samedi 31 janvier 2015

Challenge A à Z

A touch of blue... Marine (quel joli nom), dont je découvre le blogue à l'instant par ricochet, nous propose le challenge A à Z en 2015. Un auteur pour chaque lettre de l'alphabet, concept facile à saisir s'il en est. Pourquoi ne pas m'y frotter... Déjà, avec les lectures de janvier, je peux remplir quelques cases. Et vous? Envie d'y participer?

A = Paul Auster et Sam Messer, L'histoire de ma machine à écrire
B = Jean-Philippe Blondel, 06h41 
C = 
D = Hélène Dorion, L'étreinte des vents
E = 
F =  
G = 
H =  
I = 
J = 
K = 
L =  Marie Lefebvre, Flou
M = 
N = Hazel Newlevant, If this be Sin
O =  Yoko Ogawa, Les tendres plaintes
P = J.-B. Pontalis, Marée basse, marée haute
Q = 
R =  Yvon Rivard, Aimer, enseigner
S =  
T = 
U = 
V = 
W = 
X = 
Y = 
Z =

vendredi 30 janvier 2015

Images de Sappho

Chaque saison, « ECM+ présente » invite de jeunes solistes et ensembles de musique de chambre et cette année, vitrine exceptionnelle pour la relève certes, mais surtout occasion unique pour le public de faire des découvertes. Images de Sappho, programme double de haut niveau faisant la part belle à la voix, se veut une rencontre avec les jeunes artistes de Ballet-Opéra-Pantomime (BOP). Celle-ci a indéniablement eu lieu, autant avec les interprètes qu'avec deux œuvres fortes du répertoire contemporain: Five Images After Sappho d'Esa-Pekka Salonen (nouvellement nommé compositeur en résidence du New York Philharmonic pour les trois prochaines saisons) et Orpheus on Sappho's Shore de Luna Pearl Woolf.

Photo: Jonathan Goulet
Également chef d'orchestre, Esa-Pekka Salonen offre avec son cycle pour soprano et orchestre de chambre une page luxuriante, à la palette d'une grande richesse, chaque instrument de l'ensemble se voyant le plus souvent confier des passages idiomatiques, l'architecture des cinq chants se révélant particulièrement cohérente. Même en première écoute, la pièce se révèle d'une intelligibilité totale, chaque phrase, chaque couleur, chaque geste œuvrant à la transmission des textes.

La voix n'est pas tant traitée comme soliste (sauf dans quelques endroits ciblés) que comme collaboratrice, complice plutôt de la texture instrumentale. Si parfois on a de la difficulté à comprendre le texte (peut-être est-ce dû au positionnement de la chanteuse, car dans la deuxième partie, la question ne se pose jamais), on est immédiatement séduit par la voix chaleureuse de Jana Miller, à aucun moment forcée, sa présence scénique indéniable et le raffinement avec lequel elle interprète la partition. On reste aussi soufflé par l'aisance avec laquelle les musiciens de BOP s'approprient le tout, aucun ne pouvant se dissimuler dans la masse sonore d'un groupe, chaque ligne restant parfaitement articulée, chaque respiration musicale concertée. Il faut saluer ici la direction jamais floue d'Hubert Tanguay-Labrosse, qui en a visiblement décortiqué les strates avec minutie.

Photo: Jonathan Goulet
Photo: Jonathan Goulet
La deuxième partie proposait une mise en scène d'Orpheus on Sappho's Shore, opératorio pour soprano, ténor et neuf musiciens de Luna Pearl Woolf, récipiendaire de l'Opera America's 2014 Discovery Grant (qui lui a permis de travailler sur son dernier opéra, The Pillar), oeuvre créée et enregistrée par Véronique Lacroix et l'ECM il y a une dizaine d'années. Là aussi, le rendu de la partition est d'un très haut niveau, musiciens comme chanteurs solistes. Le ténor Arthur Tanguay-Labrosse a accepté au pied levé d'endosser le rôle d'Orphée (il a reçu la partition quelques jours à peine avant la première) et, hormis le fait qu'il chante bien évidemment avec le texte, tire plus qu'adroitement son épingle du jeu. La folie du personnage est déjà bien incarnée et le timbre se révèle chaleureux, riche, complément parfait à la voix de Jana Miller, qui a eu le temps de parfaitement intérioriser le personnage et démontre ses dons d'actrice.

