jeudi 10 janvier 2013

Coup d'oeil philosophique sur les résolutions

Vous avez pris des résolutions la semaine dernière? Pensez-vous être capable de les tenir? Il y a de très fortes chances que, d'ici deux semaines, deux mois, vous flancherez. Pourquoi? Normand Baillargeon propose de mieux comprendre le phénomène en s'appuyant sur le travail de philosophes, d'Aristote à Sartre, de Socrate à Alain. À lire ici...

mercredi 9 janvier 2013

Entretien avec Marius Tremblay

Compositeur, romancier, peintre, poète, Marius Tremblay est de ceux qui refuse les étiquettes. En octobre, j'ai eu le plaisir de l'interviewer, dans le cadre d'une émission spéciale des Actualités littéraires sur CKCU, que je co-animais avec Hans G. Ruprecht.

Marius Tremblay évoque aussi bien son travail de compositeur - notamment son étonnant opéra La diva, la star et le politique - que son premier roman, un polar politique, À l'ombre de la colline, dont je lis d'ailleurs un extrait en ondes.

On peut entendre l'émission, diffusée le 1er janvier, d'une durée exceptionnelle de 42 minutes, en baladodiffusion, ici...


mardi 8 janvier 2013

Artefact

Parfois, j'aime réentendre une pièce aimée un an plus tard, histoire de réaliser la distance parcourue. Comme un leitmotiv émotif, d'une certaine façon. Il y a exactement un an, je découvrais par hasard le documentaire Le cœur d'Auschwitz, qui m'avait profondément troublée. Comment résister alors à la tentation de me plonger, à la même date, dans Artefact, deuxième roman du journaliste et réalisateur Carl Leblanc, écrit non pas pour combler les lacunes du documentaire, mais bien avant que le projet n'ait reçu les divers avals. Habité par cette troublante carte d'anniversaire, impatient sans doute, le journaliste s'était alors fait romancier, histoire sans doute de ne pas perdre contact avec le ressenti.

Le narrateur journaliste qui enquête sur un possible criminel de guerre nazi, installé à Montréal depuis des années, reste un alter ego de l'auteur. Souhaitant étayer son papier, François se rend au Musée de l'Holocauste, lieu où il découvre la carte de souhaits en forme de cœur, mais aussi (il ne le réalise pas sur le coup), une de celles l'ayant signé. Qui sont ces femmes qui ont couru un risque fou pour offrir un cadeau d'anniversaire qui n'a rien de banal à cette Klara? Qu'ont-elles connu, avant l'abomination? Pourront-elles un jour accumuler suffisamment de souvenirs heureux (enfants, petits-enfants, amours), autant de meubles massifs qui servent à barricader la porte de l'horreur? Pourquoi ne pas leur inventer un parcours plausible, à défaut de réel? Après tout, « pour comprendre Auschwitz, il fallait de l'imagination ».

De Tel-Aviv au Auschwitz d'aujourd'hui, en passant par les États-Unis, François enquête, à la recherche d'une vérité qui dépasse les limites de la justice. L'essentiel du propos ici réside pourtant dans la petite musique, celle du quotidien, que Carl Leblanc instille dans ces « faux » souvenirs, devoir de mémoire émotive plutôt que témoignage à valeur historique. Après tout, qu'est l'Histoire, sinon une succession de petites histoires, racontées d'un point de vue biaisé à la base? « François, lui, passa sa fin de soirée dans un bar de Tel-Aviv à jongler avec cette idée que l'Histoire est un roman. »

S'il n'y avait eu que le roman, si ma mémoire n'avait pas encore été, un an plus tard, si envahie par les émotions ressenties lors du visionnement, mes attentes auraient été forcément différentes. Si une image vaut mille mots, un mot peut-il valoir mille images? Je me suis posée la question tout au long de ma lecture. Jusqu'à quel point la « réalité » a-t-elle contaminé ma perception de cette fiction qui aurait pu - qui aurait dû - vivre par elle-même? J'aurais voulu entrer entièrement dans cette histoire inventée, cette faction (la fiction n'est-elle pas une accumulation de faits, transposés, transformés, transcendés?), mais périodiquement, je me sentais freinée, la petite histoire ne réussissant pas entièrement à se dégager de la grande. Est-ce en partie dû au choix d'utiliser des phrases très courtes, se rapprochant de l'écriture journalistique, couteaux plutôt que pinceaux? Aurais-je eu moins l'impression d'une manipulation de l'information si le narrateur n'avait pas été lui aussi journaliste? Peut-être au fond aurait-il fallu d'abord lire le livre, puis après seulement, laisser au documentaire le soin d'articuler le propos autrement...


dimanche 6 janvier 2013

Pour les amoureux de la langue française

Saviez-vous que...

