samedi 4 janvier 2014

Le quatrième mur

- Non. Ne dites pas ça. Vous ne savez pas. Personne ne sait ce qu'est un massacre. On ne raconte que le sang des morts, jamais le rire des assassins. On ne voit pas leurs yeux au moment de tuer. On ne les entend pas chanter victoire sur le chemin du retour. On ne parle de leurs femmes, qui brandissent leurs chemises sanglantes de terrasse en terrasse comme autant de drapeaux.

Un livre coup de poing, qui nous fait plonger les yeux ouverts, presque malgré nous, dans l'horreur de la guerre du Liban, le théâtre servant aussi bien de toile de fond que de métaphore de la violence inouïe des conflits armés. Le quatrième mur mythique du théâtre évoqué par le titre de ce roman puissant de Sorj Chalandon se franchit, un chapitre, une phrase parfaitement calibrée, à la fois, laissant une impression d'avoir vécu cette lecture en apnée, mais en sachant que l'impact sera réel.

mercredi 1 janvier 2014

Une extraordinaire 2014 à vous tous!

N’ignorez plus ce rêve qui attend sagement sur une tablette. Dépoussiérez-le, examinez-en les contours, redessinez-les sans remords. N’attendez pas que l’on vous aborde, suscitez la rencontre. Que celle-ci dure trois secondes, cinq minutes ou dix ans importe peu. Tendez la main. Regardez celui qui vous fait face dans les yeux. N’ayez pas peur de perdre ce que, de toute façon, vous ne possédez pas. La vie est parfois frivole, souvent futile, toujours fragile. Dites à ceux qui vous sont chers que vous les aimez. N’attendez rien en retour. Sachez donner; cela vous aidera à recevoir.
Vivez chaque jour non pas comme s’il était le dernier, mais comme le premier, comme une somme des possibles, que tout était encore à définir.
Photo: Lucie Renaud

mardi 31 décembre 2013

Lucie au théâtre en 2013

5018 rue Cartier - L'art de la conversation (Zone Homa)
Ain't misbehavin' (Segal Centre)
À petites pierres (Dramaturgies en dialogue)
Bal littéraire (Jamais lu / Écuries)
Berlin appelle (Goethe-Institut)
Ce corps qui parle (Espace libre)
Cendrillon (Théâtre français du CNA)
Cheese (Usine C)
Clôture de l'amour (Quat'Sous)
Conte d'amour (FTA )
Déluge (La Chapelle)
Et si je les tuais tous, madame? (Dramaturgies en dialogue)
Fatal (Espace libre)
Grains de sable (Espace libre)
Hypno (Prospero)
Je ne tomberai pas - Vaslav Nijinski (Danse-Cité / Quat' Sous)
Jusqu'où te mènera ta langue (Maison de la culture Ahuntsic)
Kiss & Cry (Usine C)
L'assassinat du président (Théâtre d'Aujourd'hui)
L'atelier aux méduses (Dramaturgies en dialogue)
L'augmentation (Segal Centre)
L'ennemi du peuple (FTA)
L'ouest solitaire (Prospéro)
L'écolière de Tokyo (Dramaturgies en dialogue)
L'écorce de nos silences (Maison de la culture Frontenac)
La bête (Salle Fred-Barry)
La cantate intérieure (Jamais lu / Écuries)
La concordance des temps (Usine C)
La dernière interview (Espace libre)
La femme corbeau (Prospero)
La grande et fabuleuse aventure du commerce (FTA)
La maison sucrée (Dramaturgies en dialogue)
Le P'tit Jourdain (Salle Fred-Barry)
Le dénominateur commun (Jamais lu / Écuries)
Le grand cahier (Maison de la culture Côte-des-Neiges)
Le tour du monde en 80 jours (Salle Fred-Barry)
Les Atrides (Église Saint-Jean-Baptiste)
Les muses orphelines (Duceppe)
Les autres (Maisons de la culture Côte-des-Neiges)
Les bas-fonds (Ateliers Jean-Brillant)
Les larmes du ciel d'août (Dramaturgies en dialogue)
Les oiseaux mécaniques (Espace libre)
Moi et l'autre (Jamais lu / Écuries)
Moi et une love letter (La Chapelle)
Moi, dans les ruines rouges du siècle (Théâtre d'Aujourd'hui)
Nella Tempesta (FTA)
Oléanna (Prospéro)
Othello (Centre Segal)
Pervers (La licorne)
Pour un oui ou pour un non (Prospero)
Quartett (La Chapelle)
Se mettre dans l'eau chaude (ATSA / Espace libre)
Soledad au hasard (Petite licorne)
Spasmes (Espace libre)
Spin (Zone Homa)
Still Untitled /Encore sans titre (Centre des arts contemporains du Québec à Montréal)
Tu é moi (Ateliers Jean-Brillant)
Une vie pour deux (Espace Go)
Viande à chien (Espace libre)
Warwick (Salle Fred-Barry)
Yellow Moon (La licorne)



lundi 30 décembre 2013

Mon année 2013 en littérature

Ouf! Les records sont faits pour être homologués ou battus, semble-t-il... En cette fin d'année 2013, j'aurais lu 143 livres. Le chiffre peut paraître astronomique, mais je tiens ici néanmoins à préciser que cette année aura été marquée par un amour décuplé de la poésie (des livres bien moins longs à lire, même si plus denses) et la lecture de quelques bandes dessinées. Voici donc quelques coups de cœur (une liste complète avec liens activés apparaîtra dans les prochains jours)...