Si le concept même d'un opératorio évoque naturellement un traitement plus statique du propos, Emmanuelle Lussier-Martinez qui signe ici sa première mise en scène a choisi d'intégrer le mouvement en confiant le rôle des muses de la poétesse Sappho à cinq danseuses. Si parfois, la proposition convainc (par exemple dans cette très belle scène où Orphée se voit délesté de son long foulard), à d'autres, elle m'a paru plaquée, comme si on avait hésité entre pantomime et danse (l'apex tumultueux recyclé en faux Sacre du printemps m'a ainsi paru caricatural). Peut-être a-t-elle souhaité trop en mettre, la partition de Woolf et le texte de Wilner se prêtant certes à de multiples interprétations.

Impossible ici de ne pas revenir sur la salle presque comble, particulièrement attentive, composée principalement de jeunes dans la vingtaine et la trentaine. Il aurait peut-être fallu transmettre une photo de groupe à tous ces empêcheurs de tourner en rond.

Il reste quelques places pour la représentation de ce soir, 19 h 30 Conservatoire de Montréal. N'hésitez pas!

jeudi 29 janvier 2015

Peep Show: détournement de regard

Photo: Justine Latour
Solo pour un personnage féminin, Peep Show renvoie rapidement le spectateur à sa nature profonde de voyeur, le plus souvent niée ou du moins camouflée. Il lui crache aussi au visage ses incohérences, perverties presque dès le départ par la scénographie qui suggère une séparation entre la danseuse et lui, l’installant dans un faux sentiment de sécurité.

Pour lire ma critique, passez chez Jeu...

mercredi 28 janvier 2015

Spécialités féminines

Quelle proposition intrigante que celle d'Omnibus présentée ces jours-ci à l'Espace libre! En neuf tableaux (trois solos, trois duos et trois trios, une belle symétrie dans tout cela), Spécialités féminines offre un regard tantôt tendre tantôt décapant sur l'univers féminin. 


Photo: Catherine Asselin-Boulanger
Le tout s'amorce sur un trio de femmes fortes de Jean Asselin qui n'aurait pas déparé les foires d'antan (ou celle, électro trad, de Barbus du Cirque Alfonse) commenté à l'emporte-pièce par une voix enregistrée. Cela peut sembler à première vue complaisant, mais c'est dans les interstices du texte que se joue réellement la chose, comme ce sera le cas dans plusieurs des vitrines proposées, par exemple celle de Réal Bossé dans laquelle la voix hors-champ (celle de Sylvie Legault, troisième complice à la mise en scène) évoque ses nouveaux achats de meuble, alors que Sylvie Chartrand nous raconte une toute autre histoire, particulièrement émouvante. 

On aurait pu se passer des poncifs débités dans « La femme-grenouille » (à prendre au deuxième degré cependant) qui s'étire un peu trop longuement, réduire de moitié les multiples arrêts sur images du tableau final, mais on savourera assurément cet étrange duel qui évoque la rivalité féminine (Laurence Castonguay Emery et Marie Lefebvre exceptionnelles ici), autant que le segment à la fois touchant et troublant dans lequel une mère (Laurence Castonguay Emery) s'adresse à sa fille (Sylvie Chartrand), qui nous rappelle que, malgré les avancées du féminisme, rien n'est encore entièrement gagné et ces « Trois grâces » envoûtantes, sur un lancinant solo de guitare électrique de Ludovic Bonnier, peut-être le moment le plus poétique de la soirée.

mardi 27 janvier 2015

Constellations: univers parallèles

Une vie se résume en une série de choix, certains pris sur un coup de tête, d’autres longuement mûris. Si, ce soir-là, vous aviez donné votre numéro de téléphone à ce garçon séduisant? Si, plutôt, vos routes n’avaient fait que se percuter? Votre trajectoire serait indéniablement modifiée, mais la fin serait-elle au fond différente?

