mardi 26 octobre 2010

Une grande soirée pour Marianne Trudel

Allez, ouste, assez d'énergie négative qui court sur ce blogue... parce que, même si la température continue d'être maussade et que parfois on doive regarder la déception les yeux dans les yeux, le plus souvent, la musique est une maîtresse bien tendre, comme a pu nous le démontrer la pianiste et compositrice Marianne Trudel mercredi soir dernier, Chapelle historique du Bon-Pasteur, sur le magnifique Fazioli.

Que ce soit en duo avec Karen Young, dans des chansons « qui dormaient dans ses tiroirs » - et qu’elle a bien fait d’en sortir -, oscillant entre une poésie toute en fragilité, presque déchirante (Libellule aux pattes d’or), et ode à l’amour entièrement assumé (Combien d’automnes), en trio, en quatuor ou en quintette, la compositrice a su éblouir et démontrer qu’elle possède un langage unique. Particulièrement atmosphériques et denses, ses œuvres privilégient l’indépendance des voix intérieures et sont dotées d’un sens de l’architecture qui permet à l’auditeur de suivre l’arc d’une pièce à tout moment.  La pianiste a quant à elle fait preuve d’une technique impeccable et  fluide, d’une recherche de sonorité constante (et ce, même dans les passages les plus percussifs, toujours chantants), d’une délicatesse purement somptueuse dans les pianissimos et d’une remarquable qualité d’écoute envers ses complices.

Le contrebassiste Morgan Moore a  opté pour un jeu nerveux, souvent très physique, sans jamais pour autant sacrifier la ligne. Robbie Kuster a fait parler sa batterie comme peu savent le faire, privilégiant une articulation presque lyrique et des sonorités travaillées en aplat, écrin somptueux aux compositions de Trudel (rappelant par moments certains habillages du Danois Alex Riel, collaborateur notamment de Ketil Bjornstad). Le saxophoniste Jonathan Stewart, dont on a pu apprécier les dons de compositeur dans Bumper, pièce à l’énergie contagieuse, a également offert une performance solide, ses lignes mélodiques s’enlaçant naturellement tant à celles des musiciens qu’au scat de Karen Young dans Et la terre tourne, la voix de cette dernière devenant instrument.

Aucun doute, ce concert-là aura paru bien trop court. En partage, une captation de la première pièce du concert en question.


Marianne Trudel - Traversée - L'OFF Jazz 2010 -TVJazz.tv
envoyé par Sortiesjazznights. - Regardez d'autres vidéos de musique.

4 commentaires:

caro a dit…

oh tu donnes envies de l'entendre...

Lucie a dit…

Tu peux écouter un album complet ici http://www.musicme.com/Marianne-Trudel/albums/L%27embarquee-0620675210377.html
Sinon, sur son site, il y a des extraits des deux autres disques.

Oberbaum a dit…

Comme ca fait du bien... Merci !

PS: je n'analyserai sans doute pas le graphique sur la perception de la musique classique, que j'ai posté l'autre jour... C'était mi-ironie, mi-désolation (et pas si proche de la réalité que ca).

Lucie a dit…

Oberbaum: ça ne m'empêchera pas de te lire ;-)