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jeudi 20 février 2014

100 caractères pour un cours d'espagnol?

Vous aimez la micro-nouvelle? Vous sentez-vous capable d'écrire une histoire en quelques mots? C'est le défi lancé par l'École de langues Delengua. Si votre texte de 100 caractères ou moins (on est encore plus court qu'un Tweet!) est retenu, vous pourriez remporter un séjour linguistique pour apprendre l'espagnol à Grenade! Tentant, non?

Apprenez-en plus ici...

jeudi 1 novembre 2012

À la découverte du Québec: un nouveau challenge

Je suis toujours pro-littérature et culture québécoises, alors quand j'ai découvert ce challenge, qui s'étale jusqu'au 24 juin 2014 chez Sunflo, je n'ai pas songé une seconde à y résister.

On peut s'y inscrire en littérature (5 niveaux), culture québécoise (5 niveaux également) ou dans le combiné. Vous aurez sans doute déjà compris que j'ai choisi le combiné, visant le Patrick Senécal (plus haut niveau côté littérature (16 livres et plus) et le Xavier Dolan (13 à 16 articles) côté culture, simplement parce que le jeune cinéaste m'interpelle plus que le fondateur du Cirque du Soleil (niveau supérieur).

On peut encore s'inscrire ici...

samedi 18 août 2012

La vie culturelle des chefs

La culture, quoss'adonne (pour paraphraser Yvon Deschamps)? Au milieu d'une campagne électorale qui relève plus de la campagne de salissage ( il n'y a pas eu de scandale à la une des journaux hier, quel relâchement!) que du débat d'idées, alors que plusieurs utilisent des gros mots et les autres parlent de gros sous, La Presse nous propose ce matin un fascinant profil culturel des chefs des divers partis. En lisant leurs réponses aux dix questions posées, j'ai compris de façon fort éloquente pourquoi l'un ou l'autre des partis ne me rejoint pas.

Quelques exemples?

Dernier livre lu. Jean Charest répond Robert Bourassa de Georges-Hébert Germain (il faut admettre qu'on l'avait vu venir, celle-là...), Jean-Marie Aussant préfère Love All the People, sur l'humoriste américain Bill Hicks (fierté nationale, bonjour), François Legault nous en met plein la vue avec Les mémoires d'Hadrien, le classique de Marguerite Yourcenar et Pauline Marois nous propose Profanation, un polar danois (c'est l'été, après tout). Seuls Françoise David et Amir Khadir ont lu canadien/québécois. La première a lu Dolce agonia de Nancy Huston et le second de Kim Thuy.

Leur chanson de l'été. Pauline Marois propose un classique de Yann Perreau (qui date de 2009), Beau comme on s'aime, François Legault cite le hit d'Adele Rolling in the Deep, Françoise David parle de l'interprétation du mythique Hallelujah de Cohen par Rufus Wainwright au FIJM il y a quelques semaines et Jean-Martin Aussant n'hésite pas à proposer La tête haute, sa propre création (malaise ici quand même). Je n'oserai pas commenter la réponse du PM: « Il n'a pas beaucoup écouté la radio cet été et préfère ne pas se prononcer. »

Dernier concert ou spectacle qu'ils ont aimé. Je suis impressionnée ici: quatre des six nous parlent d'un concert classique, mais les souvenirs de certains (Jean Charest) restent imprécis: « Un concert de musique religieuse en avril dans la salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts de Montréal) ». Une soirée exceptionnelle, à n'en point douter!

Un festival qu'ils fréquentent. Deux votes chacun pour les Francofolies (Pauline Marois et Françoise David) et le Festival de jazz (François Legault et Amir Khadir, qui se promet de découvrir « un jour » le festival western de Saint-Tite). Jean-Martin Aussant préfère le Festival Juste pour rire (et est fan de super-héros). La palme revient encore une fois à Jean Charest: « Il aime tous les festivals, en particulier ceux de la région de Québec, qui lui permettent d'aller à la rencontre des Québécois dans un contexte décontracté et champêtre ». 

