mercredi 20 avril 2011

Fébrilité préconcert

Plus que onze jours avant le concert de mes élèves. Quand je ris, c'est parfois jaune, car voici venu le temps non pas des cathédrales, mais de « serrer la vis » de façon subtile, mais non équivoque. Il y a deux semaines, j'ai assené quelques « tu rigoles? tu n'es pas du tout prêt! » d'un sourire vaguement crispé qui témoignait peut-être d'une certaine exaspération. Pourquoi, à chaque année, les élèves ne se donnent-ils à fond que lorsqu'il est minuit moins une? Il y a bien une ou deux exceptions à la règle, mais si peu... N'empêche, une fois réveillés en sursaut par ma voix tonitruante (même pas vrai), ils ont tous démontré que, tiens donc, ils étaient capables de donner plus. (J'ai tant farci la tête d'un élève hier en l'aidant à mémoriser Galaxy de Lee Evans que je lui ai recommandé de porter des bouchons aux oreilles pour éviter que le contenu ne se répande sur le trottoir ou sur le trajet vers son domicile! Le pire, c'est qu'il a à peine souri, conscient que je n'exagérais presque pas.)

J'ai constaté il y a quelques années en devenant discret membre du public d'un ou deux récitals d'élèves que, sous mon apparente constante bonne humeur (la dernière fois qu'une élève m'a vraiment énervée remonte déjà à plusieurs années), je refuse d'accepter n'importe quoi. Il y a un minimum de respect du texte à instaurer et la musicalité n'est jamais en option. Je préférerai toujours un passage techniquement imparfait mais senti à une interprétation impeccable sans relief. Ce qui me rend le plus fière le matin du concert: quand ils font de la musique et que la pièce, de quatre lignes (j'ai plusieurs débutants cette année, ce qui ajoutera une part importante d'imprévisibilité à la donne) ou de quatorze pages, possède une personnalité distincte, qui laisse autre chose qu'un vague souvenir. Mais d'ici à ce que je les applaudisse à tout rompre, il reste encore passablement de boulot. Ensemble, nous y parviendrons.

5 commentaires:

Kikine a dit…

OHHhhh que cela doit être frustrant de sentir le potentiel de tes élèves et de voir qu'ils ne font pas leur maximum pour l'exploiter ! Allez zen .. je suis sûre que tout va bien se passer :)

Adrienne a dit…

j'ai le même sentiment face aux trop nombreux élèves qui ne se réveillent qu'en vue d'un examen alors que j'essaie de les persuader qu'une langue étrangère, ça demande de l'entraînement, comme la musique, n'est-ce pas ;-)
après l'examen ils me disent que j'avais bien raison et qu'ils feront un travail plus régulier au prochain semestre (hahaha)
courage, Lucie, et succès!

Lucie a dit…

Kikine: je sais que, vraisemblablement, cela va bien se passer le jour même (de toute façon, il serait impossible de battre l'histoire d'horreur vécue il y a 5 ou 6 ans - tous ceux présents s'en rappelle encore) mais d'ici là, on ne relâche pas l'attention. :)

Adrienne: je suis moi-même en apprentissage d'une langue étrangère et je peux témoigner que d'attendre à la dernière seconde pour revoir le matériel est impossible à gérer si l'on veut vraiment assimiler les concepts!
Courage à toi aussi! :)

Caro carito a dit…

Ah ah! Je vais dire ça à mon grand brigand. Mais là il bosse et dur. La précision n'est pas inné chez lui comme chez son frère.

Lucie a dit…

C'est certain. Pour lui aussi, il commence à être moins une. ;-)