samedi 22 novembre 2008

Un salon vécu différemment


Je n'avais pas mis les pieds au salon du livre de Montréal depuis quelques années, ayant été échaudée un certain vendredi soir par la densité de la masse humaine, la chaleur ambiante et la surstimulation qui nous assaillait de toute part (avec de jeunes enfants qui veulent tout acheter, ça peut devenir pénible). Et puis, hier, j'ai cédé, bien décidé à vivre mon salon différemment. D'abord, j'étais en compagnie de Claudio, livrophage pratiquant, mais qui en était à son premier salon. Et notre mission ne consistait pas à acheter le plus de livres de deux heures (j'en aurai acheté un seul, en trois heures, La maison des temps rompus de Pascale Quiviger dont j'ai tellement aimé le premier roman), plutôt de s'ouvrir au plaisir de la découverte et des rencontres impromptues.

De ce côté-là, j'ai été servie. Arrivée une vingtaine de minutes avant lui, j'en ai profité pour aller rencontrer Catherine Mavrikakis et faire signer mon exemplaire d'Omaha Beach. Vous avez pu lire tout le bien que j'ai pensé de ce titre et du Ciel de Bay City ici, alors j'étais un tout petit peu intimidée. Elle n'est pas le premier auteur à me dédicacer un livre mais les autres l'avaient fait après une entrevue ou parce qu'ils me connaissaient déjà (donc, un vrai contact). Le courant a très bien passé. En quelques phrases, nous étions au coeur de ses livres, nous échangions sur la frontière entre les vivants et les morts, sur certaines réactions de lecteurs déstabilisés et nous avions découvert que nous nous lisions mutuellement, par blogues interposés. En plus, petit détail amusant, mon fils a son frère comme prof d'histoire de l'art et, justement, le jour même, il avait parlé de sa soeur, nominée pour le Prix des Collégiens. (Un débat ou plutôt une vague de fond a frappé le blogue de Venise il y a quelques jours sur ce sujet, je vous invite à découvrir comment.)

Une fois mon ami retrouvé, nous nous sommes dirigés vers le Carrefour Desjardins, où Julie Gravel-Richard venait de terminer un entretien sur l'écriture intérieure (en compagnie également d'une autre Recrue, Mélanie Gélinas). Un réel plaisir de la revoir, ainsi que Venise et Marc, Catherine qui débarquait à peine d'un avion en provenance de Paris (et commençait à ressentir furieusement le décalage horaire). J'ai aussi enfin pu rencontrer Karine, en live, presque par hasard. Je l'ai vue, je l'ai entendue et je me suis dit: « C'est elle! » De beaux échanges sur la littérature, la musique, son boulot, son dernier swap...

Au gré des allées, nous avons échangé avec une représentante de Gallimard, particulièrement convainquante. (En entrant au salon, le Goncourt nous laissait vaguement indifférents; après lui avoir parlé, nous nous sentions presque obligés de l'acheter sur le champ. Nous avons résisté pour cette fois.) Claudio s'est fait un peu bousculer chez Leméac... par Michel Tremblay lui-même. Nous nous sommes tus. J'ai aussi parlé littérature (et même chick lit!) avec Véronique des Éditions Stanké qui m'a fait rencontrer quelques-uns de « ses » auteurs: Éric Trudel (Les 101 disques qui ont marqué le Québec), le journaliste Michel Jean (Envoyé spécial) et Richard Sainte-Marie (Un ménage rouge).

Légèrement exaltés, nous avons ensuite poursuivi la soirée au Pharaon Lounge, pour la Nuit des malaxeurs qui mettaient en vedette pour cette cinquième édition des auteurs de premiers romans, recueils de nouvelles, poèmes, qui ont lu des extraits de leurs oeuvres. Neil Smith (recrue de septembre) m'y avait invitée et je n'ai pas regretté cette soirée, assez débridée merci. Certaines auteures étaient presque étranglées par la timidité lors de la lecture (Dominique Fortier, notre recrue du mois, par exemple). Guillaume Corbeil a fait un numéro de stand-up comic au sujet de sa nomination au GG juste avant de lire un extrait du Relais. Une faune hétéroclite, joyeuse, vaguement délinquante (Neil a dû user d'un maximum de concentration pour lire à travers les bruits de fond très présents) mais plusieurs échanges très enrichissants.

Alors, rendez-vous l'année prochaine?

6 commentaires:

Catherine a dit…

Oui et je serai peut-être plus en forme. ;o)

Venise a dit…

C'est le fun de te suivre après t'avoir quittée. Nous nous rattrapons une et l'autre, par les mots, toujours les mots.

Mais là, écoute, tu m'intrigues. Vous vous êtes tus. Et là, tu continues de te taire car je ne comprends pas, bousculer ?! Il y a bien du silence, de l'entreligne, du sous-texte ... on veut des détails ! Quant à en avoir parlé, il faut compléter. La réputation de Michel Tremblay ne sera pas démolie à tout jamais pour autant. Allez ...

Claudio Pinto a dit…

Grâce à ton billet, j'ai replongé au coeur même du Salon. Et que dire de cette soirée au Pharaon Lounge, soirée que j'aurais aimé étirer à son maximum s'il n'eut été du dernier métro qu'il nous fallait prendre. Bref, de très beaux moments parmi les livres et les auteurs, mais surtout la conscience que tous ces amoureux des lettres, incluant nous-mêmes bien sûr ont aussi le besoin de se rencontrer entre eux et de passer du temps à faire autre chose que d'écrire.

Lucie a dit…

Venise: Ah! l'imagination débordante... Non, rien de si dramatique. Disons que Claudio a été bousculé et moi par ricochet, comme je le suivais de près, la tête penchée dans les livres. Nous aurions peut-être grogné un « Franchement, il pourrait s'excuser! » mais nous avons entendu la voix de Michel Tremblay, qui se rendait à sa table de signature (et qui s'est excusé) et nous avons oublié alors toute récrimination. Surtout que, en même temps, à quelques mètres, se tenait Antonine Maillet. Des monuments, quand même...

Claudio: comme tu as raison. Libérer l'écriture en ne la pratiquant pas.

Danaée a dit…

Lucie, j'ai apprécié te revoir (même si brièvement!) lors de cette soirée!

Je viens de l'écrire chez Claudio, mais j'ai dû revoir mes plans de soirée pour La nuit des Malaxeurs, malheureusement. La fatigue...

Mais à te lire, j'ai un bon résumé de cette soirée et de son intensité!

À bientôt!

Karine :) a dit…

Je me suis d'ailleurs demandé comment tu avais fait pour me reconnaître aussi rapidement!!! Mon accent a peut-être pesé dans la balance! Ca m'a fait vraiment plaisir de te rencontrer, en tout cas!!