mardi 30 novembre 2010

Du mélange des genres

Je suis choyée. Cette semaine, j'aurai le privilège d'assister à trois événements, qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre, mais qui brouillent avec conviction les frontières entre les genres.

Ce soir, je me glisserai Église St-James United pour voir la troupe allemande de hip-hop Flying Steps qui juxtaposera aux douze premiers préludes et fugues du premier volume du Clavier bien tempéré de J.S. Bach (tantôt interprétés au piano, tantôt au clavecin, tantôt échantillonnés) des mouvements acrobatiques dans le spectacle Red Bull Flying Bach. Certains hausseront peut-être les sourcils mais, selon moi, s’il y a une musique classique qui se prête aux relectures, c’est bien celle de ce cher Bach.



Vendredi, ce sera la frontière entre pop et musique contemporaine qui, cette fois, deviendra symbolique dans un spectacle intime mettant en vedette Pierre Lapointe et le Quatuor Molinari. Les arrangements musicaux créés spécialement pour le concert par les étudiants en composition du Conservatoire permettront de découvrir une vision des plus contemporaines des chansons de Lapointe. (Je trépigne...)


Dimanche, le metteur en scène Daniele Finzi Pasca revisite l'univers du dramaturge Anton Tchekhov dans un spectacle qui unit théâtre, danse, acrobatie et musique. Je vous en reparle car j'ai eu le grand plaisir de m'entretenir avec l'artiste récemment et cet article fera la couverture du magazine La Scena dès jeudi.

dimanche 28 novembre 2010

Haut de gamme

J'aime recevoir des paquets, surtout quand ils me parviennent des semaines en avance sur mon anniversaire. (Mieux vaut trop tôt que trop tard, non?) Dans celui-ci, Caro_Carito m'avait glissé une bande dessinée absolument délicieuse, Haut de Gamme (volume I), sous-titrée Bas de gamme. Binet (le papa du désopilant Bidochon) signe ici une BD qui plaira aussi bien aux musiciens amateurs que professionnels. On y retrouve le professeur ronchon type - c'est pas moi, je le jure! - qui subit, jour après jour, les interprétations plus ou moins convaincantes d'étudiants plus ou moins doués. Parmi ceux-ci, l'enfant hyperactif (un modèle disponible en plusieurs exemplaires semble-t-il), la dame qui prend des notes pendant que le prof lui parle du Prélude opus 29 no 4 de Chopin à la troisième personne du singulier (des planches jouissives de vacherie... d'ailleurs, l'auteur glisse en exergue de son livre « pardon Chopin ») ou le veuf à qui les fa dièse font penser à sa défunte épouse et refuse de les jouer dans sa sonate de Mozart.

Le trait de crayon et les dialogues sont mordants mais on sent chez Binet un profond amour de la musique classique (il est d'ailleurs lui-même accordéoniste et compositeur), ce qui lui permet de toujours garder une certaine tendresse même quand il semble près de dépasser les bornes. Je me suis esclaffée à plus d'une reprise lors de cette lecture et, depuis, laisse « traîner » le bouquin pour en partager des extraits avec des élèves adultes (dont celui qui joue l'« infâme » Prélude de Chopin!) et ai trop hâte au deuxième tome. Merci Caro!

Une entrevue avec l'auteur et une petite planche en partage...

vendredi 26 novembre 2010

La musique dans ma vie...

Toutes les swappées ont reçu leur paquet, toutes ont couiné (allez, admettez-le)... Alors, en bonus, aujourd'hui, pour les fans, les dessous du swap. (Vous savez comme ces extras disponibles lorsqu'on écoute un DVD?) Ce que j'ai préféré en tant qu'organisatrice? Mais non, pas déballer mon cadeau (quoi que, c'était très émouvant parce qu'il venait de Catherine... et, oui, je suis en train de lire Lyonel Trouillot depuis hier). Planifier le paquet de ma swappée? C'était sympa, ça aussi, je l'admets. Non, ce que j'ai préféré, c'est de lire les réponses des participantes à mon questionnaire, parce que, quand on aborde le registre musical, on touche souvent à quelque chose de très intime, qu'on soit musicienne ou non. Rassurez-vous mesdames, je n'ai aucune intention de partager ici vos secrets. Je me contenterai de révéler quelques-unes de mes propres réponses, en tout simplicité.

