jeudi 12 janvier 2012

On trouve de tout...

Petit matin neigeux, rendez-vous avec mon accordeur, venu requinquer mon piano d'enseignement en ce début d'année. Me rappelant qu'un petit élève avait réussi avec un doigté incroyable à égarer une petite carte de note (de deux cm sur deux) l'année dernière alors que je tentais de lui inculquer (plus ou moins malgré lui) les bases de la lecture, je lui demande de soulever quelques touches pour pouvoir le récupérer. Un souvenir diffus (cela fait quand même plus de six mois) me pousse à lui indiquer l'octave sous le do central. Pas de succès. On enlève quelques autres touches, récupère non pas une mais deux cartes.

Une fois lancé, pourquoi s'arrêter en chemin? L'aspirateur et un pinceau sont offerts et il se met à nettoyer l'assise des touches dans son ensemble. (Cela n'avait clairement jamais été fait...) Et là, surprise, au milieu de la poussière, nous découvrons deux pages du Devoir datées de janvier... 1958! Malheureusement, on parle ici de nouvelles du sport (le « Rocket » allait arbitrer un match d'anciens à Vancouver), de cotes de la bourse (on peut notamment y suivre le « cours des huiles »!), d'annonces classées et d'avis publics, mais quand même... Pensait-on offrir une isolation à l'instrument de cette manière? Grand mystère...


mercredi 11 janvier 2012

Notes sur la mélodie des choses

« Et l’art n’a rien fait sinon nous montrer le trouble dans lequel nous sommes la plupart du temps. Il nous a inquiétés, au lieu de nous rendre silencieux et calmes. Il a prouvé que nous vivons chacun sur son île; seulement les iles ne sont pas assez distantes pour qu’on y vive solitaire et tranquille. L’un peut déranger l’autre, ou l’effrayer, ou le pourchasser avec un javelot – seulement personne ne peut aider personne. »
Rainer Maria Rilke, Notes sur la mélodie des choses (XI)
   « A cette fin, il faut avoir distingué les deux éléments de la mélodie de la vie dans leur forme primitive ; il faut décortiquer le tumulte grondant de la mer et en extraire le rythme du bruit des vagues, et avoir, de l’embrouillamini de la conversation quotidienne, démêler la ligne vivante qui porte les autres. Il faut disposer côte à côte les couleurs pures pour apprendre à connaître leurs contrastes et leurs affinités.   Il faut avoir oublié le beaucoup, pour l’amour de l’important. »
Rainer Maria Rilke, Notes sur la mélodie des choses (XXII)

dimanche 8 janvier 2012

Ana

La SMCQ (Société de musique contemporaine du Québec) rend hommage cette saison à Ana Sokolovic. Cet événement à grande échelle permet aux diverses sociétés  de glisser une ou des œuvres de la compositrice dans leur grille de programmation. Dans une volonté des plus louables de rejoindre la jeune génération, elle propose également une bande dessinée, signée Marie Décary et Élisabeth Eudes-Pascal, tirée à 25 000 exemplaires, disponible gratuitement aux professeurs qui en font la demande (seuls les frais de poste sont à débourser). L'objet permet d'apprivoiser de façon ludique la vie assez effervescente de la compositrice, de son Belgrade natal à Montréal, ville qu'elle a adoptée en 1992. Elle y complétera une maîtrise en composition avec José Evangelista, sera jouée dès 1995 sur la scène locale (puis nationale et internationale) et y rencontrera également celui qui allait devenir son mari (et père de ses deux enfants), le compositeur Jean Lesage.

La bande dessinée se dévore avec plaisir, que l'on connaisse ou non le travail de la compositrice. J'ai déposé l'objet entre les mains de plusieurs de mes jeunes élèves qui me l'ont tous remise avec un grand sourire après lecture. En complément, on retrouve quelques jeux d'écoute, une recette pour composer, un lexique, une biographie plus « officielle » de la compositrice, ainsi qu'une liste de ses créations marquantes.