1. Le plus long palindrome de la langue française est « ressasser ». On peut donc le dire dans les deux sens.
2. « Squelette » est le seul mot masculin qui se finit en « ette ».
3. « Institutionnalisation » est le plus long lipogramme en « e ». C'est-à-dire qu'il ne comporte aucun « e ».
4. L'anagramme de « guérison » est « soigneur »
5. « Où » est le seul mot contenant un « u » avec un accent grave. Il a aussi une touche de clavier à lui tout seul!
6. Le mot « simple » ne rime avec aucun autre mot. Tout comme « triomphe », « quatorze », « quinze », « pauvre », « meurtre , « monstre », « belge », « goinfre » ou « larve ».
7. « Endolori » est l'anagramme de son antonyme « indolore », ce qui est paradoxal.
8. « Délice », « amour » et « orgue » ont la particularité d'être de genre masculin et deviennent féminin à la forme plurielle. Toutefois, peu sont ceux qui acceptent l'amour au pluriel. C'est ainsi!
9. « Oiseaux » est, avec 7 lettres, le plus long mot dont on ne prononce aucune des lettres : [o], [i], [s], [e], [a], [u], [x] « Oiseau » est aussi le plus petit mot de langue française contenant toutes les voyelles (hormis le y). Eh oui !

jeudi 3 janvier 2013

Liste de lectures 2012

Une année 2012 très fertile, semble-t-il, avec 114 titres. Par rapport à 2011, je remarque que j'ai lu plus d'essais, de poésie et quelques livres pour enfants.

Alors, voici donc, une liste que j'espère la plus complète possible. Les titres surlignés sont commentés sur le blogue. Et maintenant, on remet les compteurs à zéro.

