection vers une fin explosive.

L'heure a semblé passer à la vitesse de la lumière (une contorsion espace/temps peut-être, comme celle vécue par le personnage de 21?). Croisons les doigts que cette production puisse tourner et être vue/entendue/vécue ailleurs à une date ultérieure!


À court de mots (bande annonce) from Maxime Goulet on Vimeo.

dimanche 24 février 2013

Elle nous a quittés

Je connaissais à peine au quotidien Julie Tétreault, ancienne collaboratrice de La Recrue, l'ayant croisée lors d'une ou deux réunions annuelles tout au plus. Pourtant, la nouvelle de son décès, plus tôt ce matin, à 29 ans, alors qu'elle était en attente d'une greffe des poumons, me bouleverse. Je me souviens d'elle comme d'une jeune femme aimant la vie, rire, lire, les enfants, les défis, qui pas une seconde n'a souhaité voir sa vie ralentie par la maladie.

Moi qui ne suis sur FB que de façon anecdotique, je me rappelle pourtant de ses photos de mariage, prises au Zoo de Granby, de l'éclat de son regard, de son sourire... du bonheur à l'état brut. De près (pour son amoureux, sa famille, ses amis) ou de loin, elle aura changé notre vie. Au fond, que nous mourrions à 15 ou à 105 ans, cet héritage reste la seule chose qui nous définisse. Merci d'avoir touché ma vie Julie!

On retrouve son sourire, intact, même couchée dans un lit d'hôpital, dans cet article paru il y a dix jours dans La Presse...Surtout, signez votre carte de don d'organes!

West Side Story et Reich

Consacré cette année aux voix et percussions, le Festival MNM bat son plein depuis jeudi. L'offrande se révèle presque pléthorique et, certains soirs, des choix parfois déchirants doivent être faits. On peut aussi refuser de trancher et voir deux concerts, comme je l'ai fait hier, passant de l'univers de Bernstein à celui de Reich, le temps de me sortir « Tonight » de la tête en franchissant d'un bon pas la distance séparant le Centre Pierre-Péladeau de la salle Redpath.

Le Festival MNM présentait d'abord la version de chambre, pour quatre chanteurs, cinq percussionnistes, un pianiste et projections du mythique West Side Story de Bernstein. Tous gardent en mémoire des images ou des interprétations de cette production légendaire et se posaient sans doute comme moi la question suivante: « Le projet initié par les Percussions Claviers de Lyon ne dénaturera-t-il pas le propos en le transposant de façon aussi épurée? » Le prologue a suffi à dissiper le doute. La transcription de Gérard Lecointe témoigne d'un immense respect du texte, le moteur rythmique de la partition de Bernstein se trouvant peut-être même rehaussé par ce traitement aux percussions, admirablement réalisé par les cinq complices du groupe, qui transmettent le tout avec précision et inspiration.

Les projections réalisées à partir des illustration d'Étienne Giuol, qui évoquent tantôt un New York presque fantomatique - mais avec un trait de crayon d'une rare précision -, tantôt l'émotion du moment, tantôt le mouvement pur (superbe segment d'animation sur « Cool »), ajoutent une dimension cinématographique qui ne nuit en rien à la compréhension du propos musical. On aurait facilement pu ici tomber dans la BD rétro, les « Pow »,« Kaboum » et autres interjections cherchant à combler les trous narratifs entre les différents numéros retenus. Au contraire, les textes enrichissent l'écoute et le souvenir que l'auditeur peut entretenir de la partition. Le fait que les projections se fassent sur deux fonds de fils plutôt que sur un fond (ou devant) de tulle ajoutent à la fluidité et au scintillement des images, tout en permettant aux quatre chanteurs, mis en espace par Jean Lacornerie de façon efficace, d’apparaître à point nommé pour un solo, un duo ou un numéro d'ensemble.

