mercredi 12 novembre 2008

Les 10 règles pour tirer le maximum de son expérience de concert (1/2)

1- À l’heure tu arriveras

Prévoyez de vous asseoir confortablement dans votre siège de 5 à 10 minutes avant le début du concert. Comme les concerts classiques commencent le plus souvent à l’heure (contrairement aux spectacles populaires), vous pourriez sinon devoir écouter la première œuvre dans le foyer, une expérience beaucoup moins gratifiante que celle en salle.

Vous pouvez bien évidemment profiter de ces quelques minutes pour poursuivre votre conversation avec vos voisins ou vous plonger dans l’ambiance du concert en consultant vos notes de programme.

2- Pendant le concert, parler tu éviteras

Les artistes que vous entendrez ont besoin d’une concentration maximale pour pouvoir présenter l’œuvre jouée sous son meilleur jour. Même si, comme tous les musiciens professionnels, ils se sont entraînés pendant des années à faire face aux imprévus (fausses notes, trous de mémoire et bien d’autres impondérables), ils vous seront reconnaissants que vous leur ayez permis de transmettre le message du compositeur dans les conditions les plus inspirantes possible. Souvenez-vous que les musiciens peuvent, eux aussi, vous voir et vous entendre. Profitez néanmoins de l’entracte et de l’après-concert pour échanger vos impressions avec les gens qui vous accompagnent.

3- Ta pastille ou ton bonbon avant le début du concert tu développeras

Il est bien naturel que vous préfériez offrir à votre gorge la douceur d’un bonbon ou d’une pastille plutôt que de déranger par vos toussotements les moments pianissimo du concert mais, de grâce, pensez-y avant pour que l’acoustique sensible de la salle ne décuple vos efforts de discrétion et ne cause le courroux de vos voisins immédiats.

4- Ton cellulaire et ta montre électronique tu éteindras

Si le compositeur avait souhaité entendre un contrepoint de cellulaires et de bruits électroniques, il les aurait intégrés à la partition.

5- De l’atmosphère du concert classique tu t’imprégneras

L’atmosphère du concert classique diffère de celle du concert populaire. Si danser dans l’allée ou chanter sont encouragés pour soutenir les chanteurs d’un groupe rock, l’attitude à adopter n’est pas la même pour les musiciens classiques. Ils ont besoin d’une concentration maximale, idéalement soutenue par le silence du public, pour présenter les œuvres sous leur meilleur jour et en faire partager les beautés.

lundi 10 novembre 2008

Hommage à Jacques Poulin

Dans La Presse d'hier, un très touchant à Jacques Poulin, qui recevait le prix Gilles-Corbeil il y a quelques jours. Pour lire, c'est ici...

Côté littérature, encore, on vient d'annoncer que le prix Goncourt 2008 a été décerné à l'auteur afghan Atiq Rahimi pour Syngué sabour publié par P-O-L. L'écrivain afghan est récompensé pour son premier roman écrit directement en français.

Le prix Renaudot quant à lui a été attribué à Tierno Monénembo pour Le roi de Kahel paru chez Seuil.

vendredi 7 novembre 2008

Le plaisir d'écrire

Je rencontrais mardi dernier Sébastien Filiatrault, l'auteur du Chef-d'œuvre, notre recrue du mois. Contrairement à son personnage, l'auteur n'a aucune difficulté à évoquer le bonheur (dont celui que lui inspire la lecture) et à le vivre au quotidien. Vous pouvez lire l'entrevue ici...

Plus loin


Un peu plus que des amis mais pas tout à fait des amoureux, David et Marie quittent un appartement, sans qu'on sache pourquoi, et partent à l'aventure, sur le pouce. À ceux qui acceptent de les faire monter dans leur voiture et qui demandent leur destination, ils répondent, systématiquement: « Plus loin. » Rentrent-ils chez eux, espèrent-ils trouver une terre plus hospitalière? La réponse n'est pas dans la destination mais bien dans le périple.

David Dorais (auteur d'un recueil de nouvelles et de plusieurs textes publiés par Solaris) et Marie-Ève Mathieu, couple à la ville, signent ici un curieux premier roman à quatre mains. Mi-récit initiatique et mi-galerie de personnages plus ou moins rocambolesques, qu'on découvre au détour de chacun des courts chapitres et des lifts qu'ils réussissent à obtenir, le roman laisse perplexe parce que, plus d'une fois, on se demandera où tout cela nous mènera. Si plusieurs des conducteurs rencontrés sont suffisamment typés pour qu'on sourit en découvrant comment ils interagiront avec David et Marie et les dialogues généralement savoureux, j'ai eu de la difficulté à m'y attacher. Cela n'aurait pas été très grave si j'avais pu plonger dans la psyché de ces deux jeunes idéalistes, mieux saisir ce qu'ils étaient venus chercher sur cette route. Quelques perches pseudo-philosophiques sont tendues ici et là qui tentent de débouter les préjugés généralement entretenus face aux « différences » (orientation sexuelle, âge, ethnies, familles reconstituées, etc.) mais j'ai eu l'impression que, tels les coups de sabre laser de David, elles tombaient le plus souvent à l'eau. On est très loin de Sur la route de Kerouac ou de certains récits inspirés par le voyage à Compostelle par exemple.

