Je prends l'avion pour l'Europe demain soir et ai l'impression de courir un marathon... Au programme: cinq jours à Bruxelles et cinq à Paris. Je ferai le plein de visite de musées (dont celui des instruments de musique bien sûr!), de concerts (musique contemporaine, classique, la comédie musicale An American in Paris au Châtelet) et de théâtre, alors que je mettrai les pieds pour la première fois à la Comédie-Française, pour voir l'adaptation d'Olivier Meyrou (qui avait collaboré au spectacle Acrobates présenté au Festival Montréal Complètement Cirque l'été dernier) de La petite fille aux allumettes d'Andersen, un auteur que j'aime énormément. Et puis, il y aura tous ces amis que je croiserai dans l'une ou l'autre de ces capitales...
Je pars avec tout au plus deux ou trois livres dans mes valises (hormis mes guides et cartes), histoire de pouvoir en rapporter d'autres. À bientôt!
La musique et l’écriture ont été de tout temps les deux pôles de la vie créatrice de l'auteure. Ce site se veut donc un hommage à la musique (particulièrement classique) et à la littérature, mais aussi au théâtre et aux autres manifestations artistiques.
mercredi 26 novembre 2014
dimanche 23 novembre 2014
Avant la retraite: suffocant
« Ce qu'on ne peut perdre, c'est le souvenir. » Avant la retraite, texte massue de Thomas Bernhard est présenté ces jours-ci au Théâtre Prospero. Une histoire d'horreur ordinaire, dans laquelle on découvre un frère et deux sœurs qui, comme tous les 7 octobre, s'apprêtent à célébrer l'anniversaire d'Himmler.
Le texte a eu l'effet d'une bombe lors de sa création en 1979 et l'on comprend aisément pourquoi. Profondément politique, il jette un regard sans concessions sur la montée - ou le maintien diront certains - du national-socialisme en Autriche. Ici, la culture ne sauve de rien, comme en témoigne le piano à queue déglingué au cœur de la scénographie de Geneviève Lizotte ou les remontrances de Vera à sa sœur invalide qui l'« empêche » d'aller au concert et au théâtre (ou plutôt d'y être vue). « Chacun son costume, chacun son rôle » et la vie pourra continuer, un jour de plus, une année encore, même si elle est synonyme de subversion et de haine la plus létale.
Égaux à eux-mêmes, Gabriel Arcand, Violette Chauveau et Marie-France Lambert tirent adroitement leur épingle du jeu et réussissent à ne pas se perdre dans les méandres parfois sinueux du texte. Histoire de faciliter une meilleure réception du propos, certaines coupes supplémentaires auraient sans doute dû être envisagées par la metteure en scène Catherine Vidal dont la relecture du Grand cahier (un autre texte parfois à la limite du supportable) m'avait pourtant envoûtée. Peut-être a-t-elle sciemment choisi de nous servir l'horreur jusqu'à ce que celle-ci nous étouffe.
Jusqu'au 13 décembre au Prospero.
Le texte a eu l'effet d'une bombe lors de sa création en 1979 et l'on comprend aisément pourquoi. Profondément politique, il jette un regard sans concessions sur la montée - ou le maintien diront certains - du national-socialisme en Autriche. Ici, la culture ne sauve de rien, comme en témoigne le piano à queue déglingué au cœur de la scénographie de Geneviève Lizotte ou les remontrances de Vera à sa sœur invalide qui l'« empêche » d'aller au concert et au théâtre (ou plutôt d'y être vue). « Chacun son costume, chacun son rôle » et la vie pourra continuer, un jour de plus, une année encore, même si elle est synonyme de subversion et de haine la plus létale.
Égaux à eux-mêmes, Gabriel Arcand, Violette Chauveau et Marie-France Lambert tirent adroitement leur épingle du jeu et réussissent à ne pas se perdre dans les méandres parfois sinueux du texte. Histoire de faciliter une meilleure réception du propos, certaines coupes supplémentaires auraient sans doute dû être envisagées par la metteure en scène Catherine Vidal dont la relecture du Grand cahier (un autre texte parfois à la limite du supportable) m'avait pourtant envoûtée. Peut-être a-t-elle sciemment choisi de nous servir l'horreur jusqu'à ce que celle-ci nous étouffe.