La SMCQ propose également sur son site des capsules vidéo thématiques, dans lesquelles Ana Sokolovic parle de son parcours hors normes et de sa passion pour la composition ainsi qu'un guide de l'enseignant, qui facilite l'utilisation en classe. Le Centre de musique canadienne a de plus passé commande à Sokolovic pour Viva la musica!, une œuvre spécialement écrite pour harmonie et chœur scolaires, dont les partitions sont disponibles à coût minime ici...

vendredi 6 janvier 2012

Le coeur d'Auschwitz

La télé nous réserve parfois d'agréables surprises, au moment où on s'y attend le moins. Quand je l'ai allumée hier, je n'espérais rien, hormis peut-être quelque film de saison ou une émission pétrie de  bons sentiments qui sonne creux. Et pourtant... Radio-Canada avait décidé de présenter le documentaire Le cœur d'Auschwitz, véritable inspiration de courage et d'espoir. Le cœur d'Auschwitz est un objet étonnant: une petite carte de vœux qui se déplie comme un origami, fabriquée clandestinement par des prisonnières, pour l'anniversaire de l'une d'entre elles, Fania, le 12 décembre 1944. À l'intérieur, des phrases en hébreu, en français, en polonais, qui traversent l'âme, des décennies après. « Avec les autres, il faut rire. Quand tu pleures, cache-toi. » ou  « Quand tu seras vieille, mets tes lunettes et rappelle-toi de mon nom. » ou encore « Notre victoire, ce sera de ne pas mourir. »

En voyant l'objet, exposé au Centre commémoratif de l'holocauste à Montréal (il faudra absolument que j'aille enfin y faire un tour), le documentariste Carl  Leblanc a su qu'il tenait là quelque chose, sans trop savoir quelle forme le film prendrait. En effet, comment faire revivre cette histoire improbable de courage, le cœur de papier étant passé d'une main à l'autre, dissimulé par toutes celles qui l'ont portée, même lors de la Marche de la mort de janvier 1945? Il a retrouvé Fania Sainer (dont l'anniversaire était alors souligné), qui habite maintenant Toronto, s'est ensuite jeté sur les traces des autres, de l'innommable passé, de façon plus intuitive qu'objective.

Si la facture du documentaire reste assez conventionnelle et que par moments, on s'interroge sur l'insistance avec laquelle Leblanc presse les survivantes de se souvenir d'une époque qu'elles ont tout fait depuis pour oublier, on sort du visionnement bouleversé, bien sûr par l'ampleur du génocide (malheureusement pas le dernier), mais surtout par la luminosité qui perce à travers tout cela. De voir ces grand-mères, se retrouvant après toutes ses années, dénudant leurs avant-bras pour dire à haute voix le numéro tatoué, d'entendre ces enfants d'une des signataires évoquer la générosité de leur mère aujourd'hui décédée, d'être témoin de la tendresse d'une classe d'enfants du primaire qui offre à Fania un nouveau cœur de papier, qui comprend des messages en français, anglais, chinois, espagnol et allemand, rappelle que, au-delà de l'horreur, la vie continue certes, mais surtout continue d'émouvoir.

Un document pédagogique conçu pour les enfants du 3e cycle primaire en lien avec ce documentaire.

jeudi 5 janvier 2012

Le défi de faire plaisir à une livrophage

J'aime les livres et je ne m'en cache nullement. Si on me croise dans un transport en commun, je pourrais ne pas vous remarquer, plongée dans la lecture d'un ouvrage spécialisé ou d'un roman. Je suis celle qui, même dans une toute petite ville, essaie de trouver la librairie, histoire de prendre le pouls des tendances locales. Malheureusement, cela veut souvent dire, paradoxalement, que les gens n'osent pas m'offrir de livres. « Elle l'a sûrement lu, celui-là... »

Quelques valeureux ont bravé les interdits dans les dernières semaines; très peu, il faut bien l'admettre. Alors que plusieurs blogueuses nous ont font saliver avec des étalages affriolants de livres glissés dans la hotte du Père Noël, dans mon cas, ce sera bref, et pourtant... De façon assez savoureuse, tous les livres reçus ont rapport à l'Allemagne et/ou à la musique. Une tendance 2012? Vielleicht... 