ROMAN QUÉBÉCOIS

Emmanuel Kattan, Les lignes de désir: une histoire bien racontée, une écriture maîtrisée  
Eza Paventi, Les souliers de Mandela: pour le dépaysement et les images
Louise Dupré, La memoria: pour l'écriture poétique, toute en retenue
Marie-Christine Arbour, Chinetoque: parce qu'il y a quelque chose dans la voix d'Arbour qui me séduit à chaque fois

ROMAN ÉTRANGER

Alessandro Baricco, Emmaüs: un très bel opus de l'auteur italien
Christine Kerdellant et Pierre Maurienne, J'ai bien aimé le soir aussi: j'ai adoré cette narration à deux voix d'une histoire d'amour (presque) condamnée d'avance
Erri de Luca, Les poissons ne ferment pas les yeux: un très joli récit d'enfance
Jean-Philippe Toussaint, Nue: pour la maîtrise exceptionnelle de l'écriture et la scène de la robe de miel
Mia Couto, L'accordeur de silences: pour la beauté de la plume et la façon unique, presque onirique, de narrer une histoire
Michèle Lesbre, Un lac immense et blanc: une autre voix féminine qui me parle à tout coup ou presque
Thomas Sandoz, Les temps ébréchés: un moment hors du temps, qui nous force à entendre autrement
Véronique Olmi, Nous étions faits pour être heureux: pour la musique qui se dégage de ce texte

ESSAI

Henry David Thoreau, Sept jours sur le fleuve: parce que Thoreau reste toujours une inspiration pour moi
Pascal Quignard, Les désarçonnés: un autre texte essentiel de Quignard

POÉSIE 

Carole Forget, Le sol ralentit sous mes pas: j'ai ressenti un amour viscéral pour ce texte
Denise Desautels, Sans toi, je n'aurais regardé si haut: une promenade en mots et en souvenirs dans le Parc Lafontaine

BANDE DESSINÉE

Christian Quesnel, Ludwig: un objet superbe
Isabelle Arsenault et Fanny Britt, Jane, le renard et moi: pour l'universalité de l'histoire, pour ce regard sur les livres, pour les illustrations
Guy Delisle, Chroniques birmanes: pour le ton et le regard Delisle







dimanche 29 décembre 2013

Mon année 2013 en théâtre

Je savais que j'allais souvent au théâtre (certaines semaines, j'ai vu trois pièces différentes), mais n'avais pas tout à fait réalisé l'ampleur de cette passion. Il semblerait que j'aie vu 80 productions différentes (si je n'en ai pas oubliées!), aussi bien dans des théâtres institutionnels que dans des appartements privés. (Vous aurez accès à la liste complète, avec liens activés vers les critiques, dans les prochains jours.)

Alors, quelles pépites restent au fond du tamis?

FESTIVALS

Si j'ai beaucoup aimé plongé à huit reprises (parfois seule, parfois avec une amie) dans l'effervescence du FTA (quelle belle invention que ce passeport qui rendait le tout fort abordable), que j'ai adoré mes soirées à Dramaturgies en dialogue (édition consacrée cette année à l'Afrique) et à Zone Homa (si seulement la Maison de la culture était juste à côté du métro!), mon coup de cœur va au Festival du jamais lu, pour le plaisir de découvrir des œuvres en chantier, que l'on hâte de voir montées.

Je retiendrai particulièrement de ces soirées aux festivals: 26 lettres: l'abécédaire des mots en perte de sens (Jamais lu / Écuries), 5018 rue Cartier - L'art de la conversation (Zone Homa), L'atelier aux méduses (Dramaturgies en dialogue), L'ennemi du peuple (FTA), L'homme atlantique (FTA), Les têtes baissées (Zona Homa) et À petites pierres (Dramaturgies en dialogue).

PRODUCTIONS RÉGULIÈRES

Réussirai-je à obtenir un top 10? Tentons le coup.