Jusqu'au 13 décembre au Prospero.
vendredi 21 novembre 2014
Opus: oeuvre maîtresse
On m’avait vanté la proposition de la troupe australienne
Circa et du Quatuor Debussy, articulée autour de trois quatuors de
Chostakovitch. Je m’attendais à être séduite, mais pas à ce point, car en effet,
dans Opus, tout s’articule parfaitement.
Contrairement à la plupart des spectacles de cirque, la
musique ne fait pas que soutenir les prouesses. Elle les inspire; mieux, elle
les justifie. Absolument rien de gratuit ici : chaque geste naît de la
musique de Chostakovitch, de son univers, de l’ère soviétique au cours de
laquelle il a cherché à s’émanciper des diktats, à transformer des musiques
patriotiques en critiques grinçantes de la société, à décrier la guerre, à
pleurer les purges. Autant d’émotions brutes qu’il confie de façon intime dans
ses quatuors, moins scrutés par Staline et ses sbires que sa musique
symphonique.
| Photo: Justin Nicholas |
Les membres du Quatuor Debussy livrent une interprétation
absolument saisissante des quatuors – qui donne envie de se plonger dans leur
intégrale en six disques –, interagissent avec les acrobates, qu’ils offrent
leur chant déchirant à une trapéziste ou soient forcés de jouer les yeux bandés.
Rarement pourra-t-on voir un spectacle aussi cohérent, aussi réfléchi jusque
dans ces moindres gestes.
À voir absolument d’ici au 26 novembre à la TOHU!
jeudi 20 novembre 2014
Bianco su bianco: l'éther des souvenirs
Il y a déjà vingt ans de cela, Daniele Finzi Pasca nous avait séduits avec Icaro, théâtre de l’intime pour un spectateur privilégié qui devient complice de cette fable inclassable sur l’amitié et la maladie.
Avec Bianco su bianco, Finzi Pasca souhaitait revenir aux origines, à la plus simple expression. Il s’inspire une fois encore d’instants volés pour tisser un canevas lâche sur lequel il dessine à traits légers, en blanc : celui de la neige, de la forêt d’ampoules (détournement de celle qui illuminait la cérémonie de clôture des Jeux de Sotchi), des hôpitaux, de l’absence, des souvenirs qui nous fuient dès qu’on les conjure. Le blanc des clowns aussi, qui peuvent se permettre d’aborder, l’air de ne pas y toucher, la violence, la maladie, la mort, mais surtout le doute. Doit-on se méfier de la gentillesse des gens quand on porte sur le corps la marque des blessures intentées? Peut-on s’ouvrir à l’amour? Est-il encore possible de vivre sa vie sans se faire broyer par la soif de pouvoir des autres?
mardi 18 novembre 2014
L'éveil: tableaux d'une émancipation
L’éveil du corps, de la conscience, du désir, des rêves,
d’un certain sens de la communauté… L’éveil,
collaboration du Fils d’Adrien danse et Les enfants terribles, ratisse large et
ne fait pas nécessairement mouche à tout coup. Juxtaposant danse (une
chorégraphie d’Harold Rhéaume), textes (Steve Gagnon et Marie-Josée Bastien) et
projections vidéo, le spectacle suggère plutôt qu’il exprime, à travers une
série de chapitres qui fractionnent le propos et freinent de temps à autre la
fluidité de l’ensemble.
On a sans doute souhaité ici tenir compte la capacité de
rétention parfois volatile des adolescents dans cette adaptation très libre de L’éveil du printemps de Wedekind, qui
traite essentiellement de la difficulté de laisser derrière soi son enfance. La
scène où le jeune homme part s’installer en appartement et réalise en
descendant de la voiture que, lui aussi, s’ennuiera de sa mère, reste un moment
fort du spectacle, mais il risque d’interpeller plus directement l’adulte qui a
déjà fait le deuil de sa jeunesse – peut-être lui-même parent – que le public
cible (qui n’avait pu s’empêcher de ricaner, siffler et commenter à voix haute
quand un baiser a été échangé sur scène quelques instants auparavant).