Quelle importance a la musique dans ta vie?

J’en mange depuis que depuis toute petite. Comme Obélix, je suis tombée dedans! Si j’ai grandi d’abord en écoutant exclusivement du classique (jusqu’à l’âge de 12 ans, lorsque j’ai découvert la pop avec les Beatles!), mes parents étant fervents mélomanes et m’amenant pratiquement toutes les semaines au concert classique, j’ai rapidement apprivoisé les autres genres musicaux. J’écoute aussi bien du classique que du jazz, de la musique contemporaine « pointue », du spoken word que de la pop. Je n’écoute pas constamment de la musique mais elle occupe une grande part d’une journée type (moins en soirée, par contre).

La musique classique : tu en écoutes, elle te fait peur, elle t’indiffère?

Elle ne me fait aucunement peur, bien sûr! Mais ce que je préfère, c’est découvrir de nouveaux trucs : œuvres contemporaines, compositions qui m’avaient échappées, nouveau type de répertoire (par exemple, si je connais très bien la littérature pour piano et le répertoire symphonique, je réalise que j’ai de grandes lacunes en musique de chambre, notamment par rapport au quatuor à cordes). Je suis excellent public, sauf pour les trucs trop crossover qui m’horripilent (André Rieu, au secours!)

Jazz : qu’en penses-tu? Certains artistes te font-ils vibrer?

J’aime beaucoup le jazz. Surtout si un pianiste fait partie du groupe (ou c’est un disque piano solo), je vais craquer. J’ai plusieurs enregistrements de Miles Davis et de Ketil Bjornsdat, presque tous les titres d’EST (malheureusement, le pianiste leader du groupe est décédé subitement il y a deux ans). J’adore Keith Jarrett (véritable inspiration), Chick Corea, Bill Evans, Thelonius Monk… Côté voix, j’adore Holly Cole et Melody Gardot mais aussi bien sûr la grande, l’inclassable Ella Fitzgerald. Au cours de la dernière année, j’ai notamment découvert Jamie Cullum (dont j’aime mieux le deuxième album que le premier, un peu « sage »), Brad Mehldau, Kurt Elling et Nilss Peter Molvaer.

Musique pop : quel est ton (tes) groupe(s) ou chanteur(s) préféré(s) et pourquoi?

Jeune, j’ai été très new-wave et limite punk : The Clash, Billy Idol mais aussi New Order, Thompson Twins, Naked Eyes, Eurythmics… J’ai sauté la décennie 90 en pop ou presque, constituée essentiellement selon moi de réchauffé. Plus récemment, j’ai aimé le dernier album de Sade et j’aime bien Coldplay, U2, les derniers disques de Rufus Wainwright. (Mon BFF et moi avons d'ailleurs nos billets pour son prochain spectacle montréalais le 7 décembre.)

Côté francophone, j’aime le toujours classique Brel (quand même, quelle puissance!) et, du côté québécois, je suis fan finie de Pierre Lapointe depuis que je l’ai entendu avec l’Orchestre métropolitain. (Je serai dans la salle vendredi prochain, alors qu'il revisitera certaines de ses pièces avec le Quatuor Molinari, j'ai hâte!)

J’aime aussi découvrir les musiques du monde. J’ai complètement craqué après avoir découvert Mariza par exemple. Autre coup de cœur de la dernière année : le Hesse Projekt, un CD double sur lequel des acteurs et chanteurs connus récitent des textes de Hesse sur musique originale.

Une chanson (ou deux ou trois) que tu aurais voulu avoir composées.

En musique classique, j’aurais aimé pouvoir avoir écrit plusieurs des pièces de Mozart. Le Rondo en la mineur par exemple me représente entièrement.
En jazz, Love me live a river does de Melody Gardot est une de celles que je l’ai le plus écoutée dans mon iTunes, suivie de près par In meinen Leben de Nena (de l’album Made in Germany).
En pop, Si j’étais un homme de Diane Tell, Sweet Dreams are made of these d’Eurythmics et Tainted love (surtout la version de Soft Cell).