Un artiste inspirant. Trois votes sur six pour Robert Lepage. Un bon point pour François Legault ici: « Le pianiste Alain Lefèvre pour son talent et son engagement auprès des jeunes dans les écoles. »

Dernière question, peut-être la plus importante: leur priorité en culture s'ils sont élus. Trois visent une approche pédagogique qui visent à initier de façon plus soutenue les enfants à la culture (chapeau!): François Legault, Françoise David et Jean-Martin Aussant. Deux privilégient le soutien aux créateurs d'ici : Pauline Marois et Amir Khadir. Jean Charest vise le rayonnement international.

Vous me direz que c'est bien beau le commentaire politique, mais qu'aurais-je répondu à ces questions, à cet instant précis. Je reprends donc à mon compte les neuf premières questions, car je n'ai aucune intention de me présenter en politique. On m'a suffisamment reproché au cours de ma vie de ne pas être « diplomate » (j'ai dû rater le cours « palabres et circonvolutions » à l'université) pour que je comprenne bien le message.

samedi 26 février 2011

Nuit blanche

Une pléthore d'activités et d'expositions est prévue ce soir pour célébrer la 8e édition de la Nuit blanche du festival Montréal en lumière. Mieux vaut tard que jamais, j'en serai à mes premières armes et tenterai d'apprécier quelques-uns des 170 activités proposées, la plupart gratuites. Galeries d'art souterraines, présentation de concerts et de pièces de théâtre aux petites heures, soirées de tango ou de rock and roll, de quoi s'étourdir... En espérant que trop ne devienne pas synonyme de pas assez. À improviser au fur et à mesure, yeux et oreilles grand ouverts...


Les détails sont ici...

vendredi 10 octobre 2008

Art-Peur

Sébastien de Cagibi m'a fait suivre ce lien. Paroles, musique, chiffres (qui donnent froid dans le dos), images (parfois un peu excessives) et magnifiques citations d'artistes composent ce clip. Je le partage avec plaisir avec vous...

dimanche 21 septembre 2008

Nebbia

Un spectacle absolument magique du Cirque Eloize, mis en scène par Daniele Finzi Pasca que j'avais tant aimé dans Icaro il y a quelques années, d'une grande poésie, profondément touchant. Pour lire mes impressions plus personnelles, c'est par ici...

samedi 20 septembre 2008

Rire ou délire dans le culturel

Un sketch dangereusement drôle, qui met en vedette Michel Rivard (qui tient son propre rôle), Benoit Brière et Stéphane Rousseau. Mieux vaut en rire? Non, il vaudrait mieux agir!

jeudi 28 août 2008

Art-peur

Je ne suis généralement pas très politisée (ça énerve un tantinet mes beaux-frères d'ailleurs, tous de grandes gueules dans le genre) mais, là, impossible d'essayer de bâillonner mes émotions. En tant qu'artiste, je ne peux que m'inquiéter viscéralement des coupures récentes apportées aux programmes de financement des arts par les ministères du Patrimoine canadien et des Affaires étrangères et Commerce international Canada. Les coupures aux programmes signalées excèderont 44 millions de dollars par année selon les estimés.

Le secteur culturel représente une part importante de l’économie, excédant 46 milliards de dollars et, en 2007, a constitué 7,4 % du produit intérieur brut (PIB). Comme pour tout autre secteur de notre économie, l’investissement dans les arts du gouvernement est critique afin d’assurer la croissance du secteur et que les Canadiens puissent continuer d’avoir accès à des artistes, organisations et expériences artistiques remarquables.

Des artistes mais aussi des hommes d'affaires et des politiciens se sont mobilisés hier à Montréal pour alerter l'opinion publique mais surtout le gouvernement Harper afin qu'il revienne sur sa position particulièrement controversée.

On peut lire ici l'article consacré à la couverture de l'événement.

Nathalie Petrowski en tire aussi son billet du jour ici: « À soir, on débarque Art-Peur »...