Quelques livres en version bilingue (il y a quand même une certaine satisfaction à déchiffrer un paragraphe de Rilke dans le texte!), un roman (traduit celui-là) qui évoque la Vienne de 1777, Mozart, Maria Theresia Paradis et Mesmer (Au commencement la nuit était musique; je vous en reparle sans aucun doute très bientôt) et, dernier arrivé, directement du Dussmann das Kulturhaus (véritable caverne d'Ali-Baba, avec un étage complet dédié aux disques classiques , je salive juste d'y repenser)  de Berlin (cet ami qui y a passé les derniers dix jours est bien chanceux que je l'aime beaucoup, sinon, j'aurais été mortellement jalouse): le Mozart Handbuch de Silke Leopold (oui, tout en allemand celui-là, des heures de plaisir), une véritable mine d'information, que j'ai très hâte d'utiliser lors de la rédaction de futures notes de programme. (Schade, je dois justement me pencher très bientôt sur le Quatuor pour piano et cordes K. 478, que jouera en février Menahem Pressler et ses amis.) Cela valait la peine d'attendre...

mardi 3 janvier 2012

Liste lectures 2011

J'ai peine à le croire, mais il semble que j'aie lu 100 livres cette année, un beau chiffre tout rond. Pourtant, il y a des semaines pendant lesquelles j'avais l'impression de lire uniquement des livres de musicologie ou des analyses d’œuvres... comme quoi!

Alors, voici, pour archivage et consultation ultérieure, la liste complète. Les titres surlignés sont commentés sur le blogue. On remet les compteurs à zéro... et on apprivoise doucement l'idée que les vacances se terminent...