Le projet aurait d'abord vu le jour comme une télésérie qui aurait présenté à chaque semaine une nouvelle rencontre, une nouvelle micro-histoire, un nouveau rebondissement. Cette forme aurait été de loin plus satisfaisante à celle-ci, plus bancale qu'hybride. (Cela explique aussi peut-être que d'un chapitre à l'autre, il neige ou que le soleil tape presque sans transition, détail sans importance si on sent clairement que toutes ces rencontres sont indépendantes l'une de l'autre mais qui me semblait ici tenir de l'incohérence.) Certes, je ne me suis pas ennuyée le long de la route mais j'aurais voulu que tout ceci aille plus loin...

mercredi 5 novembre 2008

John Williams... vu (entendu) autrement

Je l'admets ici, je ne suis pas une grande fan des trilogies Star Wars... que je résumerais en des combats au sabre laser et une excellente trame sonore. Présenté comme ici, par contre, je pourrais peut-être bien changer d'idée...

mardi 4 novembre 2008

Jacques Poulin reçoit le prix Gilles-Corbeil

Pour l'ensemble de son œuvre, Jacques Poulin a reçu hier le prix Gilles-Corbeil, remis aux trois ans par la fondation Émile-Nelligan. Le «Nobel Québécois», comme l'a appelé Robert Lévesque, président du jury, est doté de 100 000 $, bourse qui place ce prix parmi les plus importantes récompenses littéraires au Canada.

Ceux qui ont lu Jacques Poulin savent combien la voix de cet auteur est unique, combien chaque mot est travaillé, retravaillé, poncé. Pour ma part, j'ai d'abord abordé Les grandes marées, un peu par hasard (mon fils l'avait lu en classe et j'étais curieuse de découvrir cet auteur), et je suis tombée immédiatement sous le charme. J'en ai ensuite lu quelques autres, qui m'ont tous interpellée à des degrés différents, en ai offerts en cadeau. Ces atmosphères de bord de fleuve, la façon dont le temps semble toujours suspendu, la tendresse que Poulin porte à ses personnages aux destins atypiques mais en même temps si près de nous, restent autant de forces indéniables de cet auteur qui sait se concentrer sur l'infiniment petit pour en faire ressortir l'universel.


Un article de La Presse à lire ici...

dimanche 2 novembre 2008

Anne Bonhomme: La suppléante


La semaine avait été suffisamment dense entre enseignement, écriture, entrevue, concerts et je cherchais une lecture évasion, qui ne me prendrait pas la tête et me permettrait de plonger dans les mots d'une autre plutôt que les miens. J'ai donc pioché dans ma PAL La suppléante d'Anne Bonhomme, un livre doudou. Oui, dès les premières pages, on comprend que, malgré les embûches semées sur son parcours, Mathilde triomphera mais, quel plaisir à la suivre pendant cette demi-année passée à l'école Notre-Dame, une école primaire comme il en existe des centaines.

Quand le roman débute, Mathilde file un mauvais coton. Son amoureux l'a laissée puis l'a éjecté du groupe rock dont elle fait partie depuis des années, Les Bleuets sauvages. Elle n'aura pas le temps de s'apitoyer longuement sur son sort puisque M. Charland, directeur d'école vaguement désespéré (Mathilde est la 27e de 27 sur sa liste de candidats), lui propose d'assumer un remplacement d'une professeur en burnout. Du jour au lendemain et sans expérience autre que d'enseigner le piano à quelques élèves, elle se trouve parachutée dans le merveilleux monde de l'enseignement au niveau primaire. Elle y découvrira les guerres de pouvoir, la tutumanie (« Les amis, tu vas sortir ton cahier! », maladie malheureusement très généralisée), l'absence de matériel adéquat (son piano ne sera accordé que parce que l'ami d'un ami le fera gratuitement et encore, cela fera des vagues) mais surtout le criant manque de soutien devenu la norme dans notre système d'éducation publique. Elle aura à s'adapter, à faire des choix, à trouver sa voie. En route, elle tombera sous le charme des enfants, du père d'un élève doué, Paul, violoncelliste de profession, pas tout à fait libre.

Anne Bonhomme, orthophoniste en milieu scolaire pendant 13 ans, jette un regard parfois caustique sur cet univers si particulier mais le plus souvent tendre. Son attachement au monde de l'enfance transparaît au détour de plusieurs de ces pages. Le style est enlevé, direct et attrayant. Bien sûr, on ne se plonge pas dans un tel roman pour s'extasier sur une figure de style réussie ou une trame narrative inusitée. Parfois, en lecture comme dans la vie, on a besoin d'être édifié et, à d'autres moments, d'être diverti (les deux n'étant pas nécessairement mutuellement exclusifs). Dans la catégorie « lecture légère mais de qualité », ce premier roman tient amplement son pari. En terminant, chapeau aux titres de chapitres qui reprennent des titres du répertoire québécois. Quand on connaît bien la chanson...

En complément, une entrevue avec l'auteure ici...
Un commentaire de lecture d'une revue pédagogique...