Le site de la Coalition canadienne des arts...

samedi 12 juillet 2008

Sophie Calle: Prenez soin de vous


DHC/ART Fondation pour l’art contemporain, un nouvel espace d’exposition situé dans un édifice historique rénové, au cœur du Vieux-Montréal, a été inauguré à l’automne 2007. La fondation frappe très fort cette fois, en présentant, jusqu'au 19 octobre, l'encensée exposition (installation? collaboration? work in progress?) « Prenez soin de vous » de l'artiste française Sophie Calle. À l’origine produite pour le Pavillon français de la Biennale de Venise 2007, l’installation a été présentée ce printemps à Paris et avait suscité une vague d'enthousiasme, notamment sur plusieurs blogues amis. (J'étais d'ailleurs bien triste d'arriver sur les lieux quelques jours à peine après la fin de l'expo, ignorant alors les textes, photos et vidéos feraient le voyage transatlantique dans des boîtes rembourrées vers Montréal alors que je m'envolais vers Paris. Le hasard est parfois très bien fait...)

Au cœur de ce projet en apparence extravagant: un courriel de rupture d'un amant, reçu par l'artiste sur son cellulaire (la technologie n'a plus de limite!), à la dernière phrase particulièrement lapidaire: « Prenez soin de vous ». Sophie Calle qui puise essentiellement dans son vécu les prémices de toute sa démarche artistique (elle a déjà traité de deux précédentes ruptures), décide de prendre ces mots au pied de la lettre. Elle explique sa démarche ainsi: « J'ai reçu un mail de rupture. Je n’ai pas su répondre. C’était comme s’il ne m’était pas destiné. Il se terminait par les mots : Prenez soin de vous. J’ai pris cette recommandation au pied de la lettre. J’ai demandé à 107 femmes, choisies pour leur métier, d’interpréter la lettre sous un angle professionnel. L’analyser, la commenter, la jouer, la danser, la chanter. La disséquer. L’épuiser. Comprendre pour moi. Répondre à ma place. Une façon de prendre le temps de rompre. À mon rhythme. Prendre soin de moi. »

À travers textes parfois presque surréalistes, photos saisissantes, films, Sophie Calle cède la parole à des femmes de toutes professions, qui dénatureront puis incarneront, selon leur champ de spécialisation, leur vécu, la lettre en question. S'y frottent par exemple une comptable (loufoque bilan actif/passif de la relation à travers les termes de la lettre), une normalienne (un texte d'une densité remarquable mais d'une grande pertinence cependant), deux exégètes talmudiques (une analyse proprement fascinante), une policière (on se croirait plongés dans un polar), une éditrice de journal (qui explique pourquoi la lettre est « impubliable », puisque personne n'a été tué, que la personne qui l'a reçue n'est finalement pas si célèbre que cela, qu'elle ne peut être reprise dans le courrier des lecteurs et qu'elle ne dénote donc aucun intérêt et se retrouvera à la poubelle), une graphiste (magnifique détournement de l'objet), une publicitaire (trois déclinaisons punch), une spécialiste d'ikebana (un arrangement floral d'une grande poésie), une spécialiste en étiquette (et comtesse)... Deux traductrices s'y frottent également (une vers l'anglais, l'autre une latiniste) et c'est absolument saisissant de lire leurs commentaires insérés ici et là dans le texte quant aux difficultés rencontrées lors de la réalisation de la traduction. La réviseure s'en donne à-cœur-joie (et nous aussi!) en surlignant en couleurs les multiples répétitions des termes, en encerclant les erreurs syntaxiques (une des phrases est particulièrement boiteuse, il est vrai), émettant quelques « réserves » (hum!) sur le style de l'auteur.

On a ainsi droit à 107 déclinaisons, détournements de la lettre qui deviennent autant de pistes potentielles de détachement pour Calle. Si on pourrait craindre la surenchère, il n'en est pourtant rien. L'exposition est présentée dans des salles sur quatre niveaux, suffisamment intimes pour qu'on ressente la chaleur des lieux et suffisamment vastes pour qu'on puisse circuler de façon libre entre les divers éléments de l'installation tandis que les vidéos sont présentés dans un autre édifice (également rue Saint-Jean). Dans des conditions idéales (c'était le cas cette semaine puisque nous étions très peu sur les lieux, un après-midi de semaine plutôt maussade, de plus lors de la première semaine de l'expo), on peut s'y plonger pendant des heures. (J'ai passé deux heures et demie sur les lieux avec une amie et nous nous promettons toutes deux de revivre l'expérience au moins une autre fois. En plus, comme l'expo est gratuite, pourquoi se priver?) Certains points de vue sont profondément émouvants (la réflexion de la spécialiste des droits de la femme de l'ONU ou la lettre de la mère de l'artiste, par exemple, qui se conclut sur une phrase l'invitant à se servir du matériau pour en tirer une œuvre!). D'autres sont franchement ludiques et déclenchent un rire contagieux. Comment oublier le vidéo du perroquet qui déchiquette la lettre et l'avale, cette clown qui « commente » la lettre ou cette actrice italienne qui transforme la lecture de la lettre en un numéro d'un comique consommé!