Collectif, Printemps spécial ***1/2
Collectif de femmes innues, S'agripper aux fleurs ***1/2
Pour Leonard Cohen (Moebius 133, collectif) ***
Réinventer le 11 septembre (Moebius 130, collectif) ***1/2
Chants libres: 20 ans de création ***
Marie-Christine Arbour, Utop ***
Gilles Archambault, Qui de nous deux? ****
Louise Auger, Le dernier hiver ***1/2
Nina Berberova, Borodine ***
Mélina Bernier, Amour debout ***
Calixthe Beyala, C'est le soleil qui m'a brûlée ***
Christian Bobin, L'assassin était blanc comme neige ***1/2
Mario Boivin, L'interrogatoire Pilate **1/2
Charles Bolduc, Les truites à mains nues ***
Yves Bonnefoy, Rome 1630 ***1/2
Elena Botchorichvili, Seulement attendre et regarder **1/2
Simon Boulerice, Danser a capella ***1/2
Simon Boulerice, Javotte ***1/2
Michèle Bourassa, Une femme comme il faut ***
André Carrier, Rue Saint-Olivier ***
Nicolas Chalifour, Variétés Delphi ***1/2
Claude Clément, Le luthier de Venise ***1/2
J.M. Coetze, Disgrâce ****
Véronique Côté et Steve Gagnon, Chaque automne j'ai envie de mourir ***
Emmanuelle Cornu, Jésus, Cassandre et les demoiselles ***
Kéthévane Davrichewy, Les séparées ***
Normand de Bellefeuille, Mon nom ***1/2
Marie Décary et Élisabeth Eudes-Pascal, Ana ***
Daniele del Giudice, Marchands de temps ***
Guy Delisle, Chroniques de Jérusalem ***1/2
Martine Delvaux, C'est quand le bonheur? ***
Martine Delvaux, Les cascadeurs de l'amour n'ont pas droit au doublage ****
Denise Desautels, Pendant la mort ***1/2
Régine Detambel, Opéra sérieux ***1/2
Delphine de Vigan, Rien ne s'oppose à la nuit ****
Delphine de Vigan, Un soir de décembre ***1/2
Agnès Domergue et Sandrine Kao, Les notes des Monsieur Croche ***1/2
Louise Dupré, Une écharde sous ton doigt ***
Marguerite Duras, La maladie de la mort ***1/2
Marguerite Duras, Lire ***1/2
Gaston-Paul Effa, Je la voulais lointaine ***1/2
Annie Ernaux, Journal du dehors ***
Annie Ernaux, L'occupation ***
Léon-Paul Fargue, Ravel ****
David Foenkinos, Le potentiel érotique de ma femme ***
Élise Fontenaille, L'homme qui haïssait les femmes **1/2
Lise Gaboury-Diallo, Les enfants de Tantale ***
Alexis Galmot et Till Charlier, La boulangerie de la rue des dimanches ***1/2
Laurent Gaudé, Dans la nuit Mozambique ***
Vickie Gendreau, Testament ***
Sylvie Germain, Hors champ ***1/2
Sylvie Germain, Le monde sans vous ***
André Gide, Notes sur Chopin ***
Bernard Gilbert, Le rossignol, Renard et autres fables ***1/2
François Gilbert, Coma ***1/2
Valentine Goby, La note sensible ***1/2
Edward Gorey, Le couple détestable ***
Nadia Gosselin, L'amour n'est rien ***
Julie Gravel-Richard, Soleil en tête ***
Daniel Grenier, Malgré tout, on rit à Saint-Henri ***1/2
Luigi Guarnieri, Une étrange histoire d'amour ***1/2
Faïza Guène, Kiffe kiffe demain ***
Brigitte Haentjens, Une femme comblée ***
Helen Haff, 84, Charing Cross Road ***
Peter Handke, Après-midi d'un écrivain ***
Anne Hébert, Le torrent ****
Ernest Hemingway, L'étrange contrée ***
Vartan Hézaran, Là-bas dans la plaine ***
Nancy Huston, L'espèce fabulatrice ***1/2
Janeczka, La saison de mes rêves ***
Michel Jean, Elle et nous ***1/2
Raphaël Jerusalmy, Sauver Mozart ***
Gilles Jobidon, Combustio ****
Gaëlle Josse, Les heures silencieuses ***
Gaëlle Josse, Nos vies désaccordées ****
Claire Keegan, Les trois lumières ***
Yasmina Khadra, L'équation africaine ***
Jocelyn Lanouette, Les doigts croisés ***
André Leblanc et Barroux, Le piano rouge ***
Hélène Lépine, Un léger désir de rouge ***1/2
Georges Leroux, Wanderer, Essai sur le Voyage d'hiver de Schubert ***1/2
Michèle Lesbre, Sur le sable ***
Eveline Mailhot, L'amour au cinéma ***
Émile Martel, Pour orchestre et poète seul ***
Ricardo Menendez Salmon, La philosophie en hiver ***
Carl Norac et Delphine Jacquot, Monsieur Chopin ou le voyage de la note bleue ***1/2
Audur Ava Olafsdottir, Rosa candida ***1/2
Pierre Ouellet, Le premier venu ***1/2
Madeleine Ouellette-Michalska, Autofiction et dévoilement du soi ***1/2
Dominique Paravel, Nouvelles vénitiennes ***
Pierre Raphaël Pelletier, Entre l'étreinte de la rue et la fièvre des cafés ***1/2
Stéphanie Pelletier, Quand les guêpes se taisent ****
Clermont Pépin, Picoletta (souvenirs) ***
Jean-Bertrand Pontalis, Elles ***1/2
Jacques Poulin, L'homme de la Saskatchewan ****
Pascal Quignard, Les solidarités mystérieuses ****
Pierre-Jean Remy, Berlioz ***1/2
Martin Robitaille, En chemin je t'ai perdu ***
Danielle Roger, Éclats de verre en vase clos ****
Jean Rolin, Le ravissement de Britney Spears ***
Karine Rosso, Histoires sans Dieu ***
Jean Royer, Poèmes de l'écoute ***
Felwine Sarr, Méditations africaines ***1/2
Marcelle Sauvageot, Laissez-moi ***
Michel Schneider, La tombée du jour (Schumann) ****Michel Serres, Musique ***
Mathieu Simonet, La maternité ***
Alexandre Soublière, Charlotte before Christ ***
Olivia Tapiero, Espaces ****
Élise Turcotte, Guyana ****
Alissa Walser, Au commencement la nuit était musique ***1/2
Louise Warren, Anthologie du présent ***1/2
Louise Warren, Apparitions ****
Christian Wasselin, Berlioz, Les deux ailes de l'âme **1/2
Valérie Zenatti, Une bouteille dans la mer de Gaza ***1/2