Les voix des quatre solistes convainquent (mais, sans surprise sans doute, l'articulation anglaise manque de clarté), mais ne transmettent pas toutes la même énergie ou la même intention musicale. La soprano Perrine Madoeuf possède un timbre somptueux, très opératique, qui enlève un peu de la fragilité que l'on aurait aimé sentir chez Maria. La mezzo Landy Andriamboavonjy offre quant à elle une Anita très sensuelle, qui bouge parfaitement, habitant la scène dès qu'elle apparaît. Une même dichotomie se retrouve du côté des voix masculines. Si le timbre du ténor Pierre-Antoine Chaumien (Tony) séduit, le baryton Fabrice Alibert captive côté présence scénique. Ces réserves n'ont toutefois en rien entaché le plaisir de la représentation.


Changement d'intention, d'émotion, avec le programme entièrement consacré à Steve Reich proposé par le McGill Percussion Ensemble: trois œuvres, trois approches complémentaires, trois facettes d'un même langage. L'idée d'intercaler le Sextet (écrit en 1984) entre Music for Pieces of Wood et Music for Mallet Instruments, Voices and Organ, deux pages écrites en 1973, fonctionnait bien, permettant un aller-retour temporel aussi bien qu'esthétique, même si le travail sur les timbres et la façon de présenter les motifs se veut différente dans les deux œuvres antérieures. Dans les trois cas, le travail sur la pulsation s'est révélé impeccable, sans jamais tomber pourtant dans le mécanique. Celle-ci restait profondément vivante, comme un cœur qui bat, comme ces jours qui se suivent, mais ne se ressemblent jamais entièrement. Comme la vie.

vendredi 22 février 2013

Créer un buzz depuis 10 ans

Si je vous dis « buzz », quelle image vous viendra d’abord à l’esprit? Sans doute celle de l’effervescence autour de la nouveauté. Dans une société surmédiatisée, une mode chasse l’autre en moins de temps qu’il ne faut pour émettre l’onomatopée. Buzz fait aussi référence au son produit par les lèvres qui vibrent sur une embouchure de cuivres, premier geste que les apprentis musiciens devront maîtriser avant même d’oser extraire une note de leur instrument. Juxtaposez-y le mot « cuivres » et vous obtiendrez nom d’un quintette qui célèbre cette saison son dixième anniversaire de fondation, par un concert pour cuivres, harpe et piano, mettant en lumière aussi bien des relectures d’airs folkloriques que des Variations Goldberg de Bach, des arrangements inédits du Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy et de Rhapsody in Blue de Gershwin, ainsi que certains segments de leur populaire Histoire de la musique, dans laquelle le comédien Eloi ArchamBaudoin incarne un personnage souvent hilarant, autour duquel s’articulent certains moments-clés.

Retournons quelques instants une dizaine d’années en arrière. Le trompettiste Sylvain Lapointe vient de terminer son baccalauréat. Il est inscrit à la maîtrise, mais décide de suspendre ses études pour lancer le projet un peu fou d’un quintette de cuivres qui mariera variété et musique sérieuse. Déjà, le numéro de quintette et humour auquel il a pris part lors de Cégeps en spectacle s’est rendu en finale nationale et a été repris sur les scènes extérieures du Festival Juste pour rire. Et si on pouvait consacrer sa vie professionnelle à ce genre hybride? « Dès le début, nous avons voulu maintenir de hauts standards musicaux, tout en restant accessibles », explique le directeur artistique de Buzz Cuivres en entrevue. Ne se sentant pas alors outillé pour rivaliser avec d’autres ensembles de musique de chambre, le quintette décide néanmoins de rejoindre le jeune public avec un spectacle alliant musique et théâtre. La Chasse-galerie, pour quintette et un comédien, sera présenté 21 fois lors de la première saison, 40 la deuxième, 80 la troisième. L’année dernière, les musiciens l’ont donné 159 fois et est maintenant reconnu tant Québec que dans l’Ouest canadien ou aux États-Unis. « C’est exceptionnel au niveau de la diffusion! »