mardi 13 octobre 2009

dimanche 11 octobre 2009

Un lecteur

« La nuque d'un lecteur debout au fond.
Son profil gauche.
Mâchoire serrée.
Concentration massive.
Il s'apprête à changer de siècle.
Là, sous mes yeux.
Sans bruit.

J'ai toujours pensé
que c'était le livre qui franchissait
les siècles pour parvenir jusqu'à nous.
Jusqu'à ce que je comprenne
en voyang cet homme
que c'est le lecteur qui fait le déplacement.

Ne nous fions pas trop à cet objet couvert de signes
que nous tenons en main
et qui n'est là que pour témoigner
que le voyage a bien eu lieu. »

Dany Laferrière, L'énigme du retour, p. 32

jeudi 8 octobre 2009

Paris

Quand vous lirez ces mots, je devrais avoir atterri de l'autre côté de la grande mare. J'aurai été raisonnable et aurai seulement glissé dans mes bagages quatre livres, dont un ou deux que j'espère laisser là-bas (la littérature, c'est fait pour être partagé, après tout). Curieux? Bon, d'accord. Outre Phénix (que je terminerai dans l'avion vraisemblablement), il y a Morphoses de Gilles Jobidon, Cartes postales de l'enfer de Neil Bissonndath et À l'Est de l'Eden de Steinbeck.

Je vous retrouve bientôt mais vous laisse quelques surprises d'ici mon retour.

mardi 6 octobre 2009

Quartango

Je pars demain soir, mais avec un petit pincement au coeur quand même. Je manquerai quelques lancements pendant mon absence mais cela m'importe au fond assez peu. (Quand même, Maurizio Pollini et les amis, c'est franchement mieux!) Mais, tout de même, j'aurais bien aimé être de la partie pour célébrer le 25e anniversaire de Quartango. Je connais le groupe depuis leurs tout débuts ou presque et conserve toujours précieusement ma copie d'Espresso.

Virtuosité, musicalité, élégance, sensualité, humour : Quartango décline un tango riche en émotions. Composé de musiciens de haut niveau, soudés par une passion commune du tango et mus par une volonté toujours renouvelée de rejoindre intimement le public, Quartango offre des prestations toutes en nuances, aux couleurs métissées, à la fois ancrées dans la tradition classique, la modernité et l’effervescence des tangueras.

Demain, vendredi et samedi, ils fêteront dignement, au Théâtre Corona, avec les chanteurs Marc Hervieux (qui tient le rôle-titre dans Pagliacci à l'opéra de Montréal jusqu'à demain) et Gianna Corbisiero et les envoûtants danseurs Roxana et Fabian Belmonte.

Vous pouvez écouter des extraits de leur plus récent disque, lancé hier, sur le site du groupe...

lundi 5 octobre 2009

Perplexe

Je n'ai pas encore décidé si j'allais en rire ou pleurer. À vous de juger ce que vous avez raté en n'étant pas au Centre national des arts d'Ottawa samedi soir, lors de l'événement-bénéfice de l'OCNA. Bon début de semaine à tous!

dimanche 4 octobre 2009

L'énigme du retour


Je cours, je cours, histoire de boucler une foule de dossiers avant mon départ vers Paris, dans trois jours. Il m'est donc resté bien peu de temps pour lire des romans cette semaine, à mon grand déplaisir. (Par contre, j'en connais pas mal plus sur Frédéric le Grand, patron pendant un certain temps de Carl Philip Emanuel Bach... Mais, bon, on ne peut pas tout avoir dans la vie, n'est-ce pas?)

J'ai enfin complété hier la lecture de L'énigme du retour de Dany Laferrière, un roman à la forme assez inusitée, qui mélange (faux) haïku et narration plus traditionnelle, autofiction et roman, mais surtout superpose les regards que l'auteur porte (ou portait) sur son pays natal, Haïti. « Le dictateur m'avait jeté à la porte de mon pays. Pour y retourner, je suis passé par la fenêtre du roman. » (p. 156)

Il y a 23 ans, le narrateur (et auteur) a quitté cet Éden devenu purgatoire pour s'exiler dans une contrée où les hivers gomment les différences mieux que tout édit officiel. Devenu un homme mûr, il retourne au pays pour enterrer symboliquement un père qui avait choisi de s'exiler à New York mais surtout dans une certaine folie du quotidien. Il retrouve des lieux chéris lors de son enfance, des amis de jadis, des complices de son père, renoue des liens avec sa mère, sa soeur, son neveu, avec qui il discute de littérature (et qui donne lieu à quelques très belles pages, toutes en sobriété). Il s'approprie autrement un pays qui est le sien mais plus tout à fait, note, avec une certaine fébrilité, les gestes de cette vie qui bat, malgré les privations, les injustices, la violence.

La plume de Laferrière est alerte, elle saisit en quelques mots l'essence même de l'instant.
« Je descends dans la rue
pour un bain
dans ce fleuve humain
où plus d'un se noie

chaque jour. »
(p. 83)

Elle jette les amorces de dizaines d'histoires qui foisonnent et décloisonnent irrémédiablement ce périple vers hier mais aussi vers soi.
« Je crains qu'un événement si fort soit-il
ne puisse jamais bousculer

un homme dans ses habitudes.

La décision est prise bien longtemps avant

qu'on en ait véritablement conscience

et pour une raison qui nous échappera toujours.

L'instant du départ est si longtemps
inscrit en nous que le moment où il arrive

nous semblera toujours banal. »
(p. 43)

Pour pénétrer cet univers multiple, il faut accepter d'adopter un autre rythme de lecture, comme si l'indolence des journées tropicales nous atteignait, comme si nous devenions nous aussi témoins de ces destins qui croisent celui du narrateur et en altèrent irrévocablement le cours. La poésie de ce quotidien si éloigné du nôtre - mais l'est-il vraiment? - touchera alors au coeur.

jeudi 1 octobre 2009

Contagieux

1er octobre, journée internationale de la musique. Vous m'attendez peut-être dans Mozart, Debussy ou Schumann, mais non, pas du tout! Complètement séduite par le clip réalisé par les étudiants en communications de l'UQAM lors de la semaine d'initiation, je vous propose plutôt un lipdub - clip promo chantant selon le Grand dictionnaire terminologique - sur la chanson feel good de l'été 2009, I Gotta Feeling des Black Eyed Peas.

Le lipdub est une bête médiatique à part entière, venu du monde anglo-saxon. On parle ici d'un clip réalisé en plan-séquence (on n'arrête pas la caméra et on tourne en temps réel, sans montage) et en playback, généralement par des collaborateurs au sein d'une même entreprise, destinée à une diffusion Internet, mais surtout à resserrer les liens entres membres d'une même équipe. Réalisé en à peine 2 h 15 de répétition / chorégraphie (on ne savait pas avant la journée même qui se présenterait à l'événement) / tournage (2 prises ont été complétées au total), le clip de Luc-Olivier Cloutier et Marie-Eve Hébert, qui terminent cette année leur baccalauréat en communications (option télévision) est en train de faire le tour du monde.

Moi, de voir toute cette énergie étalée à l'écran, je craque! (Et puis, franchement, j'aime bien mieux ce clip que l'original qui dénature en partie le côté ludique de la chanson...)



Le reportage de CNN