Pour lire ma critique, passez chez JEU...

lundi 26 janvier 2015

Samson et Dalila: pour la prise de rôle de Marie-Nicole Lemieux

Photo: Yves Renaud
Les quatre représentations de Samson et Dalila de l'Opéra de Montréal affichent complet, sans aucun doute parce que Marie-Nicole Lemieux y fait ses débuts dans le rôle. Il faut souligner tout de suite qu'elle éblouit en Dalila, personnage qu'elle décline de multiples façons, démontrant sa polyvalence et la profondeur de sa palette expressive, nous offrant le portrait d'une femme fatale certes manipulatrice qui n'a de cesse que de faire tomber Samson grâce à ses charmes, mais qui peut se révéler tout simplement bouleversante quand elle lui déclare son « amour » dans le célèbre « Mon cœur s'ouvre à ta voix », à la fin du deuxième acte.

La soirée avait pourtant bien commencé, avec un Orchestre symphonique de Montréal en très grande forme dans la fosse, sous la direction de Jean-Marie Zeitouni. L'orchestre a beaucoup fréquenté Saint-Saëns cette saison (notamment dans le cadre d'un enregistrement de ses concertos pour violon, interprétés par le violon solo Andrew Wan) et cela s'entendait. Subtilité dans les articulations, chaleur jamais mièvre dans les timbres, précision constante dans l'énonciation: le compositeur français était admirablement servi. Le Chœur de l'Opéra de Montréal nous a aussi offert une soirée exceptionnelle: diction impeccable, belle projection des voix, uniformité de la masse. Cela ne réussirait malheureusement pas à sauver une soirée interminable et faire oublier la relecture plutôt insipide du deuxième opéra biblique de la saison (après Nabucco, qui faisait rire plutôt que frémir).

Pourtant, les éléments semblaient réunis pour transformer la production en événement: une vraie diva (Marie-Nicole Lemieux), les récents attentats à Charlie Hebdo qui nous rappelaient les dangers du fanatisme religieux en sous-texte, l'utilisation de projections (première participation de Circo de Baruka), un metteur en scène qui a déjà convaincu précédemment (Alain Gauthier). Les dites projections devaient s'avérer assez minimales (mais certes évocatrices dans la scène de l'orage intérieur, devenu réel), tout comme la scénographie (qui rappelaient tous les murs érigés inutilement au fil des ans) et la mise en scène, statique, qui nous a néanmoins donné quelques très jolies images, comme ces lignes de prêtres ou ces bouquets de jeunes femmes.

Côté vocal, Endrik Wottrich campe un Samson mièvre, aux aigus coincés et à la diction plus qu'imprécise. Philip Kalmanovitch, qui avait pourtant séduit dans The Consul semble avoir manqué d'encadrement scénique dans le rôle d'Abimélech. Heureusement, Gregory Dahl en grand-prêtre de Dagon réussit à tirer son épingle du jeu et à se hisser au niveau de Marie-Nicole Lemieux.

Une production qui souligne le 35e anniversaire de l'Opéra de Montréal, mais qui ne passera pas à l'histoire...


samedi 24 janvier 2015

Ballet BC: trois fois bravo

Ballet BC prouve hors de tout doute ces jours-ci au Théâtre Maisonneuve qu’il a atteint l’âge de la maturité, mais surtout de la diversité. Difficile de trouver plus opposées – mais en même temps complémentaires – que les trois chorégraphies proposées aux amateurs montréalais, toutes interprétées avec précision et finesse par les 18 membres de la troupe.

Pour lire ma critique, passez chez Jeu...