Ton premier choc musical (peu importe le genre), ce serait?


Mozart raconté aux enfants, mon disque fétiche enfant. Puis la découverte des Beatles à 12 ans.

Ton dernier?

La compositrice Lera Auerbach. En 21e siècle, aussi, Max Richter, que j’ai découvert avec sa trame de Valse avec Bashir (CD que j’ai écouté en boucle sur MusicMe pendant des jours) puis dont j’ai acheté The Blue Notebook et Songs from Before.
En jazz, Brad Mehldau. (Je revisite d'ailleurs mes réponses transmises au son du disque The Art of the Trio: Progression.)

mercredi 24 novembre 2010

Le colis de Tania

Comme Tania est une SBF, je lui cède la parole ici...

Supeeeeerrrrr!!!!

Voilà le premier mot qui m'est venu à l'esprit en découvrant le contenu de mon colis.

Des livres (que je ne connaîs pas et que j'ai hâte de découvrir), des gourmandises, des bijoux magnifiques....Bref que du bonheur!!!

Merci beaucoup et bises à toutes!!!

Échecs et maths

J'avais beaucoup aimé son premier roman, La suppléante, qui mettait en vedette un prof de musique (évidemment, déjà, vous me direz j'étais gagnée d'avance), suffisamment pour partager mon exemplaire et même l'offrir en cadeau tout récemment à Kikine, lors du swap de la rentrée. J'avais donc très hâte de lire le deuxième livre d'Anne Bonhomme, même si les maths semblent à des lieues de mon univers. (Mais, au fond, même si je ne le dis pas trop fort, les mathématiques et la musique sont de plus proches parents qu'on ne peut le penser à prime abord et comprendre la structure d'une œuvre musicale sauve des heures de travail en aveugle.)

Si je ne suis pas très chick lit (en fait, vraiment pas, j'en lis maximum un par année et encore...), je savais que celui-ci serait différent parce que même si certains thèmes classiques y sont abordés - la quête du parfait mec, ici un Adonis policier, qui entretient une relation très intime avec sa muculature mais n'est pas idiot, les questionnements de carrière, la difficile relation que les filles entretiennent avec leur corps -, Anne Bonhomme sait comment ne jamais tomber dans la facilité ou le roman Harlequin déguisé.

Ophélie est actuaire et mène une vie plutôt ennuyeuse, il faut bien l'admettre. Elle a vécu pendant quelques années avec un homme plus âgé, prof de maths à l'université, n'a pas son pareil pour calculer des probabilités (que ce soit dans le cadre de son travail ou au quotidien), économise pour s'acheter un condo. Un soir où, lassée d'être pour la nième fois dans l'ombre de sa soeur, la (trop) jolie Marie-Pier, qui vient d'être sélectionnée pour participer à une téléréalité américaine, elle se fait arrêter pour excès de vitesse. Désemparée, elle raconte son histoire à la policière qui, finit-elle par se rendre compte, est une ancienne amie de sa sœur et, de façon non accessoire, une adepte de la pensée positive.

Elle la traîne dans des séminaires, engage pour elle une styliste: Ophélie amorce un processus de changement, et pas seulement en apparence. Elle retrouve sa meilleure amie, Sandrine, comédienne qui passe des auditions pour entrer au Conservatoire et à l'École nationale de théâtre, rencontre l'homme de sa vie (mais ce dernier cache de troublants secrets) et tente de pratiquer le lâcher-prise. En quelques chapitres, on devient captif consentant de la plume diablement efficace d'Anne Bonhomme et on se glisse avec autant de plaisir dans l'appartement de Sandrine, dans les séminaires de croissance personnelle (délirant!), dans l'autopatrouille, dans les théâtres (le monde est particulièrement bien décrit), dans la chic résidence de ses parents ou même dans l'île de la tentation de cette téléréalité qui ressemble à tant d'autres mais continue de faire rêver les masses. (Astucieux d'intégrer des interchapitres « confessionnal » au roman, d'ailleurs, clin d'œil à cet « essentiel » dérivé du genre!) On referme le livre le sourire aux lèvres et avec l'envie de le prêter sur le champ à une copine.

lundi 22 novembre 2010

Swappées et swappeuse: qui est qui

L'heure de vérité a sonné, les blogueuses partagent aujourd'hui contenus des swaps et couinements. Mais qui était la swappée de qui?