Si, à un moment, on n'en peut presque plus de disséquer la lettre sous ses multiples angles (un processus très proche de celui privilégié quand on retourne dans tous les sens les termes d'une rupture, vous reconnaîtrez ici l'astuce de la chose), on finit par se l'approprier, par se laisser toucher par la poésie qui se dégage des objets, par être happé par les choix de chacune. Si ce projet semble à la base terriblement narcissique, au fil de ses circonvolutions il devient universel parce qu'il nous rejoint tous, dans un lieu intime qu'on ne visite qu'à l'occasion, histoire de ne pas réveiller les vieux démons ou raviver les vieilles blessures. Amour, désir, perte, abandon, sont des termes qui ne peuvent que résonner profondément en nous. Ici encore, comme dans plusieurs de ses œuvres antérieures (que j'avoue ne pas encore connaître mais, dès mon retour, je me suis mise à faire des recherches Internet intensives sur le sujet), Sophie Calle réussit magistralement à redessiner les frontières parfois bien floues entre vie privée et vie publique.


  • On peut voir ici deux vidéos de l'expo parisienne (les lieux n'ont rien à voir avec ceux de DHC/ART) sur le site de Louis Roederer, partenaire de l'événement en France. En cliquant sur le mot « femmes », vous avez aussi accès à certaines photos de l'expo.
  • On peut aussi consulter le site de DHC/ART (on offre notamment des visites commentées gratuitement! Vive le mécénat!) Heures d’ouverture : mercredi au vendredi de 12 h à 19 h, samedi et dimanche de 11 h à 18 h – Entrée libre. 451 et 468, rue St-Jean (angle Notre-Dame, dans le Vieux-Montréal).
  • Pour la petite histoire, Sophie Calle parle toujours à cet homme, le fameux X qui, peut-être bien consciemment, lui a offert un finalement plutôt somptueux cadeau de rupture, se doutant peut-être que l'objet pourrait très bien servir d'inspiration à un projet de l'artiste.
  • Pour les littéraires, fanas de Paul Auster (comme moi), le personnage de Maria dans Leviathan est inspiré de Sophie Calle. Ils ont ensuite collaboré à un fascinant projet. À découvrir ici...
  • Une entrevue avec Sophie Calle dans le Voir de cette semaine...

samedi 7 juin 2008

Musée plein air de Lachine

J'aime quand l'art est vivant, qu'il fait partie de notre vie quotidienne, qu'il soit suffisamment présent pour qu'on s'interroge si on le souhaite ou qu'on se contente de le regarder de loin. Je m'arrête souvent devant des murales (officielles ou non), devant certains tags parfois, devant des sculptures. J'aime que ces objets se présentent sous un jour différent, qu'il fasse jour ou nuit, que le ciel soit clément ou non.

Comme dernière activité de mon cours de culture générale, j'ai donc décidé d'organiser un rallye sculpture au Parc René-Lévesque. Le canal Lachine est un lieu magnifique qui nous plonge instantanément dans un autre état d'esprit. Qu'on y circule le dimanche après-midi (en compagnie de nombreux promeneurs, à pied, à vélo ou en patins à roues alignés) ou en semaine, on y posera forcément un autre regard. J'ai d'abord commencé par m'approprier les parcs riverains, pensant y rencontrer une sculpture aux 100 mètres. Euh... c'était plutôt une sculpture au kilomètre, ce qui rend la promenade un peu longue quand on n'est pas à vélo et qu'on compte sur notre chance pour dénicher des sculptures. J'ai fini par réaliser que le gros des installations était en fait présenté au Parc René-Lévesque, une langue de terre sise au milieu du canal (on peut donc, en regardant des deux côtés, contempler les rives du canal en alternance). Et là, effectivement, on rencontre une sculpture aux 50 ou 100 mètres.