1 - Les Atrides (Église Saint-Jean-Baptiste): pour l'imaginaire, le lieu, le concept
2 - Quartett (La Chapelle): pour le jeu exceptionnel des actrices, la mise en scène
3 - Moi, dans les ruines rouges du siècle (Théâtre d'Aujourd'hui): pour le texte, le jeu de Sasha Samar qui raconte sa propre histoire, mais avec les mots d'un autre
4- Cendrillon (Théâtre français du CNA): pour la féerie, mais surtout la justesse de la relecture de Pommerat
5 - Waiting for the Barbarians (Segal Centre, troupe sud-africaine): pour avoir réussi à transmettre de façon poétique l'univers de Coetze
6- Le tour du monde en 80 jours (Salle Fred-Barry): pour le côté absolument jouissif de la production
7- Les hivers de grâce de Henry David Thoreau (Usine C): pour la finesse avec laquelle Denis Lavalou a rendu hommage au grand transcendantaliste
8- Instructions pour un éventuel gouvernementsocialiste qui souhaiterait abolir la fête de Noël (Théâtre d'aujourd'hui): pour le feu qui animait les acteurs
9- Yellow Moon (La licorne): pour le texte, les choix narratifs
10 - Spasmes (Espace libre): pour l'imagerie associée à Francis Bacon qui s’imprègne dans le subconscient

Un de plus en prime, dans la catégorie inclassable (nanodanse), une production belge: Kiss & Cry (Usine C): un grand moment de tendresse





samedi 28 décembre 2013

Mon année 2013 en musique

Avant de remiser notre calendrier 2013, de repartir mes listes de lecture et de théâtre à zéro, je vous offre au cours des prochains jours des retours en musique, en théâtre et en littérature sur cette année fertile en émotions.

Parce que cette année m'a révélé que ma langue maternelle était peut-être au fond la musique, alors qu'un horaire estival allégé m'a offert le luxe de pouvoir m'asseoir trois ou quatre heures par jour à l'instrument (l'automne a été passablement moins propice à ces épanchements), à tout bien tout honneur, je commence en musique.

CLASSIQUE

L'Orchestre du Festival de Budapest: l'année a commencé en lion avec ce concert unique de la phalange hongroise. Il faisait très froid ce soir-là, mais quelques instants ont suffi pour nous le faire oublier. À relire ici...

Le récital de Menahem Pressler lors de la Virée classique de l'OSM: ce n'était pas parfait techniquement (Pressler a quand même célébré son 90e le 16 décembre, en se payant le lendemain un concert avec le Concertgebouw d'Amsterdam), mais il y avait une telle intelligence dans son interprétation que ce concert reste assurément une leçon de piano. Ma critique ici...

Collectif 9: Je pensais grincer des dents (du classique amplifié, vraiment?), mais suis sortie le sourire aux lèvres. Un groupe dynamique, qui transmet la grande (hum...) musique autrement, notamment à travers des vidéos particulièrement soignées. J'assisterai assurément à un autre de leurs concerts en 2014. Ma soirée au Rialto...

MUSIQUE CONTEMPORAINE

Dead Man Walking: Je l'attendais avec impatience et je n'ai absolument pas été déçue. Une production de l'Opéra de Montréal qu'il aurait été indécent de rater, qui mettait de l'avant une distribution soignée, une mise en scène des plus efficaces et une émotion certaine. Je me sers d'ailleurs de ce succès incontestable pour articuler une réflexion sur la difficulté de voir de l'opéra contemporain à Montréal dans le numéro courant de la revue Jeu. Ma critique ici...

La rencontre avec le compositeur Frédéric Chiasson, aussi bien avec l'homme que sa musique. Urbania est assurément une pièce d'une rare efficacité.  La preuve par dix que la musique contemporaine n'a pas besoin d'être une prise de tête. À relire ici...

À court de mots: Un auditorium de la Grande Bibliothèque bondé, une effervescence palpable, un projet un peu fou (jumeler de la musique contemporaine, interprétée en direct par l'Ensemble Arkea, à des courts métrages muets), une rencontre des genres mémorable. À revivre ici...

La création du Concerto de l'Asile de Walter Boudreau: N'y avait-il pas meilleur hommage à rendre à Claude Gauvreau au fond que de l'évoquer en musique? Une foule en liesse après une seule écoute d'une oeuvre tantôt pyrotechnique, tantôt intime, la possibilité de réécouter le tout sur Espace Musique, un enregistrement en vue. Je reviens sur le tout dans le numéro courant de Jeu, consacré au thème de la mémoire du théâtre.

Rencontres virtuoses: Deux violonistes exceptionnels, Andrew Wan et Jonathan Crow, tous deux premiers violons solos (l'un à Montréal, l'autre à Toronto) ont uni leurs talents indéniables, un soir seulement, pour nous présenter un périple musical unique, d'un niveau exceptionnel. Mon compte rendu ici...

MUSIQUE POPULAIRE

The Golden Age de Woodkid: le jeune homme est brillant, tant en studio que dans ses réalisations de clips (c'est d'ailleurs à travers une vidéo que j'ai découvert l'album), mais en spectacle au Métropolis, ouf!, ça déménageait! Pressées à quelques mètres de la scène (position que j'aurais probablement abhorrée dans d'autres circonstances), j'ai vibré au rythme des percussions, me suis laissée traverser par les cuivres efficaces et ai chanté à tue-tête, comme tous les autres, les déjà classiques de ce premier album. Pour revivre la soirée...

jeudi 26 décembre 2013

Dessine-moi une chanson

Une petite histoire charmante, dans laquelle la musique joue un rôle essentiel, tirée des voûtes inépuisables de l'ONF. Parce que, parfois, on a besoin de se faire rappeler la présence de notre enfant intérieur...