Berlin Tales ***
Marie-Christine Arbour, Drag ****
Marie-Christine Arbour, Une mère ***
Paul Auster, Sunset Park ***
Edem Awumey, Rose déluge ***1/2
Etienne Barilier, Piano chinois ***1/2
Tonino Benacquista, Homo erectus ***1/2
Christian Bobin, Tout le monde est occupé ***
Valérie Carreau, La huitième gorgée ***
Normand Chaurette, Scènes d'enfants ***1/2
Francis Dannemark, Les petites voix ***1/2
Lynn Diamond, Leslie Muller ou le principe d'incertitude ***1/2
Lynda Dion, La dévorante ***
Philippe Drouin, Les bras de Bernstein ***1/2
Nathaly Dufour, Sous la toge 2 ***
Annie Dulong, Onze ***1/2
Isabelle Eberhardt, Amours nomades ***
Christine Eddie, Parapluies ***1/2
François Emmanuel, La leçon de chant ***1/2
Anna Enquist, Contrepoint ****1/2
Hélène Ferland, Une nouvelle chasse l'autre ***1/2
Maxence Fermine, Amazone ***1/2
David Foenkinos, Lennon ***
David Foenkinos, Les souvenirs ***1/2
Marc Forget, Versicolor ***1/2
Christian Gailly, K. 622 **1/2
Claudie Gallay, Les déferlantes ****
Nicolas Gilbert, La fille de l'imprimeur est triste ***1/2
Brigitte Giraud, Une année étrangère ****
Daniel Glattauer, La septième vague ****
Joey Goebel, Torturez l'artiste! ***
Mélissa Grégoire, L'amour des maîtres ***
Philippe Grimbert, Un secret ****
Hermann Hesse, Le loup des steppes ***1/2
Suzanne Jacob, Amour, que veux-tu faire? ***
Franz Kafka, La colonie pénitentiaire et autres récits ***
Yasmina Khadra, L'Olympe des infortunes ***
Jacinthe Laforte, Cité carbone ***
Guy Lalancette, Le bruit que fait la mort en tombant ***1/2
Marie-Renée Lavoie, La petite et le vieux ***1/2
Robert Lalonde, Le seul instant ***
Patrick Lapeyre, La vie est brève et le désir sans fin ***
Elsa Lasker-Schüler, Heimlich zur Nacht (Secrètement à la nuit) ***1/2
Jérémie Leduc-Leblanc, La légendes des anonymes ***
Robert Lepage et Marie Michaud, Le dragon bleu (images Fred Jourdain) ***1/2
Katia Lemieux, Dans la lenteur des nuits ***
Patrice Lessard, Le sermon aux poissons ***
Julio Llamazares, La pluie jaune ***
Alberto Manguel, Un retour ***
Gilles Marcotte, L'amateur de musique ***
Thierry Martin-Scherrer, Le fantôme de Chopin ***1/2
Pascal Mercier, Léa ***1/2
Martin Michaud, La chorale du diable ***
Akira Mizubayashi, Une langue venue d'ailleurs ***1/2
Yoko Ogawa, Manuscrit zéro ***
Yoko Ogawa, La formule préférée du professeur ***1/2
Jean O'Neil, Montréal by foot ***
Marc Ory, La concession ***
Stanley Péan, Jazzman ***
Camille de Peretti, Nous sommes cruels ***1/2
Bernard Pingaud, L'andante inconnu ***1/2
Jacques Poulin, Les yeux bleus de Mistassini ****
Pascal Quignard, Triomphe du temps ***1/2
Pascal Quignard, Tous les matins du monde ***1/2
Pascale Quivigier, Pages à brûler ***
Michel Rabagliati, Paul à Québec ***1/2 
Michel Rabagliati, Paul au parc ****
Tom Rachman, Les imperfectionnistes ****
Man Ray et Paul Éluard, Les mains libres ****
Rainer Maria Rilke, Lettres à une amie vénitienne ***
Rainer Maria Rilke, Notes sur la mélodie des choses ***1/2
Rainer Maria Rilke, Lettres à Lou Salomé ***
Rainer Maria Rilke, Lettres à une musicienne ***1/2
Louis-Henri de la Rochefoucauld, Un smoking à la mer ***1/2
Joanne Rochette, Vents salés ***
Joëlle Roy, Xman est back en Huronie ***1/2
Antoine de Saint-Exupéry, Lettre à l'inconnue ***1/2
Eric-Emmanuel Schmitt, Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent **1/2
Gail Scott, My Paris ***
Sabica Senez, Petite armoire à coutellerie ****
Anne Serre, Les débutants ***
Vikram Seth, Golden Gate ***
Eric Siblin, The Cello Suites ***1/2
Éric Simard, Martel en tête ***1/2
Éric Simard, Être ***
Stendhal, Haydn et Mozart ***
Patrick Süskind, La contrebasse ***1/2
Kressmann Taylor, Ainsi mentent les hommes ***
Kressmann Taylor, Inconnu à cette adresse ****
Kim Thuy et Pascal Janovjak, À toi ***1/2
Sophie Tolstoï, À qui la faute? ***
Mara Tremblay, Mon amoureux est une maison d'automne ***
Jean-Pierre Vidal, Petites morts et autres contrariétés ***
Marc Vignal, Haydn et Mozart ****
Delphine de Vigan, Les heures souterraines ***1/2
Valérie Zenatti, Mensonges ***1/2
Valérie Zenatti, Les âmes soeurs ***1/2
Yona Zeldis McDonough, Who was Wolfgang Amadeus Mozart? ***
Stefan Zweig, Le voyage dans le passé ***1/2
Stefan Zweig, Le joueur d'échecs ***1/2

lundi 2 janvier 2012

The story of the impossible

En début d'année, on aime croire que rien n'est impossible, que tout peut changer, que l'on saura tenir ses résolutions... Alors, en partage, tiré de son album Going to Where the Tea Trees are, cette chanson de Peter van Poehl. J'aime beaucoup également son plus récent single Twenty Twenty-One.


Peter Von Poehl - The Story Of The Impossible par vodka33