Un écriteau informatif, traitant de l'artiste et de l'œuvre, nous éclaire sur chacune des installations sélectionnées. Certaines se veulent franchement ludiques (Détour: le grand jardin de Michel Goulet ou Le déjeuner sur l'herbe de Dominique Rolland, par exemple, qui met en espace bouteille de vin, soulier, nappe, fromage, baguette, balle et chien, mais de façon un peu disproportionné, un peu comme si on se retrouvait dans Alice au pays des merveilles), d'autres plus édifiantes (L'Hommage à René Lévesque de Robert Roussil par exemple, voir photo). Certaines touchent à un niveau purement émotif, tel The Passing Song de Catherine Widgery, qui met en espace le souffle de vent qui quitte le corps des défunts selon les légendes Cherokee. Peu importe comment on décide de l'apprivoiser, le parcours nous habite et on n'a de cesse que d'y retourner une deuxième fois. Au centre du parc, on retrouve aussi un charmant arboretum dans lequel les oiseaux s'en donnent à coeur joie, chaque arbre ayant été offert par une famille ou un groupe d'individus. Un lieu à s'approprier, à quelques minutes à peine du centre-ville, qui nous rappelle que les Montréalais sont des insulaires et qui donne vaguement l'impression de faire l'école buissonnière...

jeudi 17 janvier 2008

Tous pour l'art

Souhaitant prévisionner l'exposition sur Cuba avant de la proposer à mes élèves du cours de culture générale, j'ai rejoint une amie au Musée des Beaux-Arts de Montréal cet après-midi. Belle tentative de ma part pour être en avance: l'expo ne débute que le 31 janvier!
Puisque nous étions sur place, nous en avons profité pour visiter l'exposition Tous pour l'art (entrée libre, jusqu'au 24 février), qui présente des oeuvres de collectionneurs privés montréalais, une exposition vraiment intéressante qui comprend aussi bien des toiles ou des gravures anciennes que des objets d'art (les théières de Mme Birks sont délirantes de créativité... je les aurais toutes intégrées dans ma collection personnelle, si j'en avais eu une!) et des oeuvres d'artistes majeurs tels Tiepolo (deux dessins magnifiques, qui m'ont donné la nostalgie de Venise), Picasso (plusieurs dessins fort intéressants), Renoir (un portrait sublime d'enfant), Van Gogh, Gauguin, Monet (de grand format... j'ose à peine imaginer la valeur marchande), Warhol, Borduas, Riopelle...
L'exposition m'a aussi permis de découvrir des oeuvres d'artistes contemporains que je ne connaissais pas mais dont le travail m'a immédiatement interpellée. Je pense ici à une oeuvre d'Edward Pien, toute en papier découpé, saisissante d'intensité, à Tragédie de Jean Dallaire (qui a laissé mon amie de glace), à une photo d'Edward Burtynsky (son travail est saisissant), à Capillaires de Nicolas Baier qui m'a aussitôt fait penser aux arbres de tidoigts. Nous nous sommes aussi arrêtées dans la galerie d'art contemporain et, outre quelques lumineux Riopelle et le fameux Dryden de Lemoyne, je me suis arrêté devant une toile hyperréaliste de Gerhard Richter, probablement de la même série que celle-ci, qu'on peut voir au Metropolitan Museum de New York. N'hésitez pas à vous approprier l'exposition, vous aussi!

mardi 2 octobre 2007

Centenaire de naissance de Frida Kahlo


Eh oui, incroyable mais vrai, la fougueuse peintre mexicaine est née il y a déjà cent ans. « Un ruban autour d’une bombe », écrivait fort à propos André Breton. Résistante à tous niveaux, vivante dans notre mémoire comme l’une des figures les plus emblématiques et attachantes de l’art du siècle dernier, artiste autant que femme, passionnée jusqu'à l'extrême, Frida Kahlo a vécu les grands bouleversements, autant dans sa vie personnelle (son amour fusionnel avec Diego Rivera sera autant rose qu'épines), physique (son corps la fera souffrir énormément mais sa volonté reste sidérante) qu'artistique, elle pourtant qui disait « Ma peinture n'est pas révolutionnaire ».