Pour lire le reste de ma critique, passez chez Jeu...
Présenté dans le cadre du Festival Coups de théâtre. Programmation ici...
samedi 15 novembre 2014
Continuer d'y croire
À quelques
jours de l’ouverture de la 37e édition du Salon du livre de Montréal
(qui se tiendra du 19 au 24 novembre), difficile de se réjouir. Oui, bien sûr,
des centaines d’auteurs sont attendus, désireux d’établir un contact direct
avec leurs lecteurs. Les gros noms y côtoieront nombre de primoromanciers, dont
notre Recrue ce mois-ci, François Racine, auteur de Truculence, qui sera en séance de signatures jeudi le 19 en soirée
et samedi le 22 en fin d’après-midi. Mais il y aura un grand absent, La courte
échelle, le populaire éditeur jeunesse (qui ne néglige pas pour autant la
littérature pour adultes), qui a dû récemment se mettre sous la loi de la
protection de la faillite.
Au moment
d’écrire ces lignes, on ne sait toujours pas si un acheteur sérieux pourra
sauver la mise. Malgré les remous suscités, les prises de position tranchées, nombre
de livres restent prisonniers sous scellés et, bien sûr, les auteurs ne sont
pas payés, la Loi fédérale sur la faillite et l’insolvabilité ayant
préséance sur la loi provinciale sur le statut professionnel des artistes. Les
auteurs risquent donc non seulement de ne pas recevoir leurs cachets, mais – plus
grave encore – de perdre le contrôle de leurs œuvres, les droits pouvant passer
aux mains des racheteurs potentiels. « Le développement culturel du
Québec n’a pas à subir de telles dérives juridiques, notre indépendance
politique et culturelle est la seule façon d’en assurer durablement la
pérennité », soulignait par voie de communiqué Mario
Beaulieu, chef du Bloc québécois.
Malgré la grogne, il
faut continuer de croire en la vitalité de la littérature québécoise et en son indiscutable
nécessité. C’est avec plaisir que nous retrouvons deux anciennes Recrues,
Stéphanie Pelletier qui, après un recueil de nouvelles primé nous propose son
premier roman Dagaz, ainsi que Anna
Raymonde Gazaille qui nous revient avec Déni,
une nouvelle aventure du sympathique inspecteur Paul Morel. Tout comme dans Truculence, la route joue un rôle
essentiel dans Go West Gloria de
Sarah Rocheville. Le nain de Francine
Brunet vous fera plutôt plonger dans un univers baroque avec sa galerie de
personnages plus colorés les uns que les autres. Notre duplex d’Éléonore Létourneau établit quant à lui des
parallèles avec le monde du cinéma, Barcarolle
de Fabrice Amchin (catégorie Hors-Québec) avec la musique.
« La langue française, c’est une
question de vie ou de mort, ici, c’est qui nous sommes en tant que peuple. Il
faut la défendre toujours, il faut savoir que chaque fois que l’anglais gagne
du terrain, c’est un peu de nous qui se perd, savoir que chaque raccourci
angléfié, chaque paresse et chaque statut facebookien dans la grosse langue
dominante de l’Autre omniprésent (pour vouloir faire universel, bien de son
temps, pour rejoindre le plus grand nombre, etcétéra), chaque Oh my God! lancé
(plus capable de l’entendre, cel’-là), chaque incapacité à dire notre réel dans
notre langue à nous, c’est une abdication, c’est une défaite. […] Bref, il faut
résister. Pas le choix », nous rappelle
François Racine dans ses réponses à notre questionnaire. À bon entendeur,
salut!
Vous pouvez lire le numéro courant de La Recrue du mois ici...
vendredi 14 novembre 2014
Vous pouvez maintenant me suivre sur...
... eh oui, après avoir été narguée des centaines de fois au fil des ans, j'ai enfin accepté d'offrir une page FB à Clavier bien tempéré... J'y déposerai le matériel du blogue, mais aussi partagerai articles intéressants, événements culturels, coups de cœur - et peut-être de gueule qui sait... Certaines entrées seront publiques, d'autres réservées aux amis.
C'est par ici...
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