lundi 15 octobre 2012

La Recrue a cinq ans!

On se souvient toujours de la première fois… Il y a cinq ans exactement, le 15 octobre 2007, La Recrue du mois naissait.  Carole Beaudoin, qui tenait alors un blogue consacré à la littérature québécoise, avait contacté quelques collègues qui « lisaient québécois », avec cette idée folle de mettre en lumière les premières parutions d’ici. Quatre d’entre nous se joindraient sur le champ à l’aventure : Catherine Voyer-Léger (qui a par la suite assumé la rédaction en chef du webzine de janvier à août 2011), Julie Gravel-Richard (auteure d’un premier roman salué en 2008, Enthéos, qui vient de publier Soleil en tête, son carnet entrepris après qu’on lui ait annoncé qu’elle était atteinte d’une tumeur au cerveau), Venise Landry (qui fait encore partie des rédacteurs) et moi-même. Depuis, d’autres enthousiastes de la nouvelle littérature québécoise – tous bénévoles, soulignons-le – se sont intégrés à l’équipe, certains sur une base régulière, d’autres épisodique, ont poursuivi leur route. Après tout, les passions doivent être partagées!

Quand je suis montée à bord de ce train, je l’ai fait les yeux ouverts, les doigts croisés peut-être (pour reprendre le titre du roman de notre Recrue ce mois-ci, Jocelyn Lanouette), mais sans me projeter dans un avenir plus ou moins lointain. Après tout, comme le rappelle un proverbe gitan, « Ce n’est pas la destination, mais la route qui compte. »


Ceux qui me connaissent savent que je ne regarde pas très souvent vers l’arrière. N’empêche… parfois, on a besoin de constater le chemin parcouru pour continuer à avancer. Il y a cinq ans – ou trois, soyons honnêtes –, quand j’annonçais que je lisais du premier roman québécois, le regard de mon interlocuteur devenait presque aussitôt fuyant. Combien de fois ai-je entendu : « Pauvre toi! » Patiemment, j’expliquais que tous les auteurs, même ceux devant lesquels on fait aujourd’hui la ligne dans les salons du livre, ont commis un premier livre. Cela relève d’une logique imparable, mais on l’oublie trop souvent. D’ailleurs, ce mois-ci, notre collaboratrice Hélène Ferland a découvert Soudain le Minotaure de Marie Hélène Poitras – qui signait récemment Griffintown. Quelques extraits de critiques parues alors se retrouvent également dans son article.

Et puis, après le premier roman, on en écrit un deuxième, un troisième… Philippe Guillaume nous parle cette fois de Nina de Patrice Lessard (relecture d’une même histoire), notre Recrue il y a un an exactement.  Comme par hasard (on se croirait presque dans un scénario hollywoodien!), notre toute première Recrue, Dany Leclair, auteur du Sang des colombes, publie lui aussi un nouveau roman ces jours-ci. Il écrivait en octobre 2007 sur son (défunt) blogue : « Je découvre ce matin une belle initiative de quelques lecteurs passionnés par la littérature québécoise qui viennent de créer un blogue dédié à la critique et à la découverte de nouveaux auteurs. L’idée me plaît bien, il y a tellement de nouveaux visages qui se perdent dans la marée automnale, qui seront éclipsés par la déferlante des auteurs établis, que de consacrer ainsi un espace web à leur première tentative me semble un geste noble. Et bon, il faut bien le dire, j’ai l’immense fierté d’inaugurer ce site, d’être la recrue du mois que les responsables du site ont choisie.»Je me suis entretenue avec lui dans le cadre de l’émission Actualités littéraires, qui sera diffusée demain le 16 octobre à 9 h 05 sur les ondes de CKCU (offerte dès le lendemain en baladodiffusion). Nous avons évoqué notamment ses réactions de Recrue (vous aurez droit à certaines révélations-chocs), mais aussi son lien à la littérature québécoise (qu’il enseigne au Cégep), sa routine d’écriture et, bien sûr, Le Saint-Christophe, son deuxième opus. Il vous en lit d’ailleurs un extrait.

Trêve de nostalgie, regardons vers le présent (grâce aux suggestions de lecture de notre numéro courant), vers l’avenir. Loin de rebuter le lectorat, la nouvelle littérature québécoise aujourd’hui séduit. (On peut penser ici aux succès de Dominique Fortier, Perrine Leblanc ou Samuel Archibald notamment.) Aux malaises d’alors ont succédé les sourires quand j’annonce fièrement mes couleurs. Par toutes sortes de moyens, nous poursuivrons avec conviction notre mission : offrir une vitrine aux premiers ouvrages québécois.  Je tiens à remercier du fond du cœur mon  exceptionnelle équipe de rédacteurs (à laquelle se joint ce mois-ci, deux nouvelles, Marie-Claire Dugas et Maud Lemieux) et mon webmestre préféré. Quant à vous, chers lecteurs, continuez de nous suivre, d’en parler à vos amis, de partager avec votre entourage vos coups de cœur. Surtout, n’oubliez pas votre valise de livres (ou votre liseuse) sur le quai!

 Pour découvrir le numéro d'octobre...

6 commentaires:

Topinambulle a dit…

Bravo à toute l'équipe de La Recrue. Vous m'avez fait découvrir plusieurs auteurs ! Merci :)

Lucie a dit…

C'est un plaisir de servir ainsi la nouvelle littérature :)

Wictoria a dit…

bravo, je suis émue, tu me connais, j'ai vraiment les larmes qui me montent au yeux, de joie car, comme il est démontré à plusieurs endroits de ton article, il faut beaucoup de patience, d'abnégation (bénévolat oblige) pour s'occuper ainsi de promouvoir des oeuvres, mais surtout une belle volonté et un amour indéfectible. bises et bon vent à la recrue heueusement accessible partout dans le monde :)

Lucie a dit…

Merci Wictoria de nous lire :)
Contente que tu participes à la fête!

Caroline a dit…

Que le temps passe ! Je me souviens de mon voyage au Québec en septembre 2007, de ma rencontre avec Jules qui m'a offert une des premières recrues (Les carnets de Douglas) et c'est ainsi que je me suis retrouvée embarquée dans l'aventure ! Une très belle aventure qui me permet de découvrir de beaux livres et des auteurs très prometteurs. Merci à tous ceux qui participent activement à ce voyage !

Lucie a dit…

Merci d'être l'une de nos correspondantes à l'étranger (avec Philippe maintenant) et de continuer de servir d'ambassadrice à la littérature québécoise :)