Voici un tableau récapitulatif, avec le lien vers les billets des participantes (on clique tout simplement pour découvrir les merveilles)...

Les Québécoises

De Lucie à Liceal
De Liceal à Kikine
De Kikine à Abeille
D'Abeille à Catherine
De Catherine à Lucie


Les Européennes

De Margotte à Gwenn
De Gwenn à Nahe
De Nahe à Kloelle
De Kloelle à Sarawasti
De Sarawasti à Tania
De Tania à Patacaisse
De Patacaisse à Caro_Carito
De Caro_Carito à Margotte

Swap: mon colis

Nous tenons à avertir nos lecteurs que ce billet pourrait contenir des traces de couinement...

Je n'ai même pas eu besoin de guetter le facteur car mon paquet m'a été livré, en main propre, par nulle autre que la charmante maman de ma swappeuse, Catherine, une journée plus tôt qu'entendu. Évidemment, aucune surprise au sujet de l'identité de ma swappeuse, puisque, n'est-ce pas, en tant qu'organisatrice, j'étais celle qui lui avais transmise mon questionnaire mais, peu importe, j'avais très hâte de découvrir mon paquet.

Comme j'étais en plein milieu d'un cours, j'ai dû attendre pour ouvrir le paquet qui, il faut bien l'admettre, ne pouvait qu'attirer le regard de l'élève (une adolescente, à qui j'ai expliqué le concept du swap sur le champ, en tentant - difficilement - de maîtriser les couinements dans ma voix). C'est quelque chose, non?

Une fois les élèves partis (parce que, non, en plus, ce n'était pas la dernière de la journée, soupir...), j'ai fait glisser le tiroir et ai tout de suite reconnu le chic minimaliste de Catherine (amie de La Recrue, que j'ai eu le plaisir de rencontrer à quelques reprises déjà et avec laquelle j'ai échangé une pléthore de courriels « techniques » concernant la gestion du site).

Point de départ, donc, la carte. J'avais très hâte de découvrir quel angle elle allait aborder. Le morceau d'elle-même qu'elle partageait était tout simplement son livre préféré, L'amour avant que j'oublie de Lyonel Trouillot... « parce qu'il parle d'amour... et qu'il commence par une chanson ». Je n'ai entendu que de belles choses au sujet de l'auteur mais n'ai encore rien lu de lui. Je peux déjà vous assurer que le livre ne dormira pas très longtemps dans ma PAL. Aimant se donner des défis, Catherine a donc décidé d'intégrer de près ou de loin Haïti à tous les objets dans son paquet. Elle y a donc glissé un disque d'Emeline Michel, une chanteuse créole que j'ai découvert avec plaisir (une voix sublime, une musique qui déborde de chaleur et des arrangements très intéressants) et un deuxième livre, Jazzman de Stanley Péan (auteur que je n'ai lu que dans les journaux ou magazines mais jamais en livre).

En bonus, elle a glissé un calendrier 2011 de jazz, justement, tout simplement magnifique, qui me permettra de penser à elle tout au long de l'année.

Côté gourmandises, évidemment, la contrainte devenait plus difficile à gérer. Elle ne pouvait quand même pas m'offrir du sucre de canne ou carrément du rhum, trop facile... Elle a donc opté pourL'Intrigant (c'est son nom), un délicieux gâteau aux pistaches et à la pâte de goyave. Dommage, vous passez trop tard, il n'en reste plus. (Comment ça, j'aurais pu partager?)


Merci tout plein Catherine pour ce super paquet de swap. Tu es la meilleure! :)