Evene.fr y consacre un article ici. Je ne saurais trop vous recommander le visionnement de l'excellent film qui lui a été consacré en 2002, Frida, avec Salma Hayek dans le rôle-titre.

mardi 25 septembre 2007

Un autre disparu


J'ai été très touchée d'apprendre dimanche le décès du mime Marcel Marceau. En lisant des hommages ici et là, j'ai été renversée par tout ce que je ne connaissais pas du personnage: ses origines juives, les histoires d'horreur de la guerre, le fait qu'il avait fondé une école de mime en Israël, qu'il avait été nommé Ambassadeur de bonne volonté de l'ONU comme représentant du troisième âge. Son personnage de Bip était si intemporel qu'on avait l'impression qu'il avait toujours 40, 50 ans au maximum. Il se sera éteint à l'âge de 84 ans, après une vie remplie à craquer de souffrances transcendées en gestes qui en ont touché des millions. Même sans maquillage blanc, son regard était d'une puissance rare, un regard qui vous transperce et qui cristallise tous les doutes.

Vous pouvez lire ici l'article du Herald Tribune (en anglais) ou un portrait fort touchant de Pascal Assouline sur son blogue La république des livres.
Pour le voir à l'oeuvre, un charmant vidéo hommage.

samedi 7 juillet 2007

Ensemble et c'est tout

Une amie, complètement séduite par le livre, l'avait prêté à sa sortie à toutes ses connaissances ou presque. Quand elle me l'avait tendu, j'étais un peu sceptique, je l'avoue. J'ai appris à me méfier des bestsellers qui ne livrent pas toujours leurs promesses. Une fois plongée dedans, pourtant, j'avais été incapable de le lâcher. Le style n'était pas particulièrement joli (aucune phrase à noter dans un carnet de citations) mais l'atmosphère du récit était si tendre, si magique presque, qu'on aurait voulu ne pas avoir à refermer le livre. Quatre écorchés qui se retrouvent, sans se poser de questions, réunis par les hasards de la vie.

Je suis allée voir le film tiré du livre il y a quelques jours, avec cette même amie (juste retour des choses). Même si j'avais oublié quelques éléments narratifs depuis le temps (je ne me souvenais plus par exemple que Frank et Camille devenaient amants), dès les premiers instants, je me suis sentie plonger dans l'univers du roman, avec une rare efficacité. Les acteurs ont collaboré au projet avec une évidente complicité et un touchant professionalisme. Aucun n'a tenté de tirer la couverture pour se mettre en valeur, choisissant de se fondre dans cette histoire qui, au fond, ressemble à tant d'autres mais qui, en étant narrée de si brillante façon, devient une fable d'espoir. L'intensité du Frank de Guillaume Canet est renversante, la fragilité de la Camille d'Audrey Tautou attachante, le Philibert de Laurent Stocker, personnage si improbable, absolument craquant. La Paulette de Françoise Bertin nous interroge en passant sur le temps qui passe, trop vite, trop brutal (cette scène, magnifique, où Camille la baigne mais surtout, celle, sublime, où elle la peint, à peine vêtue d'un peignoir négligeamment ouvert). À s'approprier, qu'on ait lu ou non le livre.

Ici, l'avis d'Éric Simard, qui a vu le film le même jour que moi...
L'avis de Venise...

mardi 17 avril 2007

Que lit donc Stephen Harper?

L'auteur Yann Martel, après avoir constaté le peu d'intérêt que le premier ministre du Canada, Stephen Harper, semble témoigner à la culture, a pris l'initiative d'envoyer un nouveau livre aux deux semaines au premier ministre pour lui permettre de faire le vide ou plutôt faire le plein. En accédant au site http://www.whatisstephenharperreading.ca/, vous pourrez suivre la liste des envois qu'il fera au premier ministre ainsi que les raisons qui ont motivé son choix. Une initiative à saluer!