mercredi 2 janvier 2013

2012 en lectures

La liste complète de mes titres lus en 2012 sera archivée dans le prochain billet (avec liens), mais avant de passer au côté statistiques, un petit retour sur cette année 2012, qui n'aura pas été (surprise dans la foule!) celle de la fin du monde.

Doublés

Peu d'auteurs ont été lus plus qu'une fois, mais quand on aime, on ne compte pas, n'est-ce pas? Aucun excès de ma part, seulement des doublés ici: Simon Boulerice (délicieux Danser a capella et jouissif Javotte), Martine Delvaux (magnifique Les cascadeurs de l'amour n'ont pas droit au doublage, sympathique C'est quand le bonheur?), Delphine de Vigan (coups de cœur pour Rien ne s'oppose à la nuit, au programme de mon club de lecture, et Un soir de décembre), Marguerite Duras (deux classiques, Lire et La maladie de la mort), Annie Ernaux (Journal du dehors et L'occupation - je reviendrai à cette auteure), Sylvie Germain (Hors champ et Le monde sans vous), Gaëlle Josse (contrairement à la majorité des blogueuses, j'ai préféré Nos vies désaccordées aux Heures silencieuses) et Louise Warren (Anthologie du présent et Apparitions). Des voix de femmes, sauf celle de Simon Boulerice, qui possède néanmoins une sensibilité particulière pour décrire les univers féminins.

Littérature québécoise

Cela reste un plaisir total de lire québécois et je dois dire que si j'ai à peine bronché quand j'ai vu l'avalanche des prépapiers sur la rentrée littéraire française, j'ai suivi avec avidité tous ceux liés à la rentrée québécoise.

Pêle-mêle, soulignons Combustio de Gilles Jobidon, Qui de nous deux de Gilles Archambault, Variétés Delphi de Nicolas Chalifour, Les cascadeurs de l'amour n'ont pas droit au doublage de Martine Delvaux et Apparitions de Louise Warren (cités plus haut déjà), Guyana d'Élise Turcotte, ainsi qu'un très beau Jacques Poulin, L'homme de la Saskatchewan et, côté poésie, Éclats de verre en vase clos de Danielle Roger.

La Recrue du mois

Une année faste ici. Aucune réelle mauvaise pioche de toute l'année, mais de réels emballements pour Coma de François Gilbert, Quand les guêpes se taisent de Stéphanie Pelletier (que j'ai offert à deux reprises depuis sa sortie) et Un léger désir de rouge d'Hélène Lépine.


Actualités littéraires sur CKCU

Depuis septembre, j'ai la joie d'animer, une fois par mois, une émission de radio qui met la nouvelle littérature québécoise en valeur sur les ondes de CKCU Ottawa. Paradoxal peut-être que l'invitation soit venue d'une station universitaire ontarienne... mais, avec la magie de la baladodiffusion, le monde entier y a accès. Après tout, n'habitons-nous pas dans un grand village?

mardi 1 janvier 2013

Toucher

Que vous souhaiter en ce premier jour de la nouvelle année? Paix, santé, sérénité?
Et si j'osais vous souhaiter de vous laisser toucher, de toucher les autres, tout au long de cette année?

Nina Simone l'avait déjà magnifiquement compris, il y a plusieurs années déjà...
« Have we lost the touch that means so much
Have we